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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 05:50
 

J’ai plaisir à relayer la lutte des travailleurs de l’hôpital psychiatrique Pinel d’Amiens. J’ai longtemps vécu à Amiens (on connaît mes tendres pensées pour Bri-Bri d’amour) et une de mes proches est décédée dans cet établissement.

 

Le personnel soignant de l’hôpital Pinel a commencé un mouvement de grève le 15 juin dernier.

Rien ne bouge du côté des pouvoirs publics, de la ministre de la Santé Buszyn en particulier. Un piquet de grève se tient en permanence devant l’hôpital.

Le mouvement a commencé à la suite d’une quatrième fermeture de service qui a provoqué la surcharge des autres services, ce qui se traduit concrètement par des chambres occupées par deux, trois, et parfois quatre patients, notamment dans les pavillons de longues évolutions.

La charge se reporte sur les pavillons d’entrée (qui sont réservés aux soins aigus), et cela provoque énormément de friction de réorganisation et de réaménagement constant.

Cela conduit à des situations au mieux, très inconfortables pour les patients et, au pire, parfois dangereuses. Les patients payent le forfait hospitalier alors qu’’ils ne sont pas correctement pris en charge.

La situation est aggravée par le départ de nombreux médecins qui considèrent qu’ils ne peuvent pas travailler dans ces conditions. Ceux qui restent se retrouvent avec beaucoup trop de malades à gérer car ils sont parfois responsables de trois ou quatre services.

Des suivis extra-hospitaliers ne peuvent plus se faire, notamment au niveau des CMP (centres médico-psychologiques). Pour un premier rendez-vous dans un CMP dans la région, c’est 10 à 11 mois d’attente ! Or, la première médiation en psychiatrie est capitale. Sans effectif, il y a une aggravation de la situation. Dans la médecine hors psychiatrie, dans certains situations bénignes, le patient peut à la limite prendre en charge et participer à son propre traitement, mais dans la psychiatrie, c’est impossible

Cette dégradation n’est pas arrivée du jour au lendemain. Cela fait plusieurs années que le mouvement de réduction des moyens humains et matériels est en cours. Le directeur actuel a été nommé pour réduire la dette.

Les départs à la retraite ne sont pas remplacés et les CDD sont très peu reconduits. Le manque d’effectif entrave la prise en charge des malades à tous les niveaux mais altère également l’encadrement quotidien des étudiants en soins infirmiers.

Les revendications des grévistes sont claires :

  1. Une table ronde avec les différents acteurs: l’ARS, la direction de l’hôpital, la ministre de tutelle,
  2. La réouverture de deux services,
  3. La création de 60 postes de soignants (ce qui est un minimum).
  4. L’ffacement de la dette auprès de l’ARS
 
Mise en place d’une cagnotte de soutien

Pour permettre de soutenir les grévistes dans leur combat, il y a une cagnotte de soutien via Le Pot Commun  : Soutien au CHPP Pinel en Lutte.

Vous pouvez bien sur vous abonner à leur compte Twitter : @pinel_en_lutte et poster des messages de soutien sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/PinelEnLutte/.

 

PS : C'est à l'hôpital Pinel qu'a été tourné en 1959 le film de Franju La Tête contre les murs avec Aznavour et Pierre Brasseur.

Philippe Pinel fut, en quelque sorte, l'inventeur de la psychiatrie et de la psychothérapie françaises. Il proposa d'enlever leurs chaînes aux aliénés qui, pour lui, n'étaient pas des créatures du démon mais des malades.

 

L’Hôpital Pinel d'Amiens toujours en Lutte
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