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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 05:15

 

Il était pourtant chouette, ce poste de ministre des Armées ! Marcher, en tant que femme, dans les pas de Michèle Alliot-Marie, c’était tout de même quelque chose, non ?

 

 

Officiellement, elle aurait quitté le gouvernement le 20 juin 2017 pour une subalterne histoire d’assistants parlementaires du MoDEM au Parlement européen. Les députés européens furent en effet soupçonnés d’avoir employé des assistants – payés par le contribuable – en les faisant travailler pour le parti. François Bayrou et Marielle de Sarnez furent emportés dans cette tourmente.

 

 

Cela est bien possible, mais un certain nombre de journalistes enquêteurs (il en reste) se sont intéressés au passé de Sylvie Goulard et à sa contiguïté avec des puissances d’argent. Comme disait Jean Gabin dans le film Le Président (1961), qui, par parenthèse, envisageait de manière visionnaire ce qu’allait devenir l’Union européenne, « ce n’est plus un gouvernement, c’est un gigantesque conseil d’administration ». L’exécutif ne compte pour l’instant que deux employés de Rothschild, mais il compte également des personnes qui doivent leur influence et leur bien-être à tel ou tel milliardaire. C’est, semble-t-il, le cas de Sylvie Goulard qui peut remercier le philanthrope Nicolas Berggruen. Philanthrope sans guillemets puisqu’il s’est engagé dans la campagne Giving Pledge (promesse de dons) lancée par Warren Buffet et Bill Gates afin d’encourager les très riches à donner une grande partie de leur immense fortune (ne me parlez surtout pas de réductions d’impôt subséquente !). De nationalités étasunienne et allemande, Berggruen parle parfaitement le français après des études à l’École alsacienne et à l’Institut Le Rosey en Suisse (voir ici la liste de ses prestigieux anciens élèves).

 

 

Un article du Journal du Dimanche du 25 juin reprenait une information vieille de trois ans selon laquelle l’éphémère ministre avait touché 10 000 euros par mois d’octobre 2013 à janvier 2016 du groupe de réflexion de Berggruen (260 000 euros en tout). De fait, cette information était parue en octobre 2014 sur le site Euractiv.fr. On pouvait y lire que les députés européens français se distinguaient des autres députés par leurs revenus parallèles particulièrement élevés (les élus du Front National étant champions d’Europe avec une moyenne de 1361 euros mensuels). S’appuyant sur une enquête de l’ONG Transparency, il mentionnait Renaud Muselier (12 000 à 35 000 euros par mois), Rachida Dati (10 000 euros), Michèle Alliot-Marie (15 000 euros) et Sylvie Goulard, stipendiée par le philanthrope Berggruen. Cette information ne figure plus sur son site officiel “ européen ”, où l’on trouve la précision suivante : « NB: merci de tenir compte de cette biographie, à jour, plutôt que des différentes versions linguistiques disponibles sur Wikipedia. »

 

 

Quel était le rôle de Goulard dans le groupe de réflexion du philanthrope ? Elle était conseillère « spéciale » (un conseiller pas spécial, c’est pas de la balle) du Council for the Future of Europe, qu’elle décrit comme une « association à but non lucratif visant à promouvoir une meilleure gouvernance mondiale et européenne », ajoutant que cette instance « était présidé par Mario Monti » et qu’il « comporte des personnalités de sensibilités politiques diverses telles que, notamment, Jacques Delors, Guy Verhofstadt, Pascal Lamy, Romano Prodi ou Jean Pisani-Ferry. » La « diversité des sensibilités » ne sautait pas aux yeux, mais on ne chipotera pas. On félicitera tout de même les inoxydables Delors (92 ans) et Giscard d’Estaing (91). Quant à l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, proche de Daniel Cohn-Bendit et ayant soutenu Emmanuel Macron lors de la dernière campagne pour l’élection présidentielle, on l’a vu, depuis cinq ans, administrer la holding Sofina, le fonds de pension néerlandais APG et l’armateur Exmar pour des revenus parallèles atteignant 233 000 euros.

 

Ne l’oublions jamais : la galaxie qui nous gouverne, c’est ça !

 

 

Pourquoi Sylvie Goulard a-t-elle démissionné du gouvernement ?

 

Revenons au philanthrope. Le magazine Forbes évalue sa fortune à 1,80 milliards de dollars. On est en présence d'un homme de culture. Nicolas préside le conseil d’administration du musée Berggruen de Berlin (où l’on peut voir des dizaines de Picasso, de Klee et de Matisse achetés par son père), du Musée d’art du comté de Los Angeles, du Conseil international de la Gallerie Tate à Londres et du Musée d’art moderne de New York. Il est également membre de la Fondation Beyeler (musée suisse d’art contemporain), de la Galerie Serpentine de Londres et du Comité international consultatif de Sotheby. Il est l’actionnaire du groupe de médias espagols Prisa (El Pais) qui possède 15% du groupe Le Monde qu’il échoua à racheter en 2010. Cette tentative fut sanglante. Avec ses 110 millions d’euros (les salariés du journal étaient désormais minoritaires), le trio Berger-Niel-Pigasse l’emporta car un banquier de chez Rothschild (si, dites-le : Macron !) aida secrètement Minc dans cet assaut tout en prétendant travailler gratuitement pour la société des rédacteurs du Monde). Le mari de Bri-Bri d’amour (en ancien Amiénois, je me permets cette privauté) s’était même caché au dernier étage d’un immeuble (en bloquant l’ascenseur) pour éviter que son double jeu ne fût découvert. En vain malheureusement. Gilles Van Kote, le futur directeur du Monde déclara : « On a été trahis par tellement de gens que si même Emmanuel nous trahit, c’est à désespérer de l’humanité. »

 

 

Alain Minc (qui trouvait que son père centenaire avait coûté trop cher à la Sécu) ne tarit pas d’éloges au sujet de Berggruen : « Un businessman arpentant le domaine des concepts ne fait-il pas œuvre plus utile qu’un intellectuel se lançant dans les affaires ? » Il faut dire qu’Alain Minc est membre de l’Institut Berggruen, où il retrouve le président de Google, Pascal Lamy, Gerhard Schröder, Phelipe Gonzales, Francis Fukuyama, un ancien président du Brésil. Jacques Attali (qui nous a un tout petit peu mitonné Macron) dit de lui que « C’est un garçon étrange, extrêmement gentil, extrêmement cultivé et extrêmement curieux, dans tous les sens du terme. C’est un honnête homme au sens du XVIIIe siècle. Quelqu’un qui a décidé de mettre son argent au service de l’intérêt général ».

 

 

Mais l’important aux yeux de Madame Goulard est sûrement que cet archange de la mondialisation heureuse se dit fort peu attaché aux biens de ce monde, qu’il sillonne néanmoins dans son jet privé Gulfstream IV (environ 20 millions d’euros tout de même).

 

 

Et puis, une fois que tout est dit, on retiendra que le petit-fils de Manette est un homme droit, lui aussi forcément indépendant des puissances d'argent...

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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