Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 05:41

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de la revue Frustration sur les «Jeunes Leaders » façonnés outre-Atlantique qui nous gouvernent.

 

 

Ces derniers mois, Macron a fait plusieurs voyages emblématiques aux États-Unis. Dès le début de l’année 2016, Emmanuel Macron passe ses troupes et ses soutiens en revue, de l’autre côté de l’Atlantique. Alors ministre de l’Économie, il passe notamment par Las Vegas. Cet événement organisé par Business France, dont l’ancienne présidente est aujourd’hui ministre du Travail, a mené à des perquisitions mardi 20 juin 2017 au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France sur ordre de l’Inspection Générale des Finances, dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « favoritisme, complicité et recel de favoritisme ». Quasiment un an plus tard, Emmanuel Macron, cette fois candidat officiel, visite New York car « la démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût. » Entre deux levées de fonds traditionnelles aux sommes astronomiques, Emmanuel Macron participe à un petit déjeuner anodin mais fondamental pourtant passé quelque peu inaperçu dans la presse française. Un article de Libération daté du 6 décembre 2016 nous indique sans plus d’analyse que Macron y a rencontré « une trentaine d’invités de la French-American Foundation lors d’un petit-déjeuner au Links Club de l’Upper East Side, un club de gentlemen golfeurs traditionnellement issus de l’ancienne élite bancaire de la ville. Emmanuel Macron est un "Young Leader" de la French-American Foundation, promotion 2012. »

 

 

La French-American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, afin de promouvoir le dialogue et la coopération entre la France et les États-Unis. Son programme phare « Young Leaders » a formé plus de 400 dirigeants français et américains influents. Son objectif est clair, de la bouche d’un des anciens formateurs, il s’agit de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur la politique, le monde économique et l’opinion publique.

 

 

Après avoir analysé les parcours professionnels des dernières promotions (2012 à 2016), la répartition des « élus » est limpide. 57 % viennent des grandes multinationales et des entreprises de conseil en stratégie et finance et autres spécialistes de la fusion-acquisition. Ainsi, on pourra citer une liste non-exhaustive de dirigeants des entreprises françaises historiques : Henri de Castries (AXA), Anne Lauvergeon (AREVA), Franck Gervais (Thalys), Alexis Morel (Thalès), Hélène Huby (Airbus), etc. Mais aussi les deux plus récents présidents de la République (François Hollande et Emmanuel Macron), suivis de dizaines de ministres et de députés.

 

 

 Et que dire du poids des banques et des agences de notation dans le profil des recrues ? Emmanuel Macron bien sûr, mais aussi Clothilde L’Angevin (promo 2015) directrice de la stratégie du Crédit Agricole depuis 2015, Fatima Hadj (promo 2014), directrice associée à Standard & Poor’s, Renaud Guidée (promo 2013), directeur exécutif de Goldman Sachs, sans oublier Matthieu Pigasse (promo 2005), Banque Lazard & actionnaire du Monde

 

 

Deuxième catégorie dominante : les hommes politiques et hauts fonctionnaires qui représentent 15 % des heureux élus. Côté politiciens, on savait déjà que Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici, Alain Juppé, Matthias Fekl, etc. étaient passés par la French-American Foundation. Mais quoi de plus surprenant que de retrouver Édouard Philippe (promo 2011) en Premier ministre du renouveau et même Cédric Villani, le célèbre mathématicien à l’Assemblée nationale !

 

 

     

    La France dirigée par deux “ Américains ”

    Le petit monde clos des grands médias

     

     

    Troisième et non moins important pilier de ce réseau d’influence : les médias. Et il suffit de consulter les sites officiels de la French-American Foundation pour en comprendre l’ampleur. L’ancien président de la French-American Foundation (2010-2015) et actuel président d’honneur de cette organisation est Jean-Luc Allavena. Le recruteur d’Emmanuel Macron est également l’un des sept dirigeants d’Altice en tant qu’administrateur indépendant du groupe. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Altice est une multinationale présente dans les télécoms, les médias, le divertissement et la publicité. L’entreprise, qui a racheté de nombreux opérateurs de télécommunications et entreprises de communications, est présente dans 10 pays dont la Belgique, la France, les États-Unis, Israël, le Luxembourg et la Suisse. Son fondateur n’est autre que Patrick Drahi. En juin 2016, Patrick Drahi cède la présidence française d’Altice à Michel Combes (promo Young Leader 1998), ancien président d’Alcatel-Lucent, parti avec un parachute doré de près de 8 millions d’euros. Le groupe Altice a racheté ces dernières années Numéricable, Virgin Mobile et SFR. Le groupe SFR est quant à lui propriétaire des médias Libération et L’Express, BFM TV et RMC. La French-American Foundation vient ici mettre en lumière les liens unissant Emmanuel Macron et les dirigeants du groupe Altice et à travers lui d’un certain nombre de médias français. Cet ensemble versaillais ne serait pas complet si l’on ne citait pas quelques autres journalistes de la grande presse triés sur le volet par la Fondation : Nicolas Escoulan (Europe 1), Matthieu Croissandeau (L’Obs), Élise Vincent et Nabil Wakim (Le Monde), Laurent Joffrin, (Libération), Jérôme Chapuis (RTL)…  De manière plus discrète, d’autres lui apportent également leur soutien. Yannick Bolloré, PDG d’Havas (premier groupe publicitaire de France), fan de Macron, et fils de Vincent Bolloré (PDG du groupe Bolloré), était présent au premier meeting du candidat d’En Marche ! en juillet 2016 à Paris et était également présent au dîner de Gala 2016 du puissant réseau d’influence américain. 

     

     

    Jeunes talents pour incubateur d’oligarques

     

    Loin d’un discours conspirationniste à l’égard de ce que certains pourraient qualifier de secte sans trop gratter, il est pour autant indispensable de s’intéresser à cet incubateur de la caste française pour comprendre la symbiose parfaite entre les trois sphères politique, économique et médiatique françaises. Plus encore, à y regarder de plus près, on obtient quelques éléments de compréhension sur la brillante ascension de la fusée Macron. Littéralement encensé par les médias français, les journaux Libération, L’Obs, Le Monde et L’Express (tiens donc…) ont publié plus de 8 000 articles évoquant Emmanuel Macron entre janvier 2015 et janvier 2017. Emmanuel Macron continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de ces mêmes journaux qui iront jusqu’à le qualifier de « leader du monde libre » en le comparant à De Gaulle dans une hystérie collective pas vraiment déontologique au début du mois de juin 2017.

     

    Sources :

    Partager cet article

    Repost 0
    Published by Bernard Gensane - dans Politique
    commenter cet article

    commentaires

    • : Le blog de Bernard Gensane
    • Le blog de Bernard Gensane
    • : Culture, politique, tranches de vie
    • Contact

    Recherche