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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 05:45

Par un bel après-midi dominical, j’accompagne un enfant aux urgences d’un grand hôpital lyonnais. Rien de grave, semble-t-il : l’enfant souffre d’une rhino-pharyngite qui, selon le médecin traitant, occasionne des ganglions au ventre un peu douloureux. Un enchaînement assez classique. Par prudence, ce médecin m’a rédigé une ordonnance pour une échographie au cas où il ne s’agirait pas de ganglions mais d’une affection plus problématique.

 

Dans cet hôpital « de la mère et de l’enfant », nous sommes accueillis avec beaucoup de courtoisie et de compétence par une infirmière (je l'informe que je suis la « mère », ce qui la bien rire) qui nous explique qu’une échographie sera pratiquée seulement si le médecin hospitalier le juge nécessaire après avoir vu l’enfant. Elle ajoute d’un air un peu contrit : « Vous avez cinq heures d’attente ».

 

Il est 15h30. Nous sommes là jusqu’à 21 heures. D’autant que des enfants arrivés après nous passeront – ce qui est compréhensible – avant nous car ils sont blessés ou sérieusement malades. Les quatre salles d’attente sont bondées. Dans la nôtre : une trentaine de personnes. Une dizaine de femmes sont d’origine arabe. Cinq d’entre elles sévèrement voilées. Un père est, pour sa part, sévèrement barbu. C’est la réalité du peuple de l’est de Lyon qui fréquente les urgences de l’hôpital public.

 

Dans ces salles d’attente, pas un jouet pour enfants, pas une revue usagée pour les parents. Une télévision est branchée sur la chaîne Gulli, sans le son. Personne ne la regarde.

 

 

 

Chose promise chose due, nous sommes appelés après cinq heures d’attente par une pédiatre. Elle ausculte l’enfant longuement. Son diagnostique correspond parfaitement à celui du médecin traitant. Elle prescrit du Spasfon et du Paracétamol. Je lui fais observer que le Spasfon n’a eu précédemment aucun effet et que le médecin traitant a, quant à lui, prescrit de l’Aspégic. Pas du Paracétamol, selon lui inefficace en cas de ganglions. Réponse de la pédiatre : « L’Aspégic n’est pas toujours efficace ».

 

Comme je m’y attendais un peu, pas d’échographie. Pour des raisons d’économie, j’en mettrais ma main à couper. Je dis alors au médecin qu’après cinq heures d’attente je ne suis pas tellement plus avancé. Je me retiens d’ajouter qu’en cas de complications je penserai beaucoup à elle.

 

Pendant ces cinq heures interminables, j’ai lu Le Monde Diplomatique de la première à la dernière ligne.

 

L’hôpital est gratuit en France mais, à la sortie, j’ai réglé 10 euros de frais de parking.

 

Je suis allée faire une échographie chez un radiologue privé : 95 euros.

 

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Published by Bernard Gensane
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AF30 06/10/2016 09:00

Nous sommes nombreux à avoir vécu ces Travaux Pratiques du libéralisme. Pour nous même où pour quelqu'un d'autre. Sauf que beaucoup ne font pas le lien entre les impôts insupportables qu'il faut forcément réduire et cette situation qui nous condamne parfois à être stockés sur une civière dans un couloir dans l'attente de la disponibilité d'un soigneur. Quoique la solution pour traiter les impatiences et même parfois la violence de ceux qui échouent inévitablement aux urgences à été toute trouvée en faisant appel à des cerbères privés. De progré en progré le progré progresse.

AF30 06/10/2016 09:20

Aïe ! Le progrès sans s et où avec '

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