Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:43
Le naufrage du Titanic aujourd'hui (et celui de la Justice française)

On pourrait aussi évoquer le naufrage de la Justice française, d'une classe politique et médiacratique constituée de copains, de coquins et de complices. Les 400 millions de Lagarde à Tapie était une crapulerie. Mais, à la réflexion, The Guard a peut-être commis bien pire que cela, comme nous le rappelle l'ami Philippe Arnaud :

 

La Cour de Justice de la République a déclaré Christine Lagarde, ex-ministre de l’Économie, "coupable de négligences" dans l'affaire de l'arbitrage "Bernard Tapie contre Crédit Lyonnais"... mais qu'elle a été dispensée de peine, avec, de surcroît, non inscription de la condamnation à son casier judiciaire !

 

- En 2008, Christine Lagarde avait approuvé la décision du tribunal arbitral (composé, notamment, de Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, de Jean-Denis Bredin, avocat de grande expérience, écrivain, membre de l'Académie française, et de Pierre Estoup, ancien Premier Président de la Cour d'Appel de Versailles). Ce tribunal arbitral avait accordé 403 millions d'euros d'indemnités à Bernard Tapie.

 

- A cet égard, les journalistes auraient fort bien pu, sans avoir l'air d'y toucher, parler de l'affaire de l'indemnisation des 3000 mineurs licenciés pour faits de grève en 1948. Comme le rapportait le site du Monde du 27 octobre 2014, en mars 2011 (soit 63 ans après les faits ! - note de ma part, Philippe Arnaud), la cour d'appel de Versailles avait reconnu le caractère discriminatoire et abusif du licenciement de 17 mineurs et employés de la société publique Charbonnages de France qui gérait les sites, et annulé ces licenciements.

 

- La Cour de Versailles avait condamné les Charbonnages de France et l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs à leur verser 30 000 euros chacun (il y avait alors 17 familles de mineurs ou ayants droit, ce qui représentait 510 000 euros au total). Mais la décision avait été cassée en octobre 2012 par la Cour de cassation... saisie par l'ancienne ministre de l'économie Christine Lagarde !

 

- Il faut se rappeler aussi que plusieurs centaines de mineurs licenciés en 1948, outre la sanction professionnelle, furent poursuivis par la justice, encourant, dans certains cas, de la prison ferme. Et que ce ne fut qu'en 1981 qu'une loi d'amnistie leur permit de retrouver des droits qui, à l'époque, leur avaient été ôtés : droit à l'allocation-chômage, droit à la retraite.

 

- Comparons donc :

 

1. D'un côté, les mineurs : des licenciements, le chômage, la perte du logement, l'opprobre, des années - jusqu'en 1981 - sans droits, et, au bout de 63 ans, 30 000 euros, immédiatement contestés par Christine Lagarde, qui, en somme, les refuse.

 

par cette même Christine Lagarde, qui accorde 403 millions à un seul individu. Et, pour sanction de la "négligence" constatée par accepté2. D'un autre côté, un arbitrage la Cour de Justice de la République, dispensée de peine et d'inscription de la condamnation sur son casier judiciaire. Mais qui, dans les médias, osera effectuer ce rapprochement ?

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bernard Gensane
commenter cet article

commentaires

Lyonnais 21/12/2016 08:58

Quel était le parti politique du ministre de l'intérieur pendant ces grandes grèves de 1948 ?
Réponse :
http://www.gauchemip.org/spip.php?article11171

Et 68 ans après ils ont remis ça avec Rémi Fraisse et Adama Traoré, sans oublier les éborgnés...

jules Vallés 21/12/2016 10:50

Traître un jour.. traître toujours
C'était : la vie des fauxcialos!

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche