Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:46

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de Violette Bonnebas pour Reporterre à propos des bonbons Haribo qui exploitent les travailleurs brésiliens et font souffrit les cochons.

 

 

La vie n’est pas toujours belle pour ceux qui fabriquent des Dragibus, des fraises Tagada et des Chamallows. Surtout pour les ouvriers des fabriques de cire de carnauba, un ingrédient essentiel qui donne aux bonbons leur aspect lisse et brillant. Sans vêtements de protection malgré la poussière, sans sanitaires ni eau potable à disposition, les employés de ces immenses fermes du nord-est du Brésil sont contraints par leurs employeurs à dormir sur leur lieu de travail, à même le sol ou dans des camions. Souvent rémunérés au noir, ils ne perçoivent pas de revenu fixe mais uniquement proportionnel au travail abattu.

 

 

Ces abus sont loin d’être secrets. Le ministère du Travail brésilien les qualifie officiellement « d’esclavage » et a engagé une lutte contre les propriétaires de ces exploitations, dans l’une des régions les plus pauvres du pays. Les propriétaires de Haribo disent ne pas être au courant.

 

 

La gélatine de porc, qui donne une texture de gomme aux confiseries Haribo, est elle aussi produite dans des conditions « effrayantes », cette fois pour les animaux.

 

 

« Les animaux vivent en permanence dans leurs propres excréments ». Le taux d’ammoniac dans l’air est si élevé qu’il provoque des inflammations aux yeux de nombreux porcs. Les animaux malades ou mourants sont laissés dans les boxes avec les animaux sains. L’accès à l’eau a parfois même été coupé. Le confiseur de Bonn semble tomber de l’armoire et promet des contrôles.

 

 

L’ONG Amnesty International est montée au créneau. « Quand les droits de l’homme ne sont pas respectés, [les entreprises concernées] doivent prendre en charge des dédommagements, a expliqué Lena Rohrbach, experte en questions économiques d’Amnesty Allemagne au média Deutsche Welle. Malheureusement, le gouvernement a négligé de rappeler les entreprises à leur devoir de vigilance. »

 

 

Depuis 2011, la résolution 17/4 des Nations unies recommande aux États et aux grandes entreprises de veiller au respect des droits de l’homme, y compris dans leur chaîne d’approvisionnement. Mais le texte n’est pas contraignant. Sa transcription dans la loi allemande en 2016 ne va pas plus loin, même pour les entreprises publiques, et reporte à 2020 l’étude d’éventuelles sanctions.

 

 

En France, en réaction à la mort de 1 135 personnes dans l’effondrement d’un immeuble bangladais, le Rana Plaza, abritant des ateliers de confection destinés à des marques occidentales, le Parlement a adopté en début d’année 2017 une loi qui rend les grandes entreprises en partie responsables des agissements de leurs fournisseurs. Cette loi, critiquée alors par le ministre de l’Économie de l’époque Emmanuel Macron, impose aux grands groupes la mise en place d’un plan de vigilance pour prévenir les atteintes aux droits humains et les dommages environnementaux dans l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement. Ce n’était pas le projeeeet de l’humaniste qui nous gouverne.

 

 

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies se réunit à Genève pour rédiger une version plus contraignante de sa résolution 17/4. Autour de la table, 77 pays sont présents, essentiellement du Sud. Ceux du Nord ont refusé d’y participer.

Haribo, c’est beau ? Bof …
Partager cet article
Repost0

commentaires