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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 05:25

 

 

Bernard Teper,  dans Res Publica, rappelle qu’un des facteurs déterminants de la politique étrangère des Etats-Unis est le pétrole : « Les États-Unis ont besoin d’importer du pétrole et du gaz pour leur économie. La première source d’approvisionnement est l’Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis d’où les conflits en Irak, Syrie et Libye. Mais le pétrole et le gaz pour arriver aux États-Unis passe par le détroit d’Ormuz, fait le tour de l’Afrique pour un transport d’environ 1 mois et demi. Le Venezuela qui possède les plus importants gisements énergétiques est à moins de 5 jours de transport du Texas. Par ailleurs, la politique de contrôle des prix du pétrole négocié au sein de l’Opep entre Chavez, Kadhafi et Saddam Hussein est entrée en contradiction avec l’axe Etats-Unis-Arabie saoudite et Qatar.

 

Pendant 40 ans au moins, l’histoire du Venezuela a été conditionnée par ces prérogatives étasuniennes. La domination du grand voisin du nord a tenu au Venezuela grâce au pacte de Puntofijo entre deux organisations politiques : l’Action démocratique et le Copei qui pratiquant l’alternance sans alternative. Jusqu’au “Caracazo”, les manifestations de février 1989 : le gouvernement fait tirer sur la foule, 3 000 morts ! Le commandant Hugo Chavez, lui, refuse de tirer sur la foule d’où sa popularité. Il tente un coup d’État militaire contre cette oligarchie assassine en 1992 qui ne réussit pas. Il passe deux ans en prison. Il se présente alors à l’élection présidentielle  et est élu en 1998.

 

 

 

Toujours dans Res Publica, Sonia Mitralia rappelle qu’en matière de droit à l’avortement, rien n’est jamais acquis :

 

« Voyons un peu ce qui se passe de par le monde. Aux États Unis par exemple, et plus précisément en Arkansas, un projet de loi vient d’être mis en place. Il s’agit d’un ensemble de lois qui réduisent les droits des femmes à disposer librement de leur corps. Les femmes auront désormais besoin de la permission des hommes, elles ne pourront plus avorter sans l’accord du géniteur. Le projet de loi ne fait pas exception pour les victimes de viol, même si c’est le mari le violeur. En cas de décès du fœtus, les membres de la famille doivent se mettre d’accord sur ce qu’ils souhaitent faire du corps et cela inclut les fœtus avortés. Dans le cas de mineures, ce sont les parents qui doivent décider si oui ou non leur fille se fera avorter.

 

En Pologne,   c’est vraiment impressionnant : l’avortement était illégal jusqu’à ce qu’une loi de 1932 l’autorise pour raisons médicales. En 1956 une nouvelle loi a conduit à sa libéralisation. Après la chute du régime du “ socialisme réellement existant ”, une nouvelle loi très restrictive a été votée en 1993. Mais c’est le projet de loi présenté le 23 septembre 2016 et qui voulait imposer que toute femme qui avorterait ou toute personne qui pratiquerait un avortement serait criminalisée et passible d’une peine de cinq ans de prison, qui a fait déborder le vase. Le 3 octobre, 140 000 “ femmes en grève” ont manifesté à travers tout le pays, vêtues de noir, pour demander l’abandon de ce projet et ont vaincu… pour l’instant !

 

En Grande-Bretagne, un autre exemple pernicieux de l’austérité : une nouvelle législation a été adoptée qui ne permet l’attribution des prestations (à partir de 2017) qu’aux familles à seulement deux enfants. S’il y a un 3ème enfant, la seule façon d’accéder aux prestations sera de démontrer que l’enfant est né à cause d’un viol de la mère. La mère doit signaler le viol, faire face à un tribunal et avoir la preuve du viol pour accéder aux prestations. Il s’agit essentiellement d’une loi qui pénalise les femmes pauvres qui ont plus de 2 enfants.

 

L’abolition du droit à l’avortement est l’emblème idéologique de la droitisation la plus extrême d’une aile des partis de la droite traditionnelle, traversée par une profonde crise d’identité. C’est aussi le ciment avec lequel les radicaux de droite se regroupent. C’est pour cela que cette revendication a été mise dans le programme politique du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy et des Républicains de Donald Trump.

 Revue de Presse (214)

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Published by Bernard Gensane - dans Politique
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