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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 06:37

Bouclé avant les élections aux Etats-Unis, le mensuel se demandait si Hillary Clinton n’allait pas perdre à cause de l’écologie. Avec un colistier « bien connu pour son soutien sans faille au lobby pétrolier et à la fracture hydraulique », Clinton a peut-être perdu quelques voix précieuses dans cette mouvance.

 

Paul Ariès est interrogé sur son dernier ouvrage, Une histoire politique de l’alimentation : « L’humanité s’est humanisée à travers sa table en interposant entre elle même et ce qu’elle mange et boit toute une série de choix (entre ce qui est consommable et ce qui ne l’est pas, entre ceux qui ont droit au banquet et les autres, entre divers modes de cuisson, etc.), de valeurs (entre celles reconnues aux divers aliments et aux diverses façons de cuisiner, d’assaisonner, de manger), d’objets (du bâton à fouir à la broche et à la marmite), de savoirs et de savoir-faire (en matière de chasse et de cueillette, de stockage, de conservation, d’assaisonnement, de cuisson), de cultures (des cultures populaires aux cultures aristocratiques en passant par les aspects religieux ou scientifiques), de rituels (domestiques, religieux ou politiques), transformant ainsi les nutriments, qui concernent le seul corps biologique, en aliments. L’histoire de l’alimentation est donc d’abord celle de cette mise à distance, de cette ritualisation et symbolisation qui concourent au vivre ensemble.

 

L’humanité pourrait tout aussi bien se déshumaniser en déshumanisant sa table. Nous n’avons toujours pas appris, en plusieurs millénaires, à garantir le droit au banquet à l’ensemble de l’humanité, ce qui supposerait de concevoir une nouvelle symbolique, une nouvelle ritualité, d’autres pratiques. Au contraire, nous mangeons de plus en plus n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, n’importe où, avec n’importe qui et pour n’importe quelle raison. Nous n’acceptons plus que la communauté puisse avoir son mot à dire sur nos façons de manger, et déjà de gaspiller, car nous ne savons plus ce que manger veut dire. Nous nous imaginons, contre tout ce que nous apprend l’histoire de l’humanité, que la table serait une affaire individuelle dont nous n’aurions pas à rendre compte ni anthropologiquement, ni socialement ou culturellement, ni, bien sûr, politiquement. »

 

 

Jean-Louis Pasquinet explique pourquoi la loi El Khomri annonce le retour au marchandage : « Á l’origine le droit du travail devait encadrer la concurrence vers le moins offrant au niveau du tarif (revenu) entre entreprises et travailleurs, car autrefois, ce qui dominait dans les relations de travail c’était le marchandage, ce sont les ouvriers qui discutaient avec les négociants et qui allaient ensuite chercher les travailleurs (l’exploitation des ouvriers par les sous-entrepreneurs ouvriers, dits marchandeurs). Une loi de 1848 l’interdit. »

 

 

Arriva le jour où, selon Jonal Eyal, « les chimpanzés prirent l’ascenseur » : « Les classes dominantes peuvent faire prévaloir leurs intérêts sur l’intérêt général sans risque direct pour leur position sociale. Les conséquences sont ces ravages sociaux et environnementaux que nous connaissons aujourd’hui. »

 

 

Eva Lacoste s’est intéressée à l’oléoduc de la discorde aux États-Unis : « Dans le Dakota du Nord, les Sioux se mobilisent contre la construction d’un oléoduc qui menacent leurs terres et leurs ressources en eaux. Nouvelle étape d’un processus de spoliation et d’humiliation qui a jalonné le XIXe siècle et marqué la fin d’un monde. »

 

 

 

Jean-Mark Sérékian revient sur la « folie fossiles des sixties » : « Comment les années 1960 s’inscrivent dans l’Histoire contemporaine du pétrole ? Au moment où la terre livrait ses derniers secrets et où les taux de croissance de production du pétrole atteignaient des sommets, survenait le pic des découvertes des grands champs pétrolifères, réserves sur lesquelles se fait et s’épuise l’essentiel de la production actuelle. »

 

Les Zindignées donnent la parole à Lokengo Antshuka Ngonga suite à la publication de son ouvrage Consensus politique et gestion démocratique du pouvoir en Afrique : « La démocratie consensuelle aurait le mérite de consolider la décentralisation érigée un peu partout en Afrique en système politico-administratif de gestion de la chose publique et de contribuer davantage au développement harmonieux de l’Afrique par le bas, à partir des communautés locales, en rapprochant l’autorité des citoyens. »

 

 

L’utopie, pour quoi faire, demande Florent Bussy ? « Les utopies n’ont pas été pensées, le plus souvent, comme des programmes auxquels soumettre la réalité de l’histoire, mais come des expériences (de pensée ou pratiques). Sous l’écroulement du communisme réel, les utopies ont été amenées à renoncer au désir de constituer des systèmes globaux. »

 

 

Dans “La propagande du quotidien”, Jean-Luc Debry, en s’inspirant du livre d’Éric Hazan de 2006, dénonce les constructions langagières qui permettent à l’idéologie libérale de s’imposer en tant que telle dans les discours diffusés au quotidien jusque dans l’intimité du sujet moderne.

 

 

Hélène Marquié s’interroge sur « ce que le genre fait à la danse et réciproquement ». En quoi le genre affecte-t-il la danse et que peuvent s’apporter mutuellement les études en danse et les études de genre ? Hélène Marquié est l’autrice de Non, la danse n’est pas un truc de filles !

 

 

Romain Pudal (auteur de Retour de flammes, les pompiers des héros fatigués, explique pour quoi “ les pompiers sont victimes d’injonctions paradoxales”, des pompiers à qui on demande de gérer toute la misère du monde.

 

 

Enfin Yann Fiévet pense que les primaires en France ne sont rien d’autre qu’une « belle affaire » : «  La récente rentrée nous a fait pénétrer dans un long tunnel, le tunnel des Primaires. Nous usons ici de la majuscule pour nommer un fait dont le contenu, osons le parier, s’avèrera insignifiant. Les « grandes formations » et les petites s’adonnent désormais à cet exercice venu d’ailleurs et gonflé comme la bouée de sauvetage d’une politique tellement dévoyée au fil des scrutins électoraux et de la lancinante succession des gouvernements monochromes. Chez Les Républicains, on ne compte pas moins de huit candidats officiels à la candidature dont une seule femme, sans doute pour bien respecter la phallocratie politique durable en notre pays. Au Parti Socialiste les positions ne sont pas encore arrêtées mais l’on piaffe d’impatience de les connaître enfin. Quant aux « écolos », ils ne pouvaient être en reste puisque depuis leur origine ils nous ont habitués à leur incessante zizanie interne. Semaine après semaine les médias de masse vont tenter de nous intéresser à tout ce qu’il faut savoir de cette chose inconsistante quand tant d’autres objets de la marche du monde valent cent fois plus que l’on s’y penche avec sérieux. Et nous allons faire un peu semblant d’être captivés car il paraît que nous tenons là… la modernité de la démocratie ».

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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