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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 06:23

 

Natacha Polony, dans Marianne, a sa petite idée sur l’emprisonnement de Carlos Ghosn : « La chute de Carlos Ghosn est aussi spectaculaire que minutieusement préparée par ses accusateurs japonais. 

De quoi laisser perplexe, au Quai d'Orsay ou à Bercy, sur cette étrange opération qui pourrait bien coûter son indépendance à Renault. L'entreprise française est désormais à la merci d'une OPA de la part de son partenaire japonais, depuis longtemps agacé de devoir subir la tutelle d'une entreprise devenue moins puissante que lui.

Il nous semble apparemment difficile, à nous autres Français, de concevoir que les autorités judiciaires japonaises travaillent main dans la main avec le Meti, le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, et avec les grands groupes industriels. C'est pourtant un classique.

 

Rachel Knabel, dans Anti-K évoque le marasme dans les hôpitaux psychiatriques : « Les grands groupes de santé privés comptent bien profiter de l’agonie de l’hôpital psychiatrique public. Toujours moins de lits, des services fermés, pas assez de médecins, des soignants en sous effectif. Le secteur des hôpitaux psychiatriques va mal. Celui des cliniques psy privées se porte mieux. En 1980, le nombre de lits, pour une prise en charge à temps plein, s’élevait à 120 000 dans la psychiatrie publique pour 18 000 dans les cliniques privées. Trente-six ans plus tard, le nombre de lits dans le public a chuté à 41 000, ceux du privé ont baissé à 13 300 en 2016.

 

Plus de la moitié des lits de psychiatrie ont donc été fermés en 40 ans, très majoritairement dans le public. La part du privé dans l’équipement en lits de psychiatrie a nettement augmenté en 40 ans. Elle représentait 11% du total des lits en 1975, (…) un peu plus de 24 % en 2016. Près d’un tiers (30 %) des structures de prises en charge françaises sont aujourd’hui des cliniques privées à but lucratif.

 

 

 

Dans Mémoires des Luttes, Fabien Escalona revient sur le crépuscule du social-libéralisme façon Hollande : « François Hollande a intériorisé la subalternité géoéconomique de la France. Il a été incapable d’infléchir le consensus austéritaire avec les alliés potentiels qu’il aurait pu trouver à l’époque en Belgique et dans les pays périphériques de l’union monétaire. Concernant la France, il y a certes gagné des délais pour l’ajustement des comptes publics, mais une politique restrictive défavorable à l’emploi a été suivie tout au long du quinquennat, de même qu’ont été lancées des réformes « structurelles » inspirées des recommandations communautaires. Cette fuite en avant se solde actuellement par des niveaux dramatiquement bas du PS dans les enquêtes d’intentions de vote.

 

 

Personne, dans Le Grand Soir, réécrit un passage des Misérables : « Une quatrième grenade ne réussit qu’à tirer de lui un troisième couplet :

Révolte est ma raison,

C’est la faute à Macron,

Misère est mon journal,

C’est la faute au capital.

 

Cela continua ainsi quelque temps. Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche avait l’air de s’amuser, passant au travers des grenades et des taxes lancées sur les infortunés comme s’il en pleuvait. Il répondait à chaque détonation par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les forces de l’ordre riaient en l’ajustant. Les manifestants tremblaient ; lui, il chantait. Ce n’était pas un enfant. Ce n’était pas un homme ; c’était un étrange gamin fée, « gai, impertinent, spirituel et débrouillard, mauvaise tête et grand cœur », c’était l’âme de Paris.

 

Les grenades couraient après lui ; il était plus leste qu’elles.

 

Une grenade pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s’affaissa. Toute la manifestation poussa un cri. Gavroche resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter :

 

Je suis touché au front, 

C’est la faute à Macron,

Et tombé dans le canal,

C’est la faute au...

 

Il n’acheva point. Une seconde grenade du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.

 

 

Revue de presse (258)
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