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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 05:35

Humilier les enfants à la cantine est une pratique subtile et humaniste qui nous vient, comme toutes les bonnes choses, de chez nos amis les Zuniens. Dans nos médias, elle est spontanément nommée en anglais : « lunch shaming ». Par parenthèse, cette expression est imprécise et ambiguë à souhait car elle pourrait vouloir dire – entre autres – « faire honte en déjeunant », « faire honte à l’occasion d’un déjeuner », ce sens étant paradoxal puisque le but de la manœuvre est de ne pas fournir de déjeuner. Cela fait trois siècles que le capitalisme anglo-saxon produit une langue qui ne nomme pas les choses pour ce qu’elles sont vraiment.

 

Le « lunch shaming » est une pratique qui consistent à avilir les enfants dont les parents ne règlent pas les frais de cantine en les stigmatisant, au sens propre comme au sens figuré.

 

Dans certaines écoles étasuniennes, des enfants dont les parents ne règlent pas la facture de la cantine peuvent être amener à faire un peu de ménage devant leurs camarades. Parfois, ils sont obligés de porter un bracelet distinctif pour que les personnels de service les repèrent plus facilement. Il est arrivé qu’on jette par terre, devant l’enfant, un repas chaud non payé.

 

Certains élus d’outre-Atlantique ont réagi sainement, comme ceux du Nouveau Mexique qui ont obligé par la loi les écoles à trouver des solutions avec les parents sans impliquer les enfants.

Humilier les enfants à la cantine

La France, où un élève sur deux fréquente les cantines scolaires, n’est pas épargnée par ces dérives. Depuis la loi Jules Ferry du 16 juin 1881 qui a institué la gratuité absolue de l’enseignement primaire, le « lunch shaming » est illégal. Mais cette loi n’est pas toujours respectée. Par ailleurs, la loi Egalité et citoyenneté de décembre 2016 prévoit le droit pour chaque enfant de s’inscrire à la cantine scolaire lorsque ce service existe. Mais, récemment, une famille a été radiée de la cantine pour une dette de 20 euros. Ailleurs, un maire (divers gauche) a affiché dans l’école le nom des mauvais payeurs. En Gironde, des enfants dont les parents n’étaient pas à jour se sont vu offrir des repas composés exclusivement de raviolis.

 

Un enfant français sur dix est issu d’une famille officiellement pauvre. Pour la FCPE, refuser l’accès à la cantine est « inacceptable ».

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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