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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:33
 ParcoursSup met 158000 jeunes au supplice
62 000 étudiants sans affectation, 96 000  qui  ne savent toujours  pas  où ils seront à la  rentrée   :  voilà  les  vrais   chiffres  de Parcoursup,  à  deux   semaines  de la  fin  de la  procédure.

 

Un article d'Olivier Chartrain dans L'Humanité.

Quand on n’a pas envie de compter, on peut toujours compter… sur sa capacité à jouer sur les mots. C’est apparemment un exercice qu’affectionne Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieurElle s’y est livrée avec gourmandise hier matin sur France Inter. Interrogée sur le nombre d’étudiants encore en attente sur la plateforme Parcoursup, dont la phase principale se termine le 5 septembre, elle a martelé deux chiffres. Ils seraient « plus de 591 000 à savoir où ils seront à la rentrée », tandis qu’« un peu moins de 15 000 candidats » seraient toujours en attente d’une réponse, ces derniers étant bien entendu « accompagnés par les commissions » académiques d’ accès à l’enseignement supérieur (CAAES), créées à cet effet.

 

Or, ces chiffres répétés comme des mantras par la ministre sont faux. Il suffit pour le vérifier de consulter le site officiel de Parcoursup. Hier, 490 705 candidats avaient définitivement accepté une proposition (soit 60,4 % des 812 000 inscrits). Frédérique Vidal leur a tout simplement additionné les 95 635 qui ont reçu une proposition, mais ne l’ont toujours pas acceptée et restent en attente pour d’ autres vœux, correspondant plus à leur projet. Or ceux-là, de fait, ne savent toujours pas « où ils seront à la rentrée ». Ce qui ne va pas sans poser de nombreux problèmes, en premier lieu pour leur logement.

 

Des étudiants sans réponse ... et donc sans logement

 

Céline Paul est dans ce cas. Avec son bac ES, elle est prise en BTS «  design d’espaces » à Reims, proposition qu’elle n’a toujours pas acceptée car elle habite Quimper et préférerait étudier à Caen ou à Nantes, bien plus près de chez elle. « J’ai longtemps été troisième sur la liste d’attente à Caen, mais je viens de passer première, et deuxième à Nantes. » Elle attend donc encore, sans aucune garantie . « Je n’ai pris de logement nulle part », explique cette boursière  : « Avec mes parents nous nous sommes dit qu’on n’allait pas louer à Reims, alors que je risque d’aller ailleurs. Mais du coup, dans les trois villes , il ne reste pas grand-chose, seulement les appartements les plus chers ou alors les plus excentrés. »

 

D’autres ont sauté le pas et payé des cautions… qu’ils risquent de ne jamais revoir, les Crous (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) par exemple ne remboursant plus ces sommes au-delà d’un délai d’un mois. Sans compter ceux qui, déjà locataire , ne savent pas si ni quand ils vont devoir déposer leur préavis. Céline, elle, avoue un « gros stress » : « C’est la première fois que je décohabite, J’aurais aimé pouvoir me préparer dans de meilleures conditions. » Elle n’est de toute façon pas concernée par le dispositif d’« aide à la mobilité  » annoncé par la ministre. Doté de 7 millions d’euros, il doit permettre de distribuer une aide unique variant de 200 à 1 000 euros à des étudiants contraints de s’inscrire dans un établissement éloigné de leur domicile.

 

Quant aux candidats qui n’ont toujours reçu aucune proposition, ils sont en  vérité  62 501, et non 15 000. Pour  obtenir  son  chiffre , cette fois la ministre a  tout  simplement  rayé  de la  carte 47 058 candidats considérés comme « en attente » le 22  juillet avant  la pause estivale, et devenus d’un coup des « inactifs », parce qu’ils n’ont pas fait  appel  à la CAAES et/ou ne se sont pas inscrits en phase  complémentaire  – alors que de nombreux étudiants avouent ignorer l’existence même de ces commissions. Voilà donc  comment  158 136 étudiants sont toujours dans l’incertitude. Un chiffre que la ministre, visiblement, n’a guère envie de prononcer.

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commentaires

G
c'est peut etre une chance pour eux .......et pour nous par la meme occasion !
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