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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:49

Le Monde a fait le point sur les raisons du mouvement de grève dans La Poste : C’est un collectif de postiers qui a alerté les syndicats à la mi-septembre d’une série de suicides de facteurs, dont trois ont été reconnus comme « accidents du travail » par la direction. Le malaise des postiers touche en priorité la branche services-courrier-colis, « mais on ne peut pas minimiser le malaise de ceux qui sont aux services financiers », remarque Valérie Mannevy, du collectif Poste CGT, la première organisation syndicale du groupe. « Les cas de stress et de burn-out concernent tous les métiers », souligne Nicolas Galepides, secrétaire général de la fédération SUD-PTT. L’absentéisme, dont le taux est de 6,65 %, existe dans l’ensemble du groupe.

 

 

A ce sujet, Jean-Emmanuel Ducoin propose cette analyse dans son blog :

 

La Poste, devenue société anonyme et sur laquelle plane la menace d’une libéralisation plus vaste encore sinon une vente à la découpe, traverse une crise identitaire sans précédent. Qu’on ne se méprenne pas néanmoins. Les salariés savent mieux que quiconque que certains de leurs métiers, du fait des nouvelles technologies, ont évolué et évolueront encore dans leur redéfinition. Ils ne le refusent pas. À condition que leurs missions soient respectées, réaffirmées, et développées dans le cadre d’investissements qui réinventent, pour le XXIe siècle, une sorte d’« âge d’or » des services publics. Cela est possible, indispensable. C’est même un enjeu décisif dans une économie de marché profondément inégalitaire. La Poste reste un exemple emblématique : elle a déjà perdu plus de 60 000 salariés en dix ans, mais vient pourtant de dégager un bénéfice de 635 millions d’euros…

 

Toujours dans son blog, Ducoin écrit à propos de François Fillon que :

 

Cette figure classique du réactionnaire prêt à tout parle pour l’instant à cette droite longtemps ensevelie par les évolutions sociologiques, qui n’est pas celle de la France périphérique des « petits Blancs » relégués, ni celle, bien sûr, des territoires frappés par les inégalités, encore moins celle des derniers bassins ouvriers, remisés à plus grand-chose.

 

 

Un exemple parmi tant d’autres du délitement de la vie culturelle en France. Le Monde revient sur la fermeture du centre d’art de Tanlay :

 

Le département de l’Yonne a décidé de ne plus subventionner l’établissement, situé dans le château d’Ancy-le-Franc.

 

L’information faisait la « une » de l’édition du week-end de L’Yonne Républicaine, le 2 décembre. Elle fleurissait même dans les rues bourguignonnes sur les panneaux publicitaires de nos confrères, mais, en fait de fleurs, il s’agit de chrysanthèmes : « La fin du centre d’art de Tanlay », annonçait le gros titre.

 

Tanlay ? Un château, propriété privée, dont les communs étaient mis à disposition du centre d’art imaginé en 1965 par Louis Deledicq qui avait organisé cet été une exposition d’anthologie pour son cinquantième anniversaire. On y retrouvait des œuvres de ceux qui avaient fait la réputation du lieu, une liste qui aujourd’hui laisse rêveur: Picasso, Matisse, Miro, Arp, Balthus, Michaux, Riopelle et on en oublie... Mais aussi des jeunes, et un joli tropisme africain puisqu’une partie des salles était consacrée à des artistes du Bénin.

 

La montée en puissance de François Fillon a ramené l’écrivain Robin Patrice dans les années 1970, avec ses notables et leur condescendance langagière. (Politis) :

 

J’ai lu que la victoire de François Fillon à la primaire de la droite a un parfum d’années 1930. Moi, c’est au début des années 1970 qu’elle me ramène, à mon adolescence dans l’ouest de la France. Un notable du gros bourg, baron de son état, était client de la quincaillerie de mes parents. Le vendredi, pendant les vacances scolaires, je les aidais au rayon pointes. Le baron, du bout de sa fine canne, désignait celles qu’il désirait puis précisait : « Cent cinquante grammes, mon brave », et ajoutait, une fois que je m’étais exécuté, un « combien vous dois-je ? » dont l’élégance et l’étrangeté, dans cette quincaillerie de campagne où le tutoiement et la rudesse étaient de règle, ont peut-être, qui sait, concouru à déclencher mon intérêt pour la langue et ma vocation d’écrivain.

 

 

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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