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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 06:23

Dans le cadre de la polémique suscité par les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation génocidaire, N. Krim, dans Le Grand Soir, écrit ceci :

 

« Nous avons amené la civilisation par effraction. » Encore un euphémisme ! La colonisation œuvre civilisatrice en Algérie ? Parlons-en ! Quelle civilisation la France a-t-elle apportée à l’Algérie ? En 1830 – arrivée des Français – la population de l’Algérie était estimée, selon diverses données de l’époque entre 9 et 10 millions d’habitants. Le Bulletin des Lois de 1856, avançait le chiffre de 2330 000 «indigènes» (Algériens). En prenant uniquement l’estimation la plus basse en 1830, selon d’autres sources, de trois millions d’Algériens, et celui de 1856, 2 330 000 «indigènes », nous avons donc 670 000 personnes manquantes. Où sont-elles passées ? En 1962 la population totale de l’Algérie était de 11 690 000 habitants (dont un million d’Européens). En janvier 2016, la population algérienne a dépassé les 41 millions d’habitants. Ce qui veut dire que la population algérienne avait stagné durant 132 ans, alors qu’elle a plus que quadruplé en 54 ans. A l’indépendance, l’espérance de vie des Algériens était de 47,04 ans. Elle est évaluée à 75,34 ans en 2016. Entre 1900 et 1960 la peste, le choléra, la gale, les poux, induits par l’extrême pauvreté de la population, tuaient en masse les Algériens. Ces pandémies ont totalement disparu d’Algérie dès les années 1970. Ce sont celles-là les réalités des bienfaits de la colonisation : jusqu’à 1882 (52 ans après l’arrivée des Français) la scolarisation des musulmans était nulle, en 1921 on ne comptait que 84 garçons, d’âge scolaire, sur 1 000 à être inscrits dans une école. Ce chiffre tombait à 7 sur 1 000 pour les filles. Une seule petite université de 500 places pour les seuls colons. Pour faire des études supérieures, les Algériens étaient contraints d’aller à l’étranger. En 2016, il y a plus de 50 universités et une trentaine de grandes écoles en Algérie avec plus de 2 millions d’étudiantes et d’étudiants.

 

 

L’allocution de François Ruffin aux Césars (reprise par de nombreux médias) a fortement marqué les esprits : « Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne. Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c’étaient des journalistes, quand on touche à l’avance fiscale des journalistes, ça fait des débats. Mais imaginons que ce soit les députés, qu’on dise que les députés ne sont pas assez compétitifs. Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais coûte 2000 euros par mois. Mais imaginons qu’on dise : demain, il faut délocaliser l’hémicycle à Varsovie. »

 

 

Dominique, un des lecteurs suisses du Grand Soir, explique comment son pays a vendu toutes ses données sensibles à de grandes sociétés étasuniennes : « En Suisse notre administration pléthorique a simplifié le problème : l’ensemble de l’informatique de la Confédération est gérée par une société étrangère, IBM. Nous savons tous, grâce à des affaires comme Snowden ou Wikileaks, que l’ensemble des géants étasuniens sont parties prenantes dans cette entreprise globale d’espionnage et de scannage de nos données qu’est Big Data. Big Brother est mort, vive Big Data.

 

Nous savons par ailleurs que la Confédération collabore avec le Mossad au développement des logiciels utilisés par Big Data, et grâce aux Spy Files 3 de Wikileaks dans l’entité sioniste qui colonise la Palestine. Ce qui implique que les secrets de la Confédération sont bien gardés par des agences comme le Mossad, la CIA ou la NSA.

 

Pendant ce temps, notre même administration fédérale est en train de construire des camps pour y mettre les expatriés étrangers pauvres dès qu’ils se présentent à nos frontières, et dans le même temps, elle offre des procédures accélérées d’admission aux expatriés étrangers riches. »

Revue de Presse (196)

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Torsade de Pointes 15/03/2017 15:10

Il y a un autre article sur le Grand Soir qu’il convient de lire attentivement : « Le vrai visage de la colonisation en Algérie », de Smail Gouméziane. Si les informations données par cet auteur sont exactes, il est difficile de ne pas conclure à un génocide caractérisé, du moins dans les premières décennies de la conquête. Cela est triste à dire ; quelque patriote que l’on soit, et quoi que l’on pense du sieur Macron (je n’en pense aucun bien), on ne peut s’exempter de reconnaître que la conquête fut effectivement un crime contre l’humanité, d’en éprouver des regrets et de la colère, et d’exprimer sereinement ces sentiments. Et d’en tirer les enseignements pour l’époque présente ; car le vol de la cagnotte du Dey d’Alger au seul profit personnel du roi Louis-Philippe nous rappelle étrangement quelque chose…

jules Vallés 06/03/2017 21:31

"Tout ce qui est excessif est insignifiant"
Renseigne-toi : Empire colonial et capitalisme français : Histoire d'un divorce de J Marseille:
Les colonies ont-elles été une bonne affaire pour la France ? Jacques Marseille le pensait quand il entreprit de dresser le bilan de la colonisation. Il lui aura fallu établir les comptes de 469 sociétés coloniales, examiner les chiffres du commerce extérieur de la France de 1880 à 1960, dépouiller les archives ministérielles et les papiers privés de Paul Reynaud, Marius Moutet et de l'ancienne Union coloniale pour comprendre au contraire à quel point l'empire a constitué un boulet entravant la modernisation du capitalisme français. C'est l'histoire d'un divorce que cet ouvrage retrace. Divorce entre une opinion progressivement gagnée à la conscience impériale, par les fastes de l'Exposition de 1931, la virile propagande des films campant les héros du bled, la géographie coloniale des manuels scolaires, et un mouvement rassemblant la fraction la plus moderne du patronat et des responsables publics pour lesquels, comme le dira de Gaulle, " la décolonisation est notre intérêt, donc notre politique ". Parue en 1984, cette thèse, qui fait toujours autorité, est augmentée de cinq études publiées au cours des vingt dernières années.
Ma grand-mère est née à Tlemcen en1898 elle était très pauvre et plusieurs de ses frères et soeurs sont morts de la malaria, alors tes leçons sur les méchants colonisateurs et les gentils Algériens me paraissent totalement anachroniques!
En tant que lecteur de Marx je vois 2 objections majeures sur la repentance et sur les larmoiements pour ses"pauvres expatriés": ils grossissent les rangs de l'armée de réserve, et d'autre part les rapports colonisés /colonisateurs sont dérisoires comparés au rapport exploités/exploiteurs

Bernard Gensane 07/03/2017 07:12

On a tous une grand-mère, un grand-oncle, un vieil ami pauvre et français d'Algérie.
En faisant appel à Jacques Marseille, tu ne pouvais plus mal tomber. Fils d'ouvrier, membre du PC, il effectua un virage à 180°, allant jusqu'à voir dans le PS un grand danger idéologique. A sa mort, toute la droite rance, de Gollnisch à Pécresse lui tressera des lauriers.

J'ai eu affaire à lui en une circonstance que je n'oublierai jamais. Je dirigeai une thèse qui avait à voir avec l'Afrique et le thésard voulait Marseille dans le jury. Moi, je ne voulais pas de ce dangereux type d'extrême droite imbu de sa personne. Le gars insiste et je finis par me laisser convaincre. J'écris à Marseille pour lui demander de bien vouloir siéger dans un jury. Au moment où je lui écris, il n'a rien de plus que moi : nous sommes de la même génération et nous sommes passés profs à peu près à la même époque.

L'immense Marseille me fait répondre par sa secrétaire (les professeurs d'université n'ont pas de secrétaire personnelle, lui en avait une) 3 lignes déclinant mon offre car "Monsieur le professeur Marseille est très occupé en ce moment". Ni merci ni merde, comme on dit dans la campagne picarde d'où Marseille est originaire (ce "Marseille"-là est picard).
Jamais un professeur ne répond à un autre professeur par l'entremise d'une secrétaire. Sans faire de name-dropping, j'ai, entre autres, dans mes archives, des lettres de Gérard Genette, Lévy-Strauss, d'un grand professeur anglais ancien directeur-adjoint de l'Unesco, de deux professeurs qui ont fini leur carrière comme membres de l'Institut etc.