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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 05:31

 

Neuf milliardaires fabriquent l’opinion publique en France, qu'il s'agisse de ce qu’il faut penser de Macron, à côté de qui Superman est un tout petit bras, ou de ce que, pour les conversations germano-pratines, il faut retenir du Venezuela, avec sa bourgeoisie démocrate et humaniste d'un côté et son gouvernement de gauche sanguinaire et incompétent de l'autre.

 


Le Grand soir publie régulièrement des articles rédigés par de vrais spécialistes qui ont séjourné ou qui vivent au Venezuela : Romain Migus, Thierry Deronne, Ignacio Ramonet, Maurice Lemoine, Hernando Calvo Ospina. Un de ses administrateurs a séjourné à deux reprises au Venezuela pour y mener une enquête sur les médias, travail qui a servi d’aliments à deux livres qu’il a publiés. Ils ne détiennent sûrement pas la vérité à 100%. Mais les faits qu'ils rapportent sont certainement plus fiables que ceux répandus par tous les journalistes bobos qui ont assuré l'élection de Macron et qui auraient quelque peine à repérer le Venezuela sur une carte.

 

Ci-dessous un article récent d'Hernando Calvo Ospina publié par le site.

 

Un


Il y a moins d’un an à Paris, un groupe d’hommes violents s’attaquait à la façade d’un hôpital pour enfants et quelques vitres furent brisées. A la même période, une voiture de police était incendiée avec à l’intérieur deux agents qui fort heureusement s’en sortirent sains et saufs, sans avoir à faire usage de leur arme.

 

Ces deux actes eurent lieu en marge de manifestations pacifiques. Immédiatement le gouvernement les identifia comme des actions s’apparentant à du terrorisme et la presse reprit en chœur. La population quasi unanime attendaient des peines exemplaires contre leurs auteurs. La justice ne devait pas seulement punir les actes, mais aussi le fait que les casseurs portaient des capuches ce qui est interdit en France lors de manifestations.

 

Au Venezuela, dans quelques régions, mais principalement à Caracas, les dernières semaines ont vu se dérouler des actes qui peuvent être catalogués comme terroristes. Par exemple, un hôpital pour enfants a dû être délogé face à la violente attaque d’un groupe de jeunes en capuches qui s’apprêtaient à l’incendier. Les images ont montré des mères sortant précipitamment de l’immeuble sous protection policière, avec leurs nouveaux-nés dans les bras. Un autre jour c’est un véhicule de la police anti-émeutes qui a été incendié. Lorsque les deux policiers ont voulu en sortir, ils ont été violemment attaqués par des hommes cagoulés. Par chance les deux fonctionnaires ne portaient pas d’armes sans quoi ils auraient certainement dû en faire usage pour se défendre. Rappelons que le président Maduro a exigé que la police chargée de faire face aux troubles n’utilise que des bombes lacrymogènes et des jets d’eau. Elle n’est pas non plus autorisée à tirer des balles en caoutchouc, si courantes en Europe et aux États-Unis.

 

Mais face à ces deux actes criminels, ou terroristes, la grande presse a tout juste sourcillé. Plusieurs médias, nationaux ou internationaux, ont osé dire qu’il s’agissait de réactions désespérées de la population contre la « dictature de Maduro ».

 

Deux


Lorsque j’ai annoncé à quelques personnes que je partais au Venezuela, j’ai immédiatement remarqué une espèce de panique dans les voix et sur les visages : «C’est la guerre là-bas », « il y a plein de morts », « il paraît que la police assassine...»

 

Je suis arrivé un jour de semaine dans l’après-midi. Depuis l’aéroport jusqu’au centre de Caracas, en plus d’une heure, je n’ai vu aucune manifestation. Le lendemain et le surlendemain, j’ai parcouru, en voiture et à pied, plusieurs quartiers de la capitale : rien, pas une manifestation.

 

Pourtant elles ont bien eu lieu. Mais si je ne les ai pas vues c’est parce qu’elles sont de taille réduite et qu’elles se déroulent dans des lieux bien précis. Principalement dans quelques quartiers de classe moyenne dont le maire est dans l’opposition.

 

Les manifestations pacifiques de citoyens mécontents à l’égard du gouvernement sont autorisées. Elles rassemblent rarement plus de 500 personnes, mais la technique est de placer des caméras de sorte à pouvoir faire des prises spéciales pour montrer « une foule » qui n’existe pas. Ensuite ces images sont lancées sur internet pour prouver la « force » de l’opposition. C’est Mariana qui m’explique tout cela, car elle a vu faire dans son immeuble. Lorsque les manifestations prennent fin, des hommes encagoulés se livrent à des actes de violence. La plupart sont jeunes, ils ont la peau claire et ont l’air bien nourris. Ils portent des insignes fascistes et nazis. Leurs attaques les plus féroces contre la police et les bâtiments ont lieu lorsque la presse, surtout internationale, est à leurs côtés. Parfois il y a plus de journalistes que de casseurs. Sur internet on trouve des exemples à gogo.

 

Certains cagoulés transportent dans leurs casques des caméras qui retransmettent les scènes en direct sur internet. D’autre part, sur les trottoirs et dans certains immeubles, se trouvent d’autres personnes équipées de caméras, avec le même but. Sur internet on peut trouver des vidéos qui présentent leurs actes de vandalisme comme des actes héroïques de résistance à la « dictature de Maduro ». Mais certains émeutiers ont même commis des crimes contre des innocents ou contre les manifestants eux-mêmes, que l’on attribue immédiatement à la police de la « dictature de Maduro ».

 

Ce qui est frappant c’est que ces morts ont été filmées et les vidéos ont été mises sur YouTube par les casseurs, mais aucun journaliste de la grande presse ne s’y est intéressé.

 

Venezuela : un autre regard

Trois


J’ai lu que durant les guerres médiévales on lançait du fumier sur les villes assiégées pour faire apparaître des maladies au sein de la population et parmi les animaux domestiques. De nos jours c’est interdit par les lois internationales.

 

Jamais je n’avais entendu que quelque part sur cette planète des manifestants lancent des excréments humains sur la police ni sur les institutions de l’État comme méthode de « protestation pacifique ». Cela se produit au Venezuela. Les réseaux sociaux l’encouragent et la grande presse détourne le regard ou explique que ce sont des actes du « peuple » fatigué par le « régime de Maduro ».

 

Il y a deux jours un célèbre journaliste opposant au gouvernement a appelé par le biais de son compte twitter à cracher sur tous les chavistes et leurs amis, « même dans les avions » a-t-il quasiment ordonné.

 

Des actes qui semblent désespérés et maladifs ont commencé à être commis à l’étranger. Depuis des agressions contre des missions diplomatiques, jusqu’à des attaques violentes contre des manifestations de solidarité avec la révolution bolivarienne. A Madrid, par exemple, le gouvernement du président Rajoy s’est montré laxiste avec les agresseurs qui ont encerclé et séquestré durant plusieurs heures les personnes qui participaient à un acte de solidarité à l’ambassade du Venezuela.

 

En revanche, à leur grande surprise, environ cinq manifestants ont été arrêtés à Miami alors qu’ils tentaient d’attaquer le consulat. Au Panama, les auteurs de vandalisme ont été menacés d’expulsion du pays.

 

Mais les agresseurs anti-chavistes en viennent même aux menaces de mort : à Paris, c’est la fille de la consule vénézuélienne qui a été visée.

 

J’ai déjà entendu plusieurs personnes ici qui tiennent la presse internationale pour responsable en grande part de l’escalade de la violence, du terrorisme et du nombre de morts. On ne peut que leur donner raison. Elle donne une incroyable importance au moindre affrontement d’éléments violents contre la police. Elle crée un moule d’opinion qui veut faire du gouvernement vénézuélien légitime une dictature qu’il faut à tout prix renverser ou envahir.

 

Une jeune femme noire aux dents blanchissimes me disait il y a deux jours, tout en me préparant une galette de maïs au fromage : « Ils cherchent à nous pousser, nous les chavistes qui sommes des millions, à l’affrontement avec cette poignée de fous. Ils veulent emporter notre pétrole en marchant sur nos cendres ».

 

Maxime Vivas : La face cachée de Reporters sans frontières, Aden éditions, 2007.
Maxime Vivas : Rouges, les collines de Caracas, polar bolivarien ancré dans la réalité du pays, éditions Arcane 17, 2015.


Si vous voulez commander ces livres, évitez Amazon et préférez la librairie L’Autre Rive (Toulouse) : lautreriv@orange.fr

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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commentaires

Adario 19/05/2017 18:10

Merci. Exact, hélas ! Il est désespérant de constater qu'essayer de rappeler, de démontrer ne sert à rien. Même sous d'autres formes, l'Histoire a tendance à se répéter.

Lyonnais 19/05/2017 17:57

On retrouve à peu près les mêmes arguments que contre Alliende en 1973...