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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 06:40

 

 

Une revue consacrée à Johnny Halliday.

 

Arnaud Sagnard, dans L’Obs, confesse avoir « négligé Johnny par mépris de classe avant de devenir fan » : « Un soir, je ne me souviens plus de la date exacte, sans doute à cause de "Poème sur la 7e" entendu à la radio, hallucinant monologue écrit par Philippe Labro sur la 7e symphonie de Beethoven, je me suis mis en tête d’écouter l’énigme Johnny. En l’occurrence en téléchargeant toute sa discographie. Cela m’a pris quelques semaines et à chaque album, j’ai conservé dans ma bibliothèque à ma grande surprise un, deux ou trois morceaux, indubitablement bons, prenants, imparables.

Je me souviens avoir subi une claque au Stade de France, celle-ci étant renforcée parce ce que j’avais toujours refusé de voir : aucun artiste ne transmettait autant de joie. Tout le monde ressortait hagard, heureux, les yeux rougis, "libre dans sa tête". »

 

 

Baptiste Legrand, encore dans L’Obs, rappelle que Johnny fut le roi des fraudeurs, l’empereur des exilés fiscaux :

1975 : Johnny Hallyday n'a que 32 ans et déjà des démêlés avec le fisc, qui lui réclame des millions en arriérés d'impôts.

1977 : Il est condamné pour fraude : 10 mois de prison avec sursis et 20.000 francs d'amende.

1995 : Johnny Hallyday doit au trésor public une trentaine de millions de francs.

2000 : Le chanteur bénéficie de 2,8 millions de francs de dégrèvement et de 3,7 millions d'annulations de pénalités. Au terme de la négociation fiscale, et après une remise de l’ordre de 6,5 millions, il a payé 20 millions de francs d'impôts (3 millions d'euros).

 

 

Toujours dans L’Obs, Sylvain Courage voit en Johnny une icône du macronisme : « De droite, il se gardait bien de se montrer hostile à la gauche. Il dénonça les gauchistes "aux cheveux longs et aux idées courtes" mais fréquenta Mitterrand avant de se boboïser grâce aux pygmalions Michel Berger, Jean-Jacques Goldman et Jean-Luc Godard.

Jean-Philippe Smet vénérait la réussite individuelle, défendait l’ordre et n’éprouvait aucune honte de s’être enrichi. Johnny n’était pas un rentier. Premier de cordée exemplaire, il flambait. Marié six fois, il a porté haut le nouveau modèle de la famille française recomposée. Photographié aux côtés de tous les présidents, il a symbolisé la continuité de nos institutions.

Libéral en amour, libéral en affaires : Hallyday représente donc parfaitement l’idéal macroniste.

 

 

Revue de Presse (224)

L’Humanité reprend un article d’Elsa Triolet publié dans Les Lettres Françaises en 1964 :

 

«Il ne laissait pas le temps à la salle d'applaudir, il excitait ses musiciens comme un cocher ses chevaux: «Plus fort! Plus fort!...? Encore plus fort!...». C'est le galop à mort, le délire de la vitesse, de la musique, de la danse... Il semblait connaître chaque spectateur dans la salle, s'amuser avec elle, follement et, soudain, confier son désespoir à tout ce monde, comme mortellement blessé, souffrant à la mesure de sa taille, de sa force et non pas à celle des mauviettes qu'il avait devant lui: «Pas cette chanson...» ou « Serre la main d'un fou... » du récital précédent, cette main que personne ne veut serrer. Un tigre souffre, lui aussi, et un adolescent donc!

« Un métier à se demander s'il y a pour lui une coupure entre la vie quotidienne et la scène, tant il est chez lui dans la lumière des projecteurs, le public comme des convives qu'il veut combler, l'exhibition comme un amusement délirant, pour l'acquérir, ce métier, il faut qu'il ne l'abandonne jamais, qu'il s'exerce sans arrêt, que ce qu'il fait en scène, il le continue dans la rue, et en mangeant, et en dormant... Une image que cela, car à ce rythme, et aussi jeune animal joueur que l'on soit, il y aurait de quoi mourir cent fois d'une rupture du cœur ! »

 

Je terminerai par Théophraste R., du Grand Soir, qui réinscrit Johnny dans le roman national : « Il avait choisi Los Angeles pour échapper à l’impôt sur sa fortune acquise en France où il fut soigné parce que l’effort de tous avait créé une école publique gratuite, capable de préparer chaque citoyen à des études supérieures qui savaient diplômer des médecins, oncologues, chirurgiens… Ah, la France, où un communiste partageux avait inventé la Sécurité sociale pour tous, où un autre ministre de même couleur avait créé l’EDF qui ne laissa pas un coin de France dans le noir (ni maisons, ni rues, ni hôpitaux) !

Parce que je passe trop souvent, en tournant honteusement la tête, devant des loqueteux accroupis dans la rue, j’avais renoncé à débourser 200 euros pour aller le voir en concert. J’en veux à son entourage d’optimiseurs fiscaux de m’avoir ainsi privé de l’artiste. »

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commentaires

A
Merci !
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A
https://www.legrandsoir.info/hommage-national-a-johnny-hallyday.html
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A
Le lien pointant vers l'article de Jean Ortiz ne fonctionne pas.
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A
" Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers je n'ai pas de certitude absolue. " Albert Einstein<br /> <br /> Revue de presse : aussi avec Jean Ortiz, un peu d'objectivité :<br /> <br /> https://www.legrandsoir.info/hommage-national-a-johnny-hallyday.htm<br /> <br /> ou encore :<br /> <br /> http://www.purepeople.com/article/johnny-hallyday-se-lache-vieux-cons-escrocs-et-reacs-lui-repondent_a115069/1<br /> <br /> Et, dans certains magazines ou journaux, pour la comparaison hallucinante de "l'idole" avec Victor Hugo - ça fait bien, ça montre qu'on a des Lettres - essayons d'en sourire quant à la fécondité littéraire et à la dimension de notre Totor national !
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