Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 05:43

Ci-dessous, un très bon article de Solidarité Internationale à ce sujet :

 

 

En GRANDE-BRETAGNE aussi: non aux TRAINS sans contrôleur!

 

 

Le syndicat britannique RMT (Railway, Maritime, Transport Union), syndicat national des salariés des transports de Grande-Bretagne, regroupant 80 000 adhérents, est affilié au TUC britannique (Trade Union Congress - 7 millions d’adhérents).

 

Sous la direction de Bob Crow, qui fut son secrétaire général de 2002 jusqu’à sa mort tragique en 2014, le RMT est devenu le porte-drapeau du syndicalisme de lutte de classe en Grande-Bretagne, rompant tout lien structurel avec la Parti travailliste de Blair, combattant contre la guerre en Irak, menant compagne pour la sortie « par la gauche » de l’Union Européenne sur des bases de classe et pour la re-nationalisation du rail et le retour au monopole public du transport en Grande Bretagne.

 

Sans se désaffilier de la branche transport de la CES (ETF), le RMT va marquer sa rupture avec la CES et opérer un virage à gauche en adhérant officiellement à la Fédération Syndicale Mondiale en 2013 et intégrer son conseil présidentiel.

 

Le RMT a animé de nombreuses luttes et grèves dures ces 15 dernières années, dans les différentes compagnies ferroviaires privées, comme dans les plateformes offshores et dans son bastion du métro de Londres.

 

Sous l’actuelle direction de Sean Hoyle, son président et de Mike Cash, son secrétaire général, le RMT anime une compagne nationale « Keep the guard on the train » (gardons le contrôleur dans le train) qui prend de plus en plus d’ampleur, contre la volonté des compagnies ferroviaires privées de supprimer l’accompagnement systématique des trains par un agent embarqué, en mettant en place les opérations de contrôle AVANT l’embarquement et en confiant au conducteur du train la fonction de fermeture des portes, afin de réduire les effectifs.

 

C’est ce qu’en France on appelle l’Equipement Agent Seul (EAS), qui s’est imposé depuis une quinzaine d’années en Ile-de-France et que la SNCF et les conseils exécutifs régionaux (de droite comme de gauche) veulent étendre à tout le pays en ce moment même !

 

La campagne « Keep the guard on the train » du RMT britannique a pour objet d’unir les cheminots des différentes compagnies en lutte pour leurs emplois aux usagers excédés par la dégradation du service public des transports ferrés britanniques depuis plus de 20 années de privatisation, sous prétexte d’une « ouverture à la concurrence » prônées par les gouvernements au service du Capital sous prétexte du respect des directives libérales du l’Union Européenne.

 

Galvanisés par leurs victoires sur ce dossier en Ecosse et dans le sud-est de l’Angleterre, où la direction des compagnies privées a dû reculer sur le projet d’EAS face aux grévistes, le RMT a lancé début août l’assaut contre la Southern Railway Company, qui exploite le trafic ferroviaire du sud de l’Angleterre.

 

Southern Company dont un des actionnaires majoritaire est Keolis, filiale privée du « groupe » SNCF, spécialisée dans l’exploitation des anciennes compagnies nationales de ferroviaires et ex-régies publiques de transport urbain. Keolis est une des compagnies « laboratoire de la privatisation » du groupe SNCF et sans aucun doute un des futurs « concurrent » ferroviaire des cheminots français, avec Transdev, filiale privée de la caisse des dépôts et consignations !

 

L’exemple britannique montre d’ailleurs bien que la pseudo « ouverture à la concurrence » dans le transport, n’est rien d’autre que la casse de nos monopoles publics historiques, issus des conquêtes de la classe ouvrière et voués à satisfaire les intérêts populaires, afin de les remplacer par des monopoles privés, voués à engraisser des actionnaires au détriment de la qualité du service rendu et au prix de la casse des emplois et des conditions de travail des cheminots, marins et traminots !

 

Après une première manifestation, le 15 juin dernier, devant le siège londonien de la Southern Company pour mettre les négociations sous pression, le RMT a consulté ses adhérents fin juillet pour lancer une grève de 5 jours à compter du 8 août.

 

Il faut savoir que l’action syndicale est rendue très difficile en Grande Bretagne depuis les lois « anti-grève » de Thatcher en 1984, dispositif durci par ses successeurs, y compris Tony Blair.

 

En effet, pour qu’une grève soit considérée comme « légale », il faut que le syndicat consulte ses adhérents à bulletins secrets et que le OUI l’emporte à plus de 50% des voix, chaque votant devant être rentré dans un listing avec son nom, l’intitulé exacte de sa profession, son numéro de Sécurité sociale, etc…. une seule erreur dans ce listing épluché par l’administration et la grève est déclarée illégale, exposant le syndicat à de lourdes amendes, équivalente au montant perdu par la compagnie « victime » de la grève !

 

L’ex-premier ministre Cameron a d’ailleurs aggravé ce dispositif en obligeant une participation de plus de 50% des adhérents à ce type de vote, pour que la grève puisse être déclarée légale.

 

Les piquets de grève sont limités à 6 personnes et toute manifestation est très encadrée policièrement….

 

Le vote à la Southern Railway Company fut sans appel : plus de 90% de votes en faveur des 5 jours de grève à compter du 8 août !

 

La grève fut donc un succès, avec près de 40% des circulations supprimées et des piquets de grèves dans plusieurs gares de Londres et du sud du pays.

 

Dès le troisième jour, sous la pression des grévistes et de l’opinion publique, la direction de la compagnie accepte de reprendre les négociations, ce qui suspendu le mouvement, mais la direction du RMT a prévenu : en cas d’échec des négociations, le mouvement reprendra à compter du 7 septembre !

 

Dans le même temps, le RMT a appelé à la grève, pendant les 2 week-ends de chassé/croisé touristique d’août, les agents britanniques du service commercial train de l’Eurostar, pour exiger l’application d’un accord (pourtant signé par un patronat qui décidément ne désarme jamais) permettant de meilleurs roulements de service aux agents.

 

Face au succès du mouvement, du rassemblement devant la gare de Londres Saint-Pancras et surtout face aux suppressions de trains, la direction d’Eurostar a dû céder aux revendications des cheminots en lutte.

 

Il apparaît évident que les syndicalistes de classe du transport dans les pays de l’Union Européenne doivent travailler à des convergences fortes contre la privatisation du rail, dont l’EAS est une conséquence, pour la défense de nos monopoles publics et pour la re-nationalisation des compagnies privatisées et donc pour la rupture avec l’Union Européenne et la non-application de ses directives libérales, qui sont un point d’appuis important pour la casse du statut des cheminots et leurs conditions de travail.

 

S’il est important de mobiliser les usagers sur ces questions, c’est par la montée du niveau des luttes que nous pourrons assurer la défense de nos intérêts, et la convergence internationale dans ces luttes par la solidarité internationaliste dans la défense de nos intérêts de classe communs, peut être un point d’appui gagnant dans ce combat !

 

Matthieu B-R

 

PS : après avoir lu ce texte, une amie me transmet le message suivant :

 

Autrefois, les trains étaient fiables, les horaires respectés, les réservations possible mais pas obligatoires; et si tu ne prenais pas un train, tu pouvais réutiliser le billet pour prendre n'importe quel train similaire, voire un mois plus tard. Aujourd'hui, il faut réserver comme pour un avion; la sécurité n'a guère à voir là-dedans, puisqu'un terroriste peut très bien prendre un billet. En revanche, cela de permet de moissonner les amendes, assorties d'un discours moralisateur, si d'aventure tu as raté ton train et en prends un autre, comme si changer d'heure de train était devenu un problème éthique. Quant au service… En quinze jours, j'ai fait deux allers et retours; un train a eu une heure 30 de retard, l'autre deux heures, le 3ème une heure 45. Mon frère, lui, a dû finir en taxi. animal, incendie, panne de locomotive, et le plus courant: les signaux qui dysfonctionnent. Ces signaux qui ne sont pas entretenus correctement. Depuis des années court un grand projet: mettre le TGV. Oui mais voilà, il ne serait plus en ligne directe Paris Toulouse mais passerait par Poitiers, et donc…mettrait plus longtemps que le Capitole il y a trente ans! Et dévasterait la seule richesse qui reste au Limousin, en voie de paupérisation, sa belle campagne et ses monts. Donc la population n'en veut pas.  Peu après mon arrivée à Paris un grand écran a fait brièvement son apparition en gare de Limoges, vantant le TGV… Depuis les déraillements, la ligne ordinaire est mieux entretenue, mais les retards restent légion; ce qui, vu que la SNCF propose le remboursement en ce cas, paraît économiquement peu viable. Donc une aberration en projet dont j'espère qu'il a moins le vent en poupe, passer par Poitiers depuis Paris pour aller à Limoges, et un service de train cher et inférieur à il y a 20 ans; le progrès, quoi.

Partager cet article

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans Politique
commenter cet article

commentaires

AF30 10/09/2016 13:53

Leur cynisme n'a pas de limite : en cas d'accident dont la compagnie serait reconnue responsable le montant des indemnisations sera sans doute toujours inférieur aux bénéfices tirés de leur politique et qui viennent grossir la rente. Quant à la grève il serait amusant d'avoir un site dédié aux grèves dans les pays occidentaux en les répertoriant de façon exhaustive. Bien des français seraient surpris car nombre d'entre eux pensent qu'il s'agit d'une tradition locale ou d'une maladie congénitale de certaines professions comme celle des enseignants. Ainsi de celle contre la réforme des collèges dont certains remarquent en souriant que la rentrée a-t-elle à peine eut lieu que les professeurs sont déjà en grève.

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche