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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 05:21

 

 

L’enseignement supérieur français est, depuis bien longtemps, un ventre mou qui ne fait plus peur à aucun dirigeant. On ne voit plus passer le moindre mot d’ordre réellement fédérateur, la moindre analyse globale des méfaits et des manquements du système. La vie syndicale s’est réduite à une peau de chagrin. La majorité des membres de cette élite de la nation restent dans leur coin en courbant le dos.

 

Heureusement, il reste à certains universitaires – de plus en plus nombreux car le conformisme est ravageur – une véritable Sierra Maestra, ce que les Britanniques appellent, avec l’accent, une cause célèbre : l’écriture inclusive, le vrai combat des enseignants et chercheurs du XXIe siècle.

 

Officiellement, l’écriture inclusive est illégale dans les textes administratifs. Cette interdiction n’est pas respectée par de nombreux présidents d’universités et doyens d’UFR. Cette barbarie langagière est naturellement possible dans les textes militants.

 

J’en ai un sous les yeux qui, peut-être plus que d’autres, m’a fait bondir. En provenance du CNESER, il prône un juste combat, celui d’universitaires turcs opprimés par le pouvoir d’Erdogan. Le problème est que la forme laisse à désirer. Comme tous les fanatiques, les praticiens de l’écriture inclusive travaillent comme des cochons. Non seulement ce qu’ils produisent est ridicule, mais ils passent eux-mêmes pour des gens ridicules incapables d’observer leurs propres règles ineptes.

 

Je cite le tract du CNESER, une vraie horreur.

 

 

Le CNESER soutient les collègues turc.que.s

 

Les élu.e.s du CNESER sont très touché.e.s par la situation dramatique que vivent nombre d’enseignant.e.s-chercheur.e.s turc.que.s résidant et enseignant en France, pour certain.e.s titulaires de la fonction publique d’État et pour d’autres bénéficiaires du Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE).

Actuellement condamné.e.s en Turquie ou en passe de l’être, sans procès équitable et uniquement du fait de leur engagement contre les violences et pour les Droits de l’Homme et les libertés, nos collègues sont dans l’impossibilité totale de retourner dans leur pays sous risque d’être immédiatement interpellé.e.s et emprisonné.e.s. […]

Les élu.e.s du CNESER apportent tout leur soutien aux collègues tur.que.s et à celles et ceux qui enseignent en France pour qu’elles et ils puissent se rendre dans leur pays sans être inquiété.e.s et, si tel est leur souhait, y retrouver un emploi, dans le respect de leurs droits et de leur dignité d’êtres humains.

 

Les élu.e.s du CNESER demandent à la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de faire tout le nécessaire pour que les droits fondamentaux de nos collègues soient respectés en Turquie et que des observateurs français ou éventuellement internationaux soient présents lors des procès.

 

Unanimité des 24 votant.e.s

 

 

On remarque que turcs au pluriel donne turc.que.s ou tur.que.s. Sont évoqués les Droits de l’Homme, donc pas ceux des femmes. Des observateurs français sont requis, mais pas des observatrices. Accessoirement, le mot ministre ne prend pas de majuscule dans ce contexte.

 

Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur

 

PS : En matière de politiquement correct, le CNESER fait de plus en plus fort. Selon Mediapart, il vient de déjuger une université en donnant raison à une étudiante voilée qui avait refusé de laisser ses oreilles apparentes pendant une épreuve écrite : “ Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche a annulé une sanction visant une jeune étudiante en droit, musulmane, qui avait refusé de dégager ses oreilles durant toute la durée d’une épreuve en juin 2016. L’université de Bourgogne avait émis des consignes visant les étudiantes voilées. ”

 

Les religieux militants, musulmans ou autres, savent parfaitement utiliser les libertés formelles de la démocratie pour les retourner contre notre République.

 

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