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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 06:39

100 chroniques sur le Diplo. Ça fait dans les 10 ans que ça dure. Allez, Serge Halimi, on se bouge et on envoie un bouquet de 100 roses à ma femme ! Bernard Cassen ou Philippe Arnaud te fourniront mon adresse postale.

 

Dans son éditorial, Serge Halimi dénonce un certain masochisme électoral :

 

Singulier paradoxe, l’héritage de Margaret Thatcher est répudié dans son pays au moment où ses potions économiques les plus amères font école en France. Le 5 octobre dernier, la première ministre britannique Theresa May assénait aux militants de son parti un discours qui a dû en décontenancer quelques-uns. Dénonciation d’une société gangrenée par les privilèges des riches, défense du rôle de l’État « qui est là pour fournir ce que les individus, les communautés et les marchés ne peuvent pas apporter », mention insistante des « droits des travailleurs », éloge de l’impôt, « prix que nous payons pour vivre dans une société civilisée », panégyrique des services publics, notamment d’éducation et de santé, dont le personnel fut ovationné, relance des dépenses publiques dans les secteurs du logement et des transports : même verbal, un tel tête-à-queue programmatique a suscité un haut-le-cœur chez les amants inconsolables de la Dame de fer. L’un d’eux a d’ailleurs dénoncé une « contre-révolution antilibérale ».

 

 

Le même Halimi décortique un mot creux :

 

«Indépendance » : il est périlleux de commencer un article sur la presse, et à plus forte raison un appel, par ce mot. C’est courir le risque que nul n’en achève la lecture tant le terme semble dorénavant réservé à l’aigrefin qui veut distraire l’attention de son interlocuteur afin de lui dérober son bien. D’ailleurs, l’actualité ne manque pas de nous rappeler que les médias indépendants relèvent d’une espèce en voie d’extinction.

Indépendants du pouvoir du capital ? Examinons ce qui se joue à i-Télé. Au départ, cette chaîne d’information continue n’était ni plus soumise ni plus nocive qu’une autre. Juxtaposition haletante et abrutissante de spots publicitaires, de faits divers plus ou moins secondaires et d’émissions de commérages confiées à des histrions surjouant l’indignation, la « polémique » constituait son fonds de commerce. Soudain, le propriétaire de la chaîne, M. Vincent Bolloré, principal actionnaire du groupe Vivendi, décide d’imposer à l’antenne un de ses vieux amis, un animateur graveleux tout juste mis en examen pour corruption de mineur aggravée. En général, la protestation des journalistes se résume au vote d’une motion de défiance à laquelle les propriétaires n’attachent aucune importance. Cette fois, la quasi-totalité de la rédaction d’i-Télé se met en grève.

 

 

Pour Jacques Lévesque, la Russie joue à quitte ou double à Alep :

 

Ravageuses, les guerres en Irak et en Syrie impliquent chaque jour davantage les puissances étrangères. La bataille qui s'engage à Mossoul inquiète les États-Unis, contraints de composer avec les rivalités régionales, notamment entre la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite. D’autre part, une reprise sanglante d’Alep pourrait compromettre la dynamique diplomatique qui avait suivi l’engagement militaire direct de la Russie aux côtés du régime syrien.

 

Un article de Jean-Baptiste Malet que j’ai particulièrement apprécié sur une nouvelle idole consensuelle : “Amma, l’empire du câlin” :

 

Honorée par les Nations unies, invitée par le pape François, célébrée par les médias du monde entier, la gourou indienne Amma (ici avec Jean Dujardin) attire les foules, inspire les artistes et côtoie les plus grands dirigeants de la planète grâce à ses câlins prodigués à la chaîne lors d’événements de masse. Elle fait escale en France ce mois-ci.

 

 

 

 

 

 

 

En Espagne, on assiste au crépuscule de l’« extrême centre » (Miguel Urban ) :

 

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a décidé le 23 octobre de laisser le conservateur Mariano Rajoy former un gouvernement. La décision met fin à dix mois de blocage institutionnel. Elle donne également corps à la « caste » que dénonce la formation Podemos : un camp politique soucieux de préserver le statu quo, alors que la critique du système s’intensifie dans la population.

 

 

Juan Branco  est allé aux sources du scandale UraMin :

 

Championne mondiale du nucléaire, Areva peine à sortir de la tourmente. Aux inquiétudes sur l’avenir de la filière depuis l’accident de Fukushima s’ajoutent les retards des réacteurs de troisième génération en Finlande et à Flamanville. Mais, surtout, l’entreprise publique française est mise en cause pour des investissements suspects dans trois gisements d’uranium africains.

 

 

On s’en doutait : toutes les Américaines ne s’appellent pas Hillary Clinton (Florence Beaugé) :

 

Coutumier des propos misogynes et rattrapé par des accusations de harcèlement sexuel, M. Donald Trump s’est aliéné une partie de l’électorat féminin. Profitant de cette impopularité, Mme Hillary Clinton se présente comme un modèle pour les femmes désirant s’émanciper. Mais l’égalité des sexes demeure un horizon lointain aux États-Unis…

 

Quand elle se penche, son chemisier s’entrouvre, et l’on peut lire sur son décolleté : « Elle s’en croyait capable, alors elle l’a fait. » Ce tatouage, c’est son credo. Après avoir travaillé quelques années dans l’administration, mal payée faute de diplôme, Mme Tiffany Runion s’est décidée à reprendre des études. Elle s’est inscrite à l’université de Toledo, petite ville de l’Ohio, dans le Middle West, et a choisi la sociologie, option gender studies (études de genre). Au prix de cinq années de travail acharné, de nombreux sacrifices et d’un endettement qui la poursuivra longtemps, la voici bientôt avec un métier — assistante sociale — et des projets. Mme Runion est emblématique des millennials (la génération du millénaire), ces 16-36 ans qui font dire à Gloria Steinem, icône de la défense des droits des femmes : « Les nouvelles féministes, ce sont elles ! »

 

 

Frédéric Thomas dénonce, en Haïti, l’imposture humanitaire :

 

Avec près de cinq cents morts dénombrés une semaine après son passage en octobre, l’ouragan Matthew a causé davantage de dégâts en Haïti que dans les autres régions traversées. Le pays le plus pauvre des Caraïbes serait-il condamné à rechuter sans fin en dépit de l’aide reçue ? En réalité, les plans de développement qui ont suivi les précédentes catastrophes l’ont conduit dans une impasse.

 

 

Gregory Wilpert explique pourquoi les Colombiens ont rejeté la paix :

Tous les sondages donnaient le « oui » gagnant avec une marge confortable. Le 2 octobre, les Colombiens ont pourtant rejeté l’accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui orchestrait la fin d’un conflit vieux de plus d’un demi-siècle. Tout aussi étrange, la participation n’a atteint que 37,4 %. Le pays préférerait-il la guerre à la paix ?

 

 

Selon Hicham Alaoui, le Maghreb est coincé entre autoritarisme et espérance démocratique :

 

Alors que les turbulences politiques et la guerre balaient le Proche-Orient, Algérie, Maroc et Tunisie peuvent apparaître comme un pôle de stabilité dans le monde arabe. Une situation qui tient à la nature homogène des pouvoirs et des populations. Mais, exception faite de la Tunisie, l’ouverture démocratique n’a pas duré : les régimes en place continuent de s’arc-bouter sur leurs privilèges.

 

 

La Chine, le plus grand pays d’immigrés au monde : la deuxième génération des « mingong » (Loup Espargilière et Théau Monnet) :

 

Leurs parents se sont tués à la tâche pour faire marcher « l’atelier du monde ». Comme eux, ils ont quitté la campagne par millions, partant à l’assaut des mégapoles chinoises dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais leurs rêves se heurtent aux difficultés de la vie en ville, où ils ne disposent pas des mêmes droits que ceux qui y sont nés. Rencontre avec des « mingong », dans les quartiers ouvriers de Canton.

 

 

Ne pas s’étonner de l’obscurantisme polonais concernant l’avortement dans un pays qui compte au minimum 90% de catholiques (Audrey Lebel) :

 

Face à la mobilisation massive des Polonaises début octobre, le parti au pouvoir Droit et justice (PiS) a renoncé à étendre l’interdiction de l’avortement aux cas de viol ou de malformation du fœtus. Mais, soumis à la pression des militants catholiques et de l’Église, le pays demeure, avec l’Irlande, le plus restrictif d’Europe.

 

 

En France, les enseignants sont désormais aux bons soins du patronat (Renaud Lambert et Sylvain Leder) :

 

En septembre dernier, « Le Monde diplomatique » publiait un « Manuel d’économie critique » présentant, de façon pédagogique et accessible, son traitement des programmes de première et terminale en sciences économiques et sociales. Depuis longtemps, d’autres s’y intéressent également. Notamment le patronat, qui ne ménage pas ses efforts pour sensibiliser les enseignants aux vertus de l’entreprise.

 

 

Peter Wahl estime que le libre-échange divise la société allemande :

En refusant pendant une semaine d’approuver l’Accord économique et commercial global (AECG ou CETA) entre le Canada et l’Union européenne, le Parlement de Wallonie (Belgique) s’est attiré les foudres des dirigeants européens et des éditorialistes. Or ce traité de libre-échange alimente une forte contestation populaire. Notamment en Allemagne, où il fracture la société.

 

 

Tandis que pour Michel Foucher l’Union européenne est au défi de ses frontières :

 

Le « Brexit » a rappelé que les frontières de l’Union européenne n’étaient pas intangibles ; pas plus que celles du continent, la Russie ou la Turquie étant souvent renvoyées vers l’Asie. Dans ces conditions, et alors que les candidatures à l’adhésion sont nombreuses, comment construire l’intégration politique d’un espace sans cesse en recomposition ?

 

 

Evelyne Pieiller  réfléchit à l’identité nationale hongroise (“Le beau Danube noir”) :

 

Qu’est-ce que l’identité nationale hongroise ? À partir de leur lecture de l’histoire, les deux grands partis classés à droite la définissent chacun à sa façon. Leurs programmes politiques et sociaux s’en inspirent pour proposer un ensemble de valeurs, qui trouvent une expression dans une « contre-culture » — des concerts de rock aux démonstrations équestres.

 

 

Jean-Michel Quatrepoint revient (on n’en aura jamais fini) sur les liens secrets de nos élites politiques avec les Etats-Unis (“Des missionnaires aux mercenaires”) :

 

Quel fil peut bien relier les ministres ou anciens ministres Emmanuel Macron, Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem, la présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, les journalistes Jean-Marie Colombani et Christine Ockrent, l’homme d’affaires Alain Minc, le banquier Matthieu Pigasse (l’un des propriétaires du Monde SA) ou encore l’ancien premier ministre Alain Juppé ? Tous ont effectué un passage par la French-American Foundation dans le cadre de son programme « Young Leaders ». Tout comme cinq cents autres personnalités françaises, parmi lesquelles le président François Hollande lui-même.

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Published by Bernard Gensane
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commentaires

Cauët 08/11/2016 15:55

Ouh la la ! Monsieur Gensane, dans quel guêpier vous fourrez-vous ? Si vous avez déjà promis à votre femme une gerbe de cent roses et que Serge Halimi, nonobstant sa légendaire galanterie, vous fasse faux bond, vous allez être obligé de pallier sa défection.

jean-jacques clement 08/11/2016 11:44

Parmi les young leaders,dont on parle sur Internet depuis un bail,figure la nouvelle figure de prouesse du PS Arnaud Montebourg, partisan des gaz de schistes,et parmi ses soutiens un certain Aquilino Morelle,autre young leader qui travailla il y a peu pour Hollande. Quel est le rôle de ces young leaders au sein de la société et du gouvernement français,il serait bon de le savoir.Déjà que notre pays passe pour un membre de l'empire américain...