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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:45

On dira, en simplifiant quelque peu, que si l’université de Cambridge (le pont sur la rivière Cam) est plutôt de gauche, celle d’Oxford (le gué où passent les bœufs) est assez nettement de droite. Ça tombe bien, le politiquement correct étant fondamentalement de droite, on ne peut pas ne pas dénoncer le prurit qui a saisi cette année les autorités d’Oxford qui jaugent le racisme à l’aune de postures, de comportements très superficiels.

 

Il a été ainsi décidé que si l’on évite de regarder quelqu’un dans les yeux, on fait preuve de racisme à son égard. La Commission pour la diversité et l’égalité (à noter que la diversité prend le pas sur l’égalité) vient de faire savoir aux étudiants que de pas s’adresser aux autres les yeux dans les yeux pouvait être « considéré comme une micro-agression raciste » assimilée à « une maladie mentale ».

 

Un délit beaucoup plus grave consiste à demander à un collègue étudiant « de quelle partie du monde il est originaire ». Dans sa grande bonté, la Commission pour la diversité et l’égalité explique que ces comportements peuvent partir d’une bonne intention mais que, néanmoins, ils « offensent » l’autre à qui ils nient le sens d’appartenance à l’institution.

 

Dans le même temps, les étudiants en droit ont désormais le droit de ne pas assister à des cours qui exposent des affaires violentes s’ils craignent d’être « bouleversés » par la relation des faits. De même, il existe désormais des signaux d’avertissement pour les étudiants en théologie lorsque, durant les cours, les professeurs sont amenés à présenter des images violentes de la crucifixion. Comme disait Coluche, heureusement que le Christ n’a pas été noyé sinon il y aurait des bocaux avec des poissons rouges au-dessus des lits dans les hôtels ! Ce qui signifie que l’université d’Oxford se plie aux exigences de la nouvelle génération d’étudiants « flocons de neige » (snowflake, une expression qui vient des Etats-Unis, naturellement), des jeunes qui ont peur des tout, qui sont incapables, par extrême sensibilité, de résister à l’adversité, à des défis qui les dépassent.

 

Qu’Orwell revienne, car nous sommes à l’évidence dans la pensée-crime. Il est insensé que dans un pays qui se prétend démocratique des autorités universitaires s’arrogent le droit de dire aux étudiants ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent ressentir.

 

Nous sommes aux antipodes de l’égalité dans la mesure où l’autre, le non-Blanc (ces recommandations visent les Blancs à 99%) est perçu dans sa différence d’individu de couleur et de religion différente. Il eût été difficile de trouver un moyen plus sûr de réintroduire du racisme. Mais ce que ces crétins de la Commission n’ont pas compris, dans leur combat pour « l’égalité des chances » et contre toute forme de « discrimination », c’est à quel point ils étaient anglo-centrés. De par le monde, les gens ne se regardent pas de la même manière, ne se serrent pas la main de la même manière, ne se remercient pas de la même manière, ne s’insultent pas de la même manière. Lorsque je résidais en Côte d’Ivoire, un de mes collègues avait rédigé une thèse sur les centaines de manières de se saluer dans une ethnie (il y en avait une soixantaine d’autres dans le pays). J’avais découvert une code extraordinairement riche : un homme ne salue pas sa mère comme le fait sa sœur ; un beau-fils ne salue pas sa belle-mère comme sa marâtre ; un frère ne salue pas son frère comme son cousin etc.


 

Dans l’université britannique, tu as vite fait d’être raciste

Avec ces crétins d’Oxford, plus de naturel, plus de spontanéité.

 

Dans le même ordre d’idées, l’université de Cardiff, qui a forcément quelque chose à se faire pardonner car elle n’est pas à 100% galloise, a décidé d’interdire sur le campus et dans les écrits officiels l’expression « bras droit » qui contient en anglais le mot « man » et l’expression – reprise telle quelle en français – « gentleman’s agreement ». Elle a par ailleurs recommandé l’utilisation de vocables du genre neutre chaque fois que c'est possible (je lui souhaite bien du plaisir).

 

Tout cela est tout de même beaucoup plus important que le fait qu'il y a quarante ans les études universitaires étaient gratuites outre-Manche alors qu'aujourd'hui elles coûtent une fortune.

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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commentaires

Yolande de 25/04/2017 07:51

A la manière de Barbaros Sansal ; " Civilisation judéo-chrétienne , noie toi dans ta merde !!! "