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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 06:34

J’aurais dû dire « le prénom », mais comme j’avais beaucoup aimé le film…

 

Prononcer et écrire correctement le nom d’une personne est le commencement de la civilisation. Prendre des privautés avec ces marqueurs est un indice manifeste d’irrespect. Une vraie griffe. Je me souviens d’un homme âgé qui méprisait l’un de ses gendres. Jamais il ne le nomma si ce n’est par l’appellation « mon gendre », ce qui, dans la pratique collective était devenu « mongendre ». Le vieil homme disait : « comment allez-vous mongendre ? », ou encore « mongendre n’est pas très bien aujourd’hui ». Alors, nous lui emboitions le pas. Moi le premier : « Tu as acheté une nouvelle voiture, mongendre ? ». Je n’ai jamais connu ni son nom ni son prénom. Il aurait dû protester mais n’osa pas, au point que sa femme, lorsqu’elle parlait de lui à son père, disait « Papa, veux-tu que mongendre t’emmène à l’arrêt de bus ? »

 

Aujourd’hui, avec la profusion de prénoms de toute nature, avec les audaces de parents qui se croient « libres » de triturer et d’adapter, on trouve toutes les orthographes. Je suis tombé récemment sur un Batyste et un Kévinne. WTF (je connais le “djeuns” sur le bout des doigts), n’est-ce pas ? Tant que ce sont les “propriétaires” de ces noms qui font n’importe quoi, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais quand ce sont des “étrangers”, alors là, ça ne va plus.

 

La Fédération Française de Natation est une adepte de ces désinvoltures. Cela fait un bon quatre ans que ma petite dernière est engagée dans des compétitions natatoires. Elle a participé à ce jour à 200 épreuves. Elle figure donc dans les tables de la Fédération. Pas sous le nom de Rébecca Gensane mais sous celui de Rebecca. J’imagine que Francis Luyce, le président de cette fédération, n’apprécierait pas qu’on orthographie son nom « Luisse » ou, à l’espagnol, « Luis ». En bon père et donc en tant que co-auteur de ses jours, j’ai envoyé plusieurs courriels, très respectueux, très pédagogiques, expliquant que « Rebecca » était une orthographe italienne ou anglaise et qu’en bon français « re » se prononçait « reu», donc que l’accent aigu était une nécessité. On se retrancha d'abord derrière des problèmes d’informatique et on finit par ne plus me répondre.

 

Il n’y avait pas plus de problèmes d’informatique que de beurre en broche. Et quand bien même : tous ces types de problème ont leur solution (d'autant qu'aux niveaux départemental et régional le prénom est correctement orthographié).

 

Mais lorsque ce qui est en cause est la fantaisie cavalière, évidemment nous sommes dans l’humain et tout devient plus difficile.

 

Je propose ci-dessous un extrait des classements (on dit « rankings » à la Fédération Française de Natation) de ce début d’année où figure ma fille. Vous constatez que je ne vous ai pas raconté de bobards (ce n'est pas le genre de la maison), mais surtout que ma démarche n’est pas celle d’un parano car il est d’autres victimes que ma Rébecca. Voyez cette pauvre Lea RAYNAUD (qu’accompagnent Lea LOUSTAU et Lea DESMARES mais pas Léa TECHER ni Léa LAPOTRE, ou encore Celia BONJEAN. Plus bas, vous auriez trouvé Zoe LEFEVRE, Chloë PAQUIER mais Chloe DALLET et Chloé POUSTIS. Ou encore Oceane BATAILLE mais Océane BECKMANN.

 

D’accord, ce n’est pas Mosarre qu’on assassine, mais tout de même…

La Fédération Française de Natation et le « nom des gens »

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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