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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:33

 

 

Dans Le Grand Soir, Rémy Herrera analyse longuement la politique répressive du banquier éborgneur : « Celles et ceux qui ont récemment participé à des manifestations en France ont sans doute été les témoins de ce que dénoncent depuis quelques mois des organisations de défense des droits humains françaises ou internationales : nombre d’interventions des forces de l’ordre s’avèrent disproportionnées, excessivement violentes – en recourant même parfois à des armes de guerre. Sont ainsi devenus systématiques l’usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau à haute pression contre des protestataires pacifiques ; très fréquents, des tirs tendus à hauteur d’homme de lanceurs de balles de défense (LBD et autres armes dites « à la létalité limitée »), l’utilisation de grenades assourdissantes ou de désencerclement, la pratique « de la nasse » de confinement pour empêcher de rejoindre d’autres manifestants, des interpellations aléatoires et arbitraires, des intimidations verbales, des provocations gratuites, voire des agressions physiques. Dans les rues de la capitale ont été déployés des véhicules blindés, des policiers à cheval, des brigades cynophiles… À maintes reprises, des traitements dégradants ont été infligés à des contestataires, y compris à des mineurs. Il est fréquemment arrivé que des personnes soient matraquées ou maintenues enfermées sans que le moindre acte répréhensible n’ait été commis. Du matériel de soins a été confisqué à des « médecins de rue », bénévoles suivant les cortèges et portant secours aux blessés… Autant de faits qui ont choqué les Français. Et c’est ce qui est recherché, afin que cesse leur révolte. De telles violences policières sont absolument inacceptables. »

 


 

 

Revue de Presse (272)

 

Dans la même optique, Anne-Cécile Robert explique, dans Le Monde Diplomatique, pourquoi en France la justice est transfigurée par les victimes : « Depuis toujours, l’intensité dramatique de certaines affaires criminelles défie la sérénité de la justice. Cette tension propre au procès pénal s’accroît avec la déification contemporaine des victimes. Le tribunal ne doit plus seulement sanctionner un coupable, il doit réparer les souffrances. Ce faisant, la victime devient procureur, les peines s’alourdissent mécaniquement. »

 

 

Sur le site Regards.fr, Frédéric Martel s’exprime sur l’homosexualité dans l’Église catholique : « L’homosexualité est très ancienne dans l’Eglise à cause du célibat mais aussi – et c’est quelque chose qu’on ne comprend pas forcément en 2019 – parce que l’Eglise a été un refuge pour les homosexuels pendant très longtemps. L’Eglise attire les homosexuels, les sélectionne et les promeut. Avant Paul VI, l’homosexualité est partout un crime et il n’y a donc pas de différence fondamentale entre l’intérieur et l’extérieur de l’Eglise. Après Paul VI, après 1969, dans les années 70 et encore plus dans les années 80, l’homosexualité va être tolérée, acceptée puis va même devenir visible (…) et l’Eglise va se retrouver en déphasage grave parce que son homosexualité intérieure risque d’être connue. Elle va donc renforcer un discours homophobe au moment même où la société se libère. Cela va créer un gouffre immense qui est un piège dans lequel, aujourd’hui, elle est complètement coincée, sans solution sauf à changer sa doctrine – ce qu’elle n’est pas prête à faire. »

 

 

Sur le site Anti-K, François Chesnais conclut un long article économique par une réflexion sur les Gilets Jaunes : « A cet égard le mouvement des gilets jaunes – « mouvement autonome qui s’est, si l’on ose dire, spontanément auto-organisé »[18] – est profondément français, mais il en annonce d’autres ailleurs, similaires dans leur nature tout en étant différents dans leur forme. Il est certain d’autre part qu’en Europe occidentale, l’Etat français et la bourgeoisie française ont pris sous le gouvernement Macron de l’avance sur ceux des autres pays dans l’établissement un modèle d’Etat néolibéral-autoritaire, pour employer le terme d’Ugo Palheta,[19] possédant des moyens de répression policiers et judiciaires très développés qu’il ne fait que renforcer. Ils sont destinés à être utilisés contre les salariés et les jeunes lors des combats pour leurs droits élémentaires que ceux-ci vont être obligés de mener. Ce sont des affrontements extrêmement durs que la loi anticasseur annonce. »

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commentaires

A
Au sujet de l'article de Anne-Cécile Robert on peut constater depuis quelques années l'importance de plus en plus grande de la partie civile dans les procès. Je n'avais pas remarqué avant ces derniers années ( 25/30 ans ) la présence de ces parties civiles. Du coup j'avais recherché si la possibilité de cette présence a été toujours prévue dans les procès. Recherche il est vrai pas très insistante mais sans succès. Toujours est-il que si cette possibilité répond à un besoin humain des victimes, elle participe à dévier le rôle de la justice qui devrait être la manifestation de la morale supérieure de la société. Non qu'il s'agisse d'une morale désincarnée mais protégée autant que faire se peut des passions, même des douleurs. <br /> L'homosexualité dans l'église. il ne me semble pas que le célibat en soit à l'origine. Célibat d'ailleurs imposé depuis le Xème siècle par les responsables de l'église, pour des raisons purement matérielles puisque qu'il s'agissait de protéger ses biens contre la logique des héritages et de s'assurer une soumission protégée de sentiments familiaux. Bien intégrés dans la société les prêtes ont toujours eu la possibilité trouver des réponses aux pulsions naturelles. Pour mémoire je citerai l'exemple drôle du curée de Clochemerle qui faisait ça à domicile et puis qui s'en aller le confesser à son collègue du village voisin qui en faisait tout autant. Il est vrai cependant que dans un espace contraint ( le bagne ) les choses sont différentes. Cet argument est par ailleurs gênant car il ferait de l'homosexualité un dévoiement de l'hétérosexualité. <br /> Pour revenir au début de l'article on se demande comment la létalité peut être limitée. Un chose est létale où elle ne l'est pas. Ça participe de la même logique que le concept de ´ la légitime défense préventive ´. La légitime défense ne peut pas être par définition préventive. Ha ! L' oxymore + La novlangue.
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