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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 05:33

 

Remarquable livraison (comme toujours) des Zindigné.e.s !

 

Dans son éditorial Paul Ariès présente la nouvelle formule de la publication et les combats qui l’attendent.

 

 

Pour Jean-Marc Sérékian, Macron ubérise notre santé en imposant une batterie de nouveaux vaccins à des bébés « gavés de mal bouffe, saturés d’OGM et de pesticides et de perturbateurs endocriniens, asphyxiés par les particules ».

 

 

Jean-Paul Galibert analyse « le mode de destruction hypercapitaliste ». Il donne une définition de l’hypercapitalisme (« mode de destruction rentable qui exploite les consommateurs et qui transforme les classes sociales en classes vitales » par rapport au capitalisme traditionnel.

 

 

Un entretien très intéressant entre Jean-Marie Harribey et Paul Ariès sur « comment financer les services publics gratuits ». On peut réfléchir sur cette analyse très fine d’Harribey : « à force de pratiquer l’austérité salariale et diriger la valeur créée vers les actionnaires, le capitalisme se heurte à un problème de débouchés pour transformer en monnaie, donc en capital accru, le fruit du travail. D’où la fuite en avant financière qui vise à transformer biens naturels et connaissances en actifs financiers pour grossir un capital fictif. »

 

 

Paul Ariès s’entretient avec l’économiste Bernard Perret sur l’épuisement du “ cœur du réacteur ” de l'économie capitaliste, c'es-à-dire du mécanisme de transformation des besoins en marchandises. »

 

 

Benoît Bost revient sur « le mantra de la réduction des charges ». La France se singularise en Europe car les cotisations sur les faibles salaires sont ridiculement basses, ce qui tire les salaires vers le bas. Bost relève également que le nombre d’emplois qualifiés est passé de 3 à 40% en vingt ans alors que la pays a perdu 300 000 emplois d’ouvriers.

 

 

Pour Philippe Robert et René Zauberman, il est facile de passer d’un « sentiment d’insécurité à l’État sécuritaire ». Les auteurs mettent en regard l’insécurité et la peur de la précarité depuis une quarantaine d’années. Ils concluent par « tout se passe comme si monde politique et médias prenaient soin de verser régulièrement du sel sur la plaie de l’insécurité. Cette alarme sécuritaire éloigne les petites classes moyennes et le salariat traditionnel – pourtant menacés eux aussi par la ‘ mondialisation ’ de la vie économique et financière – d’un néo-prolétariat à forte dimension immigrée. »

 

 

Á lire un long article d’André Koulberg sur la banalisation de Front National qui a su imposer ses mots ou le sens de mots qui ne lui appartenaient pas : diabolisation, Français de souche, laïcité, économie.

 

 

Vincent Bruyère, dans la perspective de 10 milliards d’humains en 2050, suggère d’imaginer une bonne fois pour toutes « le revenu éco-compatible ».

 

 

Albert Ogien et Sandra Laugier « débusquent l’antidémocratie ». Ils étudient les raisons avancées pour justifier la limitation de l’intervention des citoyens ordinaires dans la prise de décisions politiques en usant de l’argument de “ l’incompétence ” du peuple. »

 

 

Laurent Paillard propose une critique sévère et très complète des “ réformes ” Blanquer-Macron (lycée et Parcours-SUP). Ces pseudos réformes sont un écran de fumée qui masquent le fait très prosaïque que le pays compte aujourd’hui 150 000 étudiants de plus pour 10 000 enseignants de moins dans le supérieur.

 

 

Enfin Thierry Brugvin poursuit sa réflexion entamée dans le numéro précédent sur « les déterminismes de classe qui unissent les élites économiques ». Pour accéder au pouvoir, puis le conserver, il faut « montrer ses capacités à être le gardien de la tradition ».

 

 

 

PS : Ceci est, provisoirement peut-être, ma dernière recension de cette revue. J’ai en effet décidé, il y a déjà un bon moment de cela, de ne plus relayer des textes écrits en écriture inclusive. Ce qui me prive de donner écho à des prises de position, politiques ou syndicales, que je soutiens.

 

Dans son éditorial, Paul Ariès expose sa philosophie – à mes yeux branlante – en la matière : « Notre comité de rédaction [d’après l’ours : trois personnes] a décidé de satisfaire la demande de lectrices en changeant l’écriture du titre de la revue qui devient ainsi les Zindigné.e.s ! [précédemment : les Zindigné(e)s !]. Nous ne considérons pas, pour autant, le débat sur l’écriture inclusive comme clos, car il est loin de faire l’unanimité au sein de notre équipe y compris féminine, mais nous n’avons jamais voulu mettre la moitié de l’humanité entre parenthèses. »

 

Lisant Ariès depuis des années, je n’en doute pas une seconde. Peut-être, un jour, celui-ci admettra-t-il-t-il que l’écriture inclusive montre et marque la féminité comme un élément parasite, un « e » à jamais muet. La philosophie d’Ariès en la matière est d’autant plus chancelante que, s’il utilise l’écriture inclusive dans son édito (militant.e.s, chacun.e, seul.e.s), il ne fait pas preuve de la rigueur qu’on lui connaît habituellement (amis, conservateurs). Je note par ailleurs qu’Ariès ne nous impose pas cette écriture qui fait mal aux yeux dans ses entretiens.

 

Seules (seul.e.s ?) Albert Ogien et Sandra Laurier (dans l'article “ Débusquer l’antidémocratique ”) utilisent l’écriture inclusive, mais de manière débile, au sens clinique du terme, ratant de très nombreuses occurrences : chefs, ils, adhérents, mandants, habitués, amateurs. Le politiquement correct (qui vient de la droite universitaire étasunienne) doit les épuiser.

 

Jean-Marc Sérékian a (se crée) des problèmes avec le mot “ ministre ” : il hésite entre “ le ministre ”, “ la ministre ” et – comme c'est charmant ! – “ la ministresse ”. Quand on veut bien faire et qu'on ne sait pas faire, on fait mal.

 

Enfin, un dernier mot à Laurent Paillard : lorsqu’on se croit obligé de passer sous les fourches caudines du globish, il faut le faire avec soin : « Fact shecking pour une fake réforme » est ridicule et incorrect.

 

Quand la revue saura comment elle s’intitule, quand elle saura se passer des innombrables anglicismes qu’elle utilise à chaque livraison, et surtout quand elle aura fait un sort à l’écriture inclusive, je reviendrai sûrement vers elle. Loin de moi l’idée de surestimer ma force de frappe, mais les lecteurs militants qui défendent ce titre sur la toile ne sont pas si nombreux que cela. J’étais peut-être son soutien le plus régulier et le plus historique.

 

 

Les Zindignés ! n° 47
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commentaires

E
Je consultai ce billet pour mer faire une idée du successeur du Sarkophage. Lire que ce journal est rempli d’anglicismes, qui plus est foireux, est pour moi rédhibitoire. J’y vois une contradiction dans l’esprit. Comment parler d’objection de croissance et utiliser la langue du colonisateur productiviste ? Par ailleurs, renoncer à la créativité de sa langue – recourir à un anglicisme plutôt qu’inventer, détourner, recycler des termes français, c’est obscurcir la langue (le « fact shecking » en est une illustration), mais c’est aussi une défaite intellectuelle : ne pas savoir manier les mots, c’est ne pas savoir penser. Pourquoi alors aller lire une prose conceptuellement inepte ?
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M
Merci Bernard!<br /> Je partage entièrement et modestement vos positions.
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