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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:33

Autres questions idiotes : fallait-il que Blanche-neige fût blanche ? La peur peut-elle être bleue ? Une colère peut-elle être noire ?

 

Figurez-vous que le 18 décembre 2017, pour la première fois depuis quatre ans, il a vraiment neigé à Lyon et que, comme la neige avait posé son grand manteau, la ville était toute blanche. Je vous passe l’impéritie normale, désormais habituelle, des pouvoirs publics, incapables de réagir à cette neige prévue 36 heures avant “ l'événement neigeux ” (comme on dit à Météo France), ce qui laissa sur le carreau (blanc ?) des automobilistes, mais aussi des piétons qui ne purent se déplacer pendant une matinée. Fichtre ! 5 centimètres, 10 centimètres à tout casser, c'était l'Alaska.

 

Le politiquement correct étant de droite quand il n’est pas d’extrême droite, la question n’est pas de savoir si cinq centimètres de neige peuvent désorganiser la vie dans la deuxième agglomération de France mais si la neige est bel et bien blanche.

 

Est-il raciste de dire que la neige est blanche ?

 

La grande université de Londres (University College), dans l'hôpital de laquelle mourut mon cher Orwell qui aurait certainement été horrifié par ce qui suit, a répondu à la question en se couchant devant quelques excités qui, au fond d’eux-mêmes, j’en suis sûr, regrettent de ne pas être blancs. Alors que la neige était en passe de tomber sur Londres, les autorités universitaires firent savoir par écrit aux étudiants que l’établissement demeurerait ouvert quoi qu’il advienne : « Vous rêvez d’un campus blanc ? Nous ne pouvons pas garantir la neige mais nous allons essayer ».

 

Est-il raciste de dire que la neige est blanche ?

 

Ce qui était à peine un jokons provoqua fureur, tourment et indignation. Un étudiant écrivit : « Vous savez qui rêvait de campus blancs ? Hitler, tout simplement ». Une analyse particulièrement crétine puisque dans l'entre-deux guerres en Allemagne – Hitler ou pas – la population estudiantine était blanche à 99,9%. Un autre étudiant exigea la rétractation immédiate de ces propos, des excuses, affirmant que les autorités ne pouvaient pas avoir conscience des souffrances endurées par les peuples de couleur.

 

L’Université de Londres obtempéra en s’excusant platement, regrettant le choix « malheureux » des mots utilisés. Elle expliqua avoir fait allusion à la chanson ayant connu le plus grand succès au XXe siècle – “ Noël blanc ” (White Christmas) – écrite, ô horreur, par un juif blanc d’origine russe dont la famille avait été victime de pogromes, et créée par un protestant blanc anglo-saxon. La chanson serait reprise par des centaines de chanteurs de par le monde, d'Ella Fitzgerald à Gérard Lenormand en passant par Ringo Starr et Dalida. Je doute que ces talents aient affirmé avec White Christmas un sentiment de supériorité sur un peuple qui a beaucoup souffert. 

 

 

Est-il raciste de dire que la neige est blanche ?

 

Quand des excités de couleur – appartenant à la frange privilégiée des damnés de la terre – se trompent de combat et quand des représentants des pouvoirs publics répondent à leur niveau, nous sommes dans une problématique de droite car l’ordre établi est conforté. On discute de fariboles pour ne pas évoquer, par exemple, la fin d’une université réellement démocratique, outre-Manche comme presque partout ailleurs dans le monde. En outre, gageons que, très bientôt, le doux mot de “ Christmas ” (dont la plupart des Britanniques ont oublié qu'il signifie tout bêtement “ la messe du Christ ”) sera interdit dans les publications officielles de l'Université de Londres.

 

 

PS : un footballeur de l’équipe de France s’est récemment grimé en Noir. Il s’est fait, comme disent les Britanniques ou les Zuniens, une “ black face ”. Réaction scandalisée des médias et des réseaux sociaux, alors qu'il s'agissait d'un acte d'admiration anti-raciste. Louis de Funès serait lynché s’il tentait de nouveau ceci :

 

Est-il raciste de dire que la neige est blanche ?

 

Plus politiquement correct que moi, tu meurs ! Je vous offre donc une version de “ White Christmas ” par un chanteur blanc … mais aveugle :

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commentaires

A
Et rentré complètement bourré et être noir à rouler et blanc de trouille parce que "mémère" ou "pépère" verts de rage vous attendent avec le rouleau à pâtisserie ou le manche à balai pour vous foutre une trouille bleue et vous apprendre à vivre : noir ou blanc, raciste ou pas, le fil rouge est atteint ! De toute façon, l'idole le chantait : "noir c'est noir".

Veinard Bernard, dans ma région pas de Noël blanc plutôt gris et pluvieux. Blanc ou gris, joyeux Noël à vous toutes et tous.
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P
Le problème ne vient-il pas de ce qu'on désigne les sujets d'origine africaine par le terme "Blancs" et ceux d'origine africaine par le terme "Noirs" ?

1. D'abord, c'est faux : rarement les "Noirs" sont noirs. Ils ont plutôt toutes les nuances de marron, du plus clair au plus foncé. Ensuite les "Blancs" ne sont pas blancs, sinon, ils seraient cadavériques, effrayants.

2. Ensuite, parce qu'on n'identifie pas les "Noirs" et les "Blancs" par la couleur de la peau mais aussi par la texture des cheveux, la forme du nez, des lèvres, des oreilles, etc. Car, à ce compte-là, si on ne se fie qu'à la couleur de la peau, bien des "Blancs" sont plus noirs que des "Noirs".

3. Enfin parce que les termes noir et blanc ont en français des connotations fortement négative et péjorative d'un côté, positive et laudative de l'autre. Or, ces valeurs ont tout naturellement "déteint" (si j'ose dire...) sur les porteurs physiques de ces caractères. Il faudrait changer les noms.
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L
J'ai oublié : à quand chez nous la mise en cause du panache BLANC et du cheval BLANC d'Henri IV ?
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L
Einstein avait compris l'ampleur du problème :

"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."

Mais ce même Einstein n'était-il pas un abominable prédateur sexuel ?

“Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité.”
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