Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 04:57

 

Quitte à le faire rougir de la tête aux pieds, je suis dans l’obligation de citer Maxime Vivas du Grand Soir, dans un article visionnaire de 2009 sur les dérives capitalistiques de France Télécom, ce service public qui rapportait beaucoup d’argent avant sa privatisation : « L’actuel patron de France Télécom a sans doute sa part de responsabilité dans la vague de suicides, mais il n’est pas le seul. Il a suivi la voie mortifère où les salariés sont vus comme des citrons ou des fourmis à affoler à coups de pieds pour qu’elles s’agitent. Les personnels, sans qui l’entreprise n’est rien, figuraient et figurent dans des dossiers noirs étiquetés : « sureffectifs », « coûts à résorber », « postes à supprimer », « mutations d’office », « commercial ». J’extrais de mes archives un numéro spécial du journal « L’Autan » que le syndicat CGT des télécommunications de la Haute-Garonne avait édité pour dénoncer ces dérives en octobre 1990. On y lit que la direction sise à Blagnac venait de signer un contrat qui lui coûta 2 millions de francs (304 898 euros) avec deux joyeux drilles, beaux parleurs qui se faisaient fort de modifier l’état d’esprit de 6000 agents en deux jours de stage. En fait, les malins allaient former 20 animateurs de France Télécom qui auraient ensuite à appliquer la méthode aux autres avec les documents fournis (vendus !) : cassettes vidéo, transparents, stylo spécial, un livre écrit par les deux génies et un test permettant en quelques réponses de se classer soi-même dans un des 4 types de personnalités existants (4, pas un de plus). Un syndicaliste curieux découvrit que cette merveille d’introspection moderne était déjà utilisée dans l’armée étasunienne en 1928.

 

Le contrat comportait une règle idiote à laquelle il était pourtant impossible de déroger, le directeur national, ayant grade d’Ingénieur Général, y veillant personnellement : les formations devaient avoir lieu hors de la région d’affectation des personnels. Des milliers d’agents, souvent « volontaires-désignés-d’office », parcoururent la France en tout sens, les Marseillais visitant Brest, les Bordelais fonçant à Strasbourg, les Lillois découvrant Bayonne. Le chassé-croisé entraîna la perte de dizaines de milliers d’heures de travail et des millions de francs de dépenses supplémentaires, nullement inutiles pourtant, auraient dit ceux qui pensaient que la mobilité forcée doit s’apprendre assez tôt afin que chacun accepte demain une mutation tous les trois ans avec un minimum de pendaison sur les lieux de travail. »

 

 

L’anticapitaliste, hebdomadaire du NPA, estime que « la liberté de manifester n’est déjà plus un droit à défendre, mais à reconquérir. À Paris et ailleurs, beaucoup se posent la question : pourra-t-on encore, demain, manifester en France ?Si la question peut paraître provocatrice ou excessive, elle est bel et bien dans l’air du temps, et l’on ne peut guère douter de la sincérité de celles et ceux qui (se) la posent, et des craintes bien réelles que ressentent un nombre croissant de gens qui n’osent plus descendre dans la rue alors que, dans un autre contexte, ils et elles viendraient grossir les rangs des manifestations du samedi. Contrôles préventifs, violences policières, utilisation d’armes mutilantes, condamnations judiciaires, législation anti-manifestation : force est de constater que ces éléments ne font pas que s’additionner, mais forment, ensemble, un système cohérent, dont la finalité, malgré l’affichage sécuritaire, n’est autre que de décourager le plus grand nombre de participer à des manifestations. Lorsque l’on regarde le chemin parcouru au cours des 5 dernières années, on ose à peine imaginer ce que pourrait être la situation dans 5 ans si le rouleau compresseur n’est pas stoppé… »

 

 

Je ne saurais terminer cette revue sans une petite échappée concernant le prénom du dernier bébé Royal, Archie. Il s’agit du diminutif d’Archibald, qui signifie “ très audacieux ”. “ Archambaud ” est une version française de ce prénom. Chrétien vivant en Afrique du nord, Archibald y subit le martyre pendant la persécution de Genséric, roi des Vandales, au Ve siècle. Les Archibald se précipitent à corps perdu, non pas dans l'action, mais dans un dynamisme frénétique où ils subliment leurs instincts. Alors, hyperactif, le prinçounet ?

 

Revue de presse (281)
Partager cet article
Repost0

commentaires

G
Monsieur et madame Dèsbronze ont aussi appelé leur fils Archie ...
Répondre