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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 16:36

 

 

Michel Marchand, dans Res Publica, conteste la réalité d’une crise migratoire en Europe. « Elle n’est ni massive, ni majoritairement clandestine comme le rappelle depuis plus de 10 ans François Héran, ancien directeur de l’Institut national des études démographiques et actuellement Professeur au Collège de France. En 2017, selon les données d’Eurostat, 650 000 demandes d’asile ont été déposées dans les pays de l’UE, marquant à une baisse de 43 % par rapport à l’année précédente. Les deux tiers des demandes d’asile se répartissent entre l’Allemagne, l’Italie et la France. Pour la même année, 120 000 demandes d’asile ont été enregistrées en France, environ 100 000 relevant de la procédure normale auprès de l’OFPRA et 20 000 relevant du règlement Dublin. En prenant en compte les « dublinés » requalifiés, la France a accordé la protection à 32 000 personnes. »

 

 

Le site CQFD fait s’exprimer des Gilets Jaunes de Perpignan, toujours aussi déterminés :

 

« Difficile de qualifier l’ambiance. Redynamisée, combative, fraternelle. Claude s’avance, tire le col de son maillot vers le bas et montre l’hématome auréolé de sang séché au-dessus de la clavicule : « Je me suis pris un tir de flash-ball, juste là ! » On imagine la balle déviée de quelques centimètres et explosant la trachée. « Je serais mort ! » diagnostique le quinquagénaire. Ailleurs, c’est Tom qui marche en grimaçant et en traînant les pieds. Il commente, laconique : « Grenades à tir tendu. Impossibles à éviter. »

 

C’est un fait : les Gilets sont remontés comme des coucous. Soudés en un nerf de bœuf. Des vieux militants libertaires observent, ébahis, ce regain de fierté inattendu. L’un susurre à l’autre : « Incroyable, c’est une véritable sécession. » Comme un fait exprès, quelqu’un propose que la prochaine AG se tienne non plus à l’abri des murs de la Maison du peuple mais sur le rond-point où tout a commencé : « Les Gilets jaunes, c’est avant tout un combat de visibilité. » La stratégie élyséenne – bastonner et déférer du manifestant en masse pour émietter le mouvement – a eu beau clairsemer les rangs des manifestants, celles et ceux ne lâchant pas l’affaire font montre d’une détermination qui laisse sans voix. Sandrine avoue avoir pleuré de trouille au cours d’une charge dans une manif à Toulouse. Foutue par terre, tâtonnant dans la purée des gaz, elle doit à un black-block d’avoir été remise sur pied et mise en sécurité. « J’y retournerai », promet-elle d’un ton placide.

 

 

Selon L’Obs,l’Alabama prépare une loi totalement réactionnaire sur l’avortement : « Le Sénat de l’Etat de l’Alabama a adopté ce mardi 14 mai le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l’avortement, prévoyant notamment de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

 

Le texte, que le Sénat a transmis au cabinet de la gouverneuse républicaine de l’Etat en vue de sa promulgation, ne prévoit même pas d’exception en cas de viol ou d’inceste. Les médecins pratiquant l’avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’« anomalie létale » du fœtus.

 

Revue de Presse (282)

 

Pour compléter l’article de Maxime Vivas de la semaine dernière sur France Télécom, je citerai la sociologue du travail Danièle Linhart sur le site Á l’encontre : « Auparavant, France Télécom était réputée pour ses prouesses technologiques, il y avait une fierté à travailler là. Brutalement, cette société a pris un virage commercial. Une entreprise publique est passée à la gestion du privé. Mais comment faire pour que les fonctionnaires aient envie de partir ? Cette réponse a été trouvée par l’encadrement : les mettre suffisamment mal à l’aise pour qu’ils comprennent qu’ils n’ont plus leur place.

 

Dans la seconde moitié des années 1990, j’avais assisté à un séminaire de cadres et l’un d’entre eux m’avait confié: «Vous savez ce qu’est mon travail ? Je suis là pour produire de l’amnésie. Pour que les agents oublient leurs valeurs professionnelles et de service public. » J’ai demandé : « Comment fait-on pour produire de l’amnésie ? » « C’est simple, m’a-t-il expliqué, on bouge tout, tout le temps, on casse les habitudes de travail. »

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