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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 05:28

Un maître de conférences en sciences de l’information et de la communication expose sur son site affordance.info que les universités vont investir dans le recrutement de vigiles en puisant dans des fonds réservés aux handicapés. Extraits :

 

Je n'en ai pas cru mes yeux. Je n'ai pas trop suivi les polémiques concernant les jeux olympiques à Rio mais j'ai, peut-être comme vous, entendu parler du déficit qui allait être en partie comblé en allant taper dans la caisse des jeux paralympiques. Coubertin doit avoir le fondement légèrement douloureux mais depuis le temps, il a l'habitude.

 

Et là j'apprends que l'Etat va débloquer 30 millions d'euros dans le cadre de la sécurité, les attentats, qui seront versés au crédit du budget des universités afin de payer des vigiles. 30 millions d'euros pour payer des vigiles qui, tout le monde le sait, ne serviront de toute façon à rien en cas d'attentat, alors même que la plupart des universités en sont depuis des années à mendier des postes d'enseignants et de personnels administratifs et techniques. Mais bon, en cas de coup dur on pourra toujours compter sur les vigiles pour venir assurer des TP d'informatique ou venir faire des emplois du temps.

 

Et puis j'ai découvert que ces 30 millions d'euros allaient être prélevés sur le budget du FIHFP. Le FIHFP c'est le "Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique". Donc pour payer des vigiles à la fac on va taper dans la caisse qui devrait servir à financer l'insertion des handicapés à la fac.

 

Mais il y a mieux. Ladite caisse du FIPHP est notamment abondée par – vous allez voir c'est magnifique – les ... les ... les ... universités !! Lesquelles universités, si elles ne remplissent pas l'obligation d'emploi de personnes handicapées, doivent payer une amende, versée au fameux FIHFP.

 

 

 

Donc pour filer aux université de quoi payer des vigiles, on tape dans la caisse qui devrait leur permettre d'employer des personnes handicapées, caisse qu'elles alimentent elles-mêmes à force de payer des amendes vu qu'elles ne remplissent pas leur obligation d'employer des personnes handicapées. Et donc la cerise de l'absolu foutage de gueule sur le gâteau du cynisme comme profession de foi, c'est que ces amendes que paient les universités, sont minorées. Parce que les universités bénéficiaient jusqu'à présent d'un taux dérogatoire qui fait qu'elles ne payaient qu'environ un tiers du montant de l'amende qu'elles auraient vraiment dû payer. Et que cette dérogation aurait dû prendre fin cette année. Ce qui fait qu'au lieu de verser 15 millions d'euros au FIHFP, les universités allaient cette année devoir en payer 45 millions.

 

Reste à faire une soustraction : 45 millions - 15 millions = 30 millions d'euros.

 

Même Jean-Loup Salzmann, le président de la CPU (la Conférence des Présidents d'Universités) s'écrie, je cite, que :

 

"C'est un vrai soulagement. Ces 30 millions sont dans nos caisses et serviront à payer les vigiles."

 

Le gouvernement vient donc de lui annoncer qu'en plus de ne pas remplir ses obligations en termes d'emploi de personnes handicapées, en plus de payer des amendes minorées, la différence sur le montant de l'amende réelle qu'il devrait payer allait pouvoir être affecté au recrutement de vigiles, et le Jean-Loup nous gratifie d'un "c'est un vrai soulagement".

 

Comme tout cela paraît incroyable je garde ici précieusement une copie d'écran de l'article d'Educpros dans lequel vous pourrez vérifier la véracité de ce que je viens de vous raconter, et ensuite aller comme bon vous semble, ou vomir ou pleurer.

 

Soit tout le monde est devenu dingue, soit tout le monde s'en cogne. Dans les deux cas c'est d'un niveau de cynisme hallucinant. Aussi bien du côté du gouvernement que de la CPU.

"Si tu veux ma place, prends on handicap", et si tu veux de la thune pour payer des vigiles, sers-toi dans la caisse qui devrait permettre aux personnes handicapées de trouver du taff à l'université.

 

 

Quand on est un spécialiste de la com’, on est moderne et on aspire à un maximum de visibilité. Alors, on donne à son site une appellation “anglaise”. On se plante un tout petit peu, le mot affordance étant du jargon connu de quelques spécialistes. Comme souvent en anglais, ce mot ne veut pas dire grand-chose car il veut trop dire. Il vient du verbe « to afford » : fournir, procurer mais aussi avoir les moyens de, être en mesure de. En psychologie, il est passé dans le français avec l’idée de «toutes les possibilités d'actions sur un objet» ; en érgonomie, il évoque la «capacité d’un objet à suggérer sa propre utilisation».

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

monica 09/09/2016 12:36

un sujet de débat ! bonne continuation