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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 06:05

 

J’ai récemment évoqué les problèmes des à la privatisation de British Rail : privatisation, renationalisation, re-reprivatisation, d’énormes palinodies payées par les citoyens britanniques.

 

On a les mêmes à la maison. Depuis que les Solfériniens ont vendu une bonne partie de cet aéroport au groupe China Airport Synergie Investment Limited, les Chinois font leur chochotte et semblent vouloir se désengager.

 

Un article de La Dépêche du Midi fait le point :

 

Face à la grogne des actionnaires locaux de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, l’État a finalement renoncé à céder les 10,1 % des parts qui lui restent à Casil Europe, le consortium chinois qui possède 49,9 % de la plateforme aéroportuaire depuis 2014.

 

Selon nos informations, la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, le Conseil régional, le Conseil départemental et Toulouse métropole qui contrôlent ensemble 40 % du capital de l’aéroport, ont été approchés discrètement, ces derniers jours, par les services de Bercy.

 

Depuis plusieurs semaines, les collectivités locales ont fait savoir leur opposition à la vente des dernières parts de l’État à Casil Europe qui serait devenu alors l’actionnaire majoritaire de la plateforme dont il posséderait 60 % du capital.

Selon les termes du protocole de désengagement public de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, l’État devait mettre en vente le reliquat de son portefeuille d’actions à compter du mois d’avril prochain. Un pacte liait d’ailleurs, semble-t-il, le vendeur à Casil Europe dont l’entrée au capital de la plateforme aéroportuaire à hauteur de 49,9 % en 2014 n’aurait été qu’une étape avant sa prise de contrôle.

 

« Un actionnaire privé français est-il plus vertueux qu’un actionnaire chinois ? »

 

La colère des actionnaires locaux contre la privatisation de l’aéroport semble donc avoir été entendue, si l’on en croit l’annonce du gouvernement qui revient sur l’accord conclu précédemment.

 

« L’État a pris la température », indique-t-on à La Dépêche du Midi. « Nous avons été sondés sur une opération qui consisterait à pousser le consortium chinois à revendre lui-même les parts qu’il a acquises en 2014 à un gros groupe français comme Vinci ou Eiffage par exemple, faute de pouvoir obtenir la majorité », poursuit-on de source locale. Une hypothèse qui ne calme pas vraiment CCI de Toulouse, Conseil régional, Conseil départemental et Toulouse Métropole, selon nos informations.

 

« En réalité, le problème n’est pas que l’actionnaire privé entré au capital de l’aéroport soit chinois, le problème, c‘est la privatisation elle-même. Nous considérons que la plateforme aéroportuaire est un outil stratégique, s’agissant en particulier de l’aménagement du territoire, et que de ce point de vue, elle doit rester sous contrôle de la puissance publique. Nous ne sommes pas convaincus qu’un actionnaire majoritaire français sera plus vertueux qu’un chinois », conclut-on parmi les collectivités locales où l’on n’a pas renoncé à acquérir les 10,1 % des parts que l’État sera autorisé à mettre en vente à compter du 18 avril 2018 et jusqu’au 18 avril 2019.

 

 

À Lyon, en 2016, c'est le consortium emmené par le groupe Vinci (51 %) et associant Predica et la Caisse des dépôts qui l'emporte en mettant 535 millions d'euros sur la table pour privatiser l'aéroport Saint-Exupéry. À Nice, la même année c'est le consortium Azzurra, détenu par l'italien Atlantia contrôlé par la famille Benetton, avec à ses côtés l'aéroport de Rome et EDF Invest, qui est gagnant, mais en réglant une mirobolante facture de 1,22 milliard d'euros ! Ces dernières années, une vingtaine d'aéroports dans des villes moyennes ont changé de mains…

Le mouvement est-il en train de s'enrayer ? Déjà, l'État met les aérofreins sur la vente envisagée du colossal Aéroport de Paris (ADP). Et coupe les gaz sur la privatisation de Toulouse. Grand virage sur l'aile en perspective ?

 

Réactions

 

Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne :

 

"L’annonce par le Gouvernement, si elle est confirmée, de ne pas vendre les 10,01 % du capital qu’il détient encore dans la Société Aéroport Toulouse Blagnac à l’actionnaire privé majoritaire, CASIL Europe, est très satisfaisante. Notre mobilisation, avec les autres actionnaires locaux, pour appeler l’Etat à ne pas céder ses parts a été entendue et nous nous en réjouissons. Nous réaffirmons l’impérieuse nécessité de conserver un actionnariat public de long terme majoritaire au sein de la SATB, afin de garder la maîtrise d’un équipement stratégique pour l’attractivité et le développement du territoire et d’assurer la qualité de vie des riverains".

 

Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole :

 

"Si elle se confirme, la décision de l’Etat de renoncer à vendre ses parts dans l’actionnariat de l’aéroport de Toulouse Blagnac (ATB) est une bonne nouvelle, qui va dans le sens de l’intérêt général et préserve les intérêts de notre territoire. Elle répond positivement aux demandes fortes que nous avons exprimées avec constance ces derniers mois au nom de Toulouse Métropole, aux côtés de la Région, du Département et de la Chambre de Commerce et d’Industrie. Chaque fois que les actionnaires locaux pourront parler d'une seule voix au Gouvernement ce sera un atout pour être entendus".

 

Les Chinois vont-ils abandonner l'aéroport de Toulouse-Blagnac ?
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