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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 05:30
 

Je reproduis ici un texte de l'association Charlotte Mathieu Adam. Rédigé en mémoire de Charlotte Landais, tuée par un chauffard le 22 décembre 2012.

 

Après 6 ans 5 mois et 5 jours d'attente

 

- 4 procès au pénal, 

 

- une instruction encore en cours et une mise en en examen contre l'établissement de nuit ayant permis aux chauffards de notre fille de s'abreuver encore et encore, avant de prendre le volant d'une voiture qui deviendra une arme par destination,

 

Et c'est donc plus de 6 longues années après le drame que le tribunal de Montpellier examinera nos préjudices lors d'une audience d'un procès civil qui aura lieu le 27 mai prochain. 

 

Après la peine immense de la perte de notre être cher, de notre fille, à jamais disparue pour sa famille et ses amis, la double peine des procès au pénal et de l'enfer de cette justice qui broie et anéantit les rescapés du massacre routier,

 

et bien nous voilà donc au moment d'évoquer le "prix" à mettre sur notre douleur, un "prix" sur la souffrance endurée, et à endurer.

 

Une douleur constante, quotidienne, qui ne vous quitte jamais, qui vous réveille la nuit, qui vous poursuit ou que vous soyez.

 

Tout cela lors d'une audience civile attendue depuis une éternité.

 

Une audience qui durera tout au plus.... une heure.

 

Alors que notre calvaire se prolongera lui..... toute une vie.

 

Verrons-nous donc arriver lors de ce procès la triple peine ? Celle qui saccage un peu plus le moral, qui enfonce encore un peu plus, qui donne raison à la négligence, à l'immoralité,
à l'irrespect ?

 

Nos demandes ne feront par revenir Charlotte, mais nous, ce que l'on exige, c'est la reconnaissance de notre souffrance à la hauteur de ce que l'on endure.


Et cela, ça n'a pas de prix.

 

Et puisque nous étions obligés de nous pencher sur la question, nous avons pris connaissance avec horreur et dégoût qu'un "barème", une "grille", " un chiffrage" était communément appliqué à cette souffrance.

 

Il nous a semblé important que vous soyez au courant de ce que peuvent endurer les victimes par ricochet, et d'apprendre comment notre Etat considère "nos cas".

 

On apprend que perdre un enfant "vaut" entre 20 000 euros et 30 000 euros, mais que s'il était majeur et parti de la maison, ce serait plus 20 000 que 30 000 car il s'éloigne du domicile familial, donc d'après leur logique, on doit sûrement moins "l'aimer" !

 

Idem pour les frères et sœurs : un frère ou une sœur de la victime qui côtoyait celle-ci au domicile familial se verra "attribuer" 12 000 euros, mais si la victime est partie pour étudier, ou vivre ailleurs, et bien le frère ou la sœur ne percevra plus que 8000 euros !


En résumé de ce macabre montage de nos assureurs pervers et perfides, plus on s'éloigne du domicile familial, plus on rompt l'amour et le lien de parenté avec sa famille !


Inutile de vous expliquer notre réaction devant tout cela..

 

On apprend donc aussi qu'il y a une certaine "omerta" une "gêne" de notre justice sur la question. 

 

La souffrance d'une mère et d'un père pour la perte de leur enfant vaut donc, d'après le pseudo barème couramment établi 20 000 euros !


Mais qu'à contrario, en creusant la question, la souffrance morale de Mr Bernard Tapie vaut elle 45 millions d'euros dans l'affaire Crédit Lyonnais ( jugement rendu en 2016) !

 

A vomir, on vous laisse juges..

 

En lien avec ce sujet, la note de presse ci-jointe illustre parfaitement le malaise, et le manque de considération de nos pouvoirs publics à l'égard des victimes des chauffards de la route qui perdent un enfant ou un proche, le décalage et l'irrespect de nos dirigeants capables d'attribuer des sommes faramineuses injustifiées en laissant "des miettes" aux oubliés que nous sommes.

 

Alors pas seulement pour nous, mais pour la reconnaissance de toutes les victimes, espérons que le tribunal prendra en compte notre souffrance à sa juste valeur.

 

La vie d'un enfant n'a pas de prix, mais le devoir de notre société et de nos dirigeants est un devoir de décence, de soutien et de respect envers ses victimes.

 

D'autant plus qu'à la lueur de notre combat, nos responsables ne sont pas en mesure de prévenir, de sanctionner, et d'anéantir ces chauffards qui brisent des vies et des familles entières.

 

Anne Pineau
Stéphane Landais

 

Association Charlotte Mathieu Adam
https://www.charlotte-mathieu-adam.org/

 

 

Combien vaut un enfant tué par un chauffard ?
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