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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 05:47

Par-delà ces menées extrémistes, il est une réalité profonde et durable : au Royaume-Uni, 100 000 couples vivent selon la Charia. Ce chiffre est en augmentation régulière – 75% en dix ans – dans un pays qui compte 3 100 000 musulmans (plus d'un million à Londres), dont 50% nés à l'étranger (1 000 000 en 1991). La “polygamie secrète” concerne principalement des familles des classes moyennes implantées depuis trois ou quatre générations. Ces pratiques se développent au sein des trentenaires, de plus en plus religieux. Nombreux sont désormais les jeunes musulmans qui n’inscrivent plus leur union au registre officiel civil (au Royaume Uni, on peut choisir entre le mariage religieux, le mariage civil, ou les deux : en cas de mariage religieux, notification doit être faite au bureau de l'État civil 16 jours avant la cérémonie et un officiel doit être présent). La population musulmane est jeune : un musulman sur quatre a moins de 10 ans et la population ne compte que 4% de plus de 65 ans contre 16% chez les non-musulmans. Le prénom Mohammed (également épelé Muhammed, Mohammad, ou Mohamed) a été le plus donné en 2015 outre-Manche. Le pays compte environ 100 000 convertis à l'islam (5200 en 2011), dont 66% de femmes. Entre 2001 et 2009, la population musulmane a augmenté neuf fois plus rapidement que la population non-musulmane.

 

En 2014, le Barreau de Grande-Bretagne permettait à ses membres de rédiger des testaments appliquant la Charia. Les femmes pouvaient dès lors être privées de leurs droits de succession, tout comme les enfants nés hors mariage et les non musulmans mariés à des musulmans. Nicholas Fluck, président du Barreau, pensait que ces dispositions permettraient de promouvoir de bonnes pratiques en matière d’application des principes islamiques dans le système judiciaire britannique. La majorité des avocats britanniques s'insurgea contre la ligne de leur président, en particulier ceux qui voyaient là une première étape vers un système de justice parallèle pour les communautés musulmanes. La baronne Cox, conservatrice mais très ancienne militante des droits humains estima que les suffragettes allaient se retourner dans leur tombe. Je dirai pour ma part que, par respect des différences et du communautarisme, le Royaume Uni revenait cent ans en arrière et installait dans les faits – on me pardonnera cette expression un peu crue – une législation pour citoyens de seconde zone (les wogs – métèques – qui, autrefois, « commençaient à Calais », vivant désormais dans le pays). Face à la réaction outragée de la majorité de la profession, les directives furent retirées. le Barreau s'excusa. Keith Porteous, Secrétaire Général de la Société Nationale pour la laïcité – fondée en 1866 et qui prône la séparation de l'Église et de l'État – s'est alors félicité en ces termes : « Il s’agit d’un revers important pour ce qui semblait être la marche acharnée vers l’incorporation de facto de la Charia dans le droit britannique. Jusqu'à présent, les politiques et l'establishment judiciaire ont encouragé ce processus ou mollement refusé de reconnaître ce qui se passait. Je félicite le Barreau d'avoir tenu compte des objections présentées par nous-mêmes et d’autres personnes. Il s’agit d’une nouvelle particulièrement heureuse pour les femmes qui sont particulièrement maltraitées par la Charia, un code qui n'a pas été défini de manière démocratique, qui ne se conforme pas aux droits de la personne et qui est discriminatoire ». En juillet 2016, cela dit, la nouvelle Première ministre, Theresa May, reconnaissait l'utilité de la Charia, même si elle concédait que certaines réformes étaient nécessaires. Elle affirma que le pays ne pouvait que « bénéficier grandement des enseignements de la Charia ».

 

L'islamisme est-il conquérant ? (III)
L'islamisme est-il conquérant ? (III)

Á Anvers, plus de la moitié des mosquées sont contrôlées par des musulmans extrémistes, y compris l’organisation Deobandi qui fut l’une des inspiratrices des talibans afghans (ce qu’elle dément). Dans cette ville, un tribunal islamique a été établi en 2011 dans le quartier Borgerhout qui compte une population marocaine importante. Ce tribunal assure la médiation des différends familiaux pour les musulmans de Belgique. Ses “juges” appliquent la loi islamique et non le Code civil belge. Sont-ils en état de contourner la loi de 2007 qui condamne à deux ans de prison les instigateurs de mariage forcé ? Derrière ce tribunal, on trouve l’association islamiste particulièrement radicale Sharia4Belgium. Son dirigeant, Fouad Belkacem, a été condamné à de nombreuses reprises pour trafic de stupéfiants, vol et rébellion. Sharia4Belgium a été soupçonnée d’être le principal agent de recrutement belge pour la Syrie. Le 10 février 2015, Fouad Belkacem est condamné à 12 ans de prison et 30 000 € d'amende. La peine est confirmée par la cour d’appel d’Anvers le 27 janvier 2016. L’objectif de Belkacem et des siens est d’imposer la loi islamique à toute personne vivant en Belgique, y compris les non musulmans. Belkacem est proche d’Anjem Choudary, citoyen britannique d’origine pakistanaise. Avocat, porte-parole d’Islam4UK (jusqu’à ce que l’organisation soit interdite), ce dernier milite depuis une quinzaine d’années pour l’établissement total de la Charia dans le Royaume Uni. Il est également responsable du Projet pour des Émirats islamiques britanniques (à commencer par un Londonistan), des enclaves gouvernées par la loi islamique en dehors du droit britannique. Le groupe des « Musulmans contres les Croisades » propose d’instaurer la Charia dans les villes de Bradford et Dewsbury dans le Yorkshire, ainsi que Tower Hamlets dans East London, lieux à forte population musulmane (45% de la population pour Tower Hamlets) : « Il est grand temps que les régions à forte population musulmane créent des émirats permettant aux Musulmans qui y résident de vivre selon la Charia, en ayant leur propre cour de justice, leurs propres dirigeants, leurs écoles ainsi qu'une autonomie économique. Nous sommes en droit d'envisager qu'en temps voulu la Charia puisse être appliquée partout, à commencer par ces villes. »

 

Sharia4Belgium ne compte pas se restreindre aux affaires de divorce et de “crimes d'honneur”. Elle souhaite également pouvoir traiter des actes criminels de droit commun. Bien que le site internet Sharia4Belgium ait été fermé récemment par les autorités belges, l’association continue de s’exprimer, par exemple en menaçant ceux qui refuseraient de se convertir à l’islam : « 86 ans se sont écoulés depuis la fin du Califat islamique. La tyrannie et la corruption ont prévalu dans ce pays ; nous allons de scandale en scandale : crises économiques, pédophilie, crime, islamophobie croissante, etc. De même que par le passé nous, les musulmans, avons sauvé l'Europe des ténèbres, nous voulons faire la même chose. Nous avons désormais la solution adéquate pour toutes les crises et elle consiste en l'observance de la loi divine, en l'occurrence la charia. Nous appelons à établir la charia en Belgique. La charia est le système parfait pour l'humanité. En 1300 années d'état islamique nous n'avons connu qu'ordre, bien-être et protection de tous les droits humains. Nous savons que l'Espagne, la France et la Suisse ont vécu leurs meilleures heures sous la loi islamique. Au cours de ces 1300 ans, 120 femmes ont été violées, contre 120 par jour en Europe. Il n'y a eu que 60 brigandages reconnus en 1300 ans. En conséquence, nous invitons la famille royale, le parlement et l'aristocratie ainsi que tout résident belge à se soumettre à la lumière de l'islam. Épargnez à vous-mêmes et à vos enfants la douloureuse punition de l'au-delà et accordez vous la vie éternelle au paradis ».

 

 

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(Á suivre)

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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