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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 06:15

 

Dans une république comme la République française, la nation est une construction sociale, politique et historique. Ce n’est pas, contrairement à ce que tend à devenir le Royaume-Uni et à ce que veulent nous imposer la finance internationale, des gens proches de Mélenchon ou encore Rokhaya Diallo,  une communauté d’ethnies.

 

Cette forte parole pour “ décrypter ”, comme disent nos journalistes neuneux, un fait divers récent qui a agité une petite ville du nord du Devon en Angleterre. Il s’agit de Bideford, où je suis passé il y a une bonne cinquantaine d’années, à une époque où la population était à 99% britannique. Aujourd’hui, ce pourcentage doit avoir diminué, mais pas sensiblement. Bideford est une ville de classes moyennes et moyennes supérieures. La bourgeoisie établie, autrement dit. Elle est la patrie de Charles Kingsley, un romancier célèbre du XIXe siècle. Ses 17 000 habitants y coulent des jours heureux.

 

Trop heureux pour que ça dure. Depuis des dizaines d’années, Bideford est surnommée “ La petite ville blanche ” (“ The Little White City ”), non en référence à la couleur de la peau de l’écrasante majorité de la population, mais parce qu’une forte proportion de ses habitations sont blanches.

 

Dans un pays ethnique qui consomme du politiquement correct plus souvent que de l’agneau à la sauce menthe, il fallait que ça change. Après en avoir longuement délibéré, le conseil municipal, vota l’effacement de la honteuse mention  “ Little White Town ” des panneaux de signalisation. Le conseiller McGeough rédigea la motion suivante : « Suite à de nombreuses plaintes de paroissiens [que pensent les musulmans de l'utilisation du terme “ paroissien ” et non pas “ concitoyen ” ?] je suggère la suppression des mots “ Petite ville blanche ” de tous les panneaux situés dans la ville et aux entrées de la ville. La formulation “ Petite ville blanche ” peut être prise pour une insulte raciste et n’est pas politiquement correcte. Si cette suppression n’était pas entreprise, le conseil municipal pourrait être qualifié de suprémaciste raciste blanc. »

 

Les débats furent houleux, l’un des conseillers déclarant par exemple, que le politiquement correct versait dans la folie. Un conseiller demanda s’il fallait rebaptiser les anciennes mines d’anthracite locales Bideford Black du nom de Bideford Slightly Dark (légèrement sombre).

 

Un compromis, un peu ridicule, fut trouvé : on dirait désormais “ Charles Kingsley’s Little White Town ”.

 

Un compromis très boiteux qui n’allait pas selon moi au bout du goût de la connerie. J’aurais préféré : “Chauvinist White Dead Charles Kingley’s Vertically Challenged Caucasian Town ”.

 

Qu’en pensent les paroissiens de cette ville de l’Indre dénommée – provisoirement j’espère – Le Blanc ?

 

 

La petite ville blanche
La petite ville blanche
La petite ville blanche
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commentaires

A
Que voilà un billet propre à susciter un débat passionné. A force de vouloir paraître anti raciste n'est-on pas raciste ? Le fait de vouloir redénommer une ville ou un village atténuera-t-il le phénomène du racisme ? Et puis qu'est-ce qu'être raciste, qu'est-ce que le racisme ? Y a-t-il une période de l'Histoire qui démontre que le racisme - ici à travers une dénomination ou appellation urbaine - n'ait jamais existé ? Il semble que la polémique soit vaine car l'Histoire de l'humanité et des peuples se caractérise et obéit à des composites spécifiques et devrait être appuyée par une observation objective de chaque civilisation. Redénommer un village enlèvera-t-il le problème de l'intolérance et aussi de la connerie humaine inhérente en chaque être humain ?
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