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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 05:26

 

 

En ce mardi 24 septembre, pour la nième fois depuis quinze ans, j’ai marché contre les attaques menées contre les retraites.

 

Je suis retraité depuis plus de 10 ans. Ce n’est donc pas aujourd’hui « ma » retraite que je défends, même si – alors que je ne subis pas le système de la retraite à points – j’ai perdu environ 10% de pouvoir d’achat depuis que je suis retiré des voitures, mais celle des travailleurs d’aujourd’hui et de demain. Au nom de principes démocratiques et républicains que le banquier éborgneur, dans le droit fil de ses trois prédécesseurs à la présidence de la République, met à bas.

 

La contre-réforme concoctée par Delevoye qui, lui, cumule salaire et retraite, signifie la fin de la retraite du régime général de la Sécurité sociale. Un système mis en place à la Libération par Ambroise Croizat. Ce sera la fin du système par répartition, où l’assuré acquiert ses droits par cotisation. Lui sera substitué un système à cotisation définie et par point. La valeur du point fluctuera selon la situation économique et démographique. Mais aussi, alors que cela n’est que susurré, en fonction de l’espérance de vie selon l’âge auquel intervient la retraite.

 

Pourquoi ce changement ? Parce que le banquier éborgneur œuvre au service du capital, et que le capital ne supporte pas que le marché des retraites lui échappe. Le capitalisme financier veut la généralisation de la retraite par capitalisation.

 

Il n’est même pas nécessaire de parier que le niveau des retraites baissera (pour les agents de l’État, c’est acquis puisque le point d’indice est gelé depuis 10 ans). Il n’est qu’à regarder ce qui se passe en Suède depuis la « réforme » de 1999 où le niveau des retraites n’est plus garanti et a baissé de 3% en 2010.

 

Alors que la Sécu de Croizat était fondée sur la solidarité entre les salariés, le système voulu par le banquier éborgneur inclut dans un même paquet salariés, artisans, petits patrons, l’objectif étant clairement d’affaiblir la solidarité de classe entre les salariés.

 

Le banquier éborgneur veut par ailleurs introduire une règle d’or selon laquelle la part des retraites ne doit pas dépasser 14% du PIB. Pour le banquier, s’il n’y a pas d’argent magique, il y a des chiffres magiques. Le problème étant qu’avec l’augmentation du nombre des retraités les retraites seront de plus en plus faibles et de plus en plus tardives.

 

Il ne faut absolument pas que les syndicats « s’engagent » dans des nouvelles discussions. Ils doivent lutter pour le code des pensions, pour un système de retraite par répartition du salaire mutualisé. Ils doivent exiger le retrait du projet.

 

 

Nous étions 1 000 à Lyon en ce 24 septembre. Tant que nous ne serons pas 100 000…

Contre les « réformes » des retraites, « Marchons, marchons… »
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commentaires

AF30 27/09/2019 08:08

Besancenot faisait justement remarquer l'autre jour que de toute façon tout le monde y perdait puisque la pension serait calculée sur la totalité de la vie professionnelle et non plus sur les dernières années même si le nombre de ces années était différent selon les statuts.
Sur cette durée d'ailleurs, celle des fonctionnaires a été utilisée à fond. Et ça a marché. L'autre jour j'ai eu droit encore à cette remarque sur ce qui paraissait à mon interlocuteur une injustice sans qu'il lui vienne à l'esprit d'imaginer un alignement sur la situation la plus favorable.
Par ailleurs leur imagination leur fait également défaut sur la comparaison échelle des salaires privé/public. La société gagnerait sans doute au rapprochement de celle du privé d'avec celle du public.
Pour revenir aux pensions le système anglo-saxon est peu évoqué, celui où le salarié cotise auprès de son employeur et beaucoup pourrait se souvenir de l'exemple du pillage opéré par Robert Maxwell sur les fonds de pension de ses entreprises. Les employés ayant du se contenter des regrets d' un des fils " « Je suis désolé pour eux, mais je dois être honnête: les dettes sont si énormes que lorsque tout sera réglé, il ne restera rien." Car si dans un premier temps nous n'y sommes pas encore, le glissement vers cette situation est en cours.