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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 06:23

Un de mes plus fidèles lecteurs, et correspondants, qui signe AF30, m'a fait parvenir ce commentaire extrêmement judicieux sur le problème des retraites, un problème créé par le banquier éborgneur car c'est le marqueur de son quinquennat en ce qu'il conditionne tout le reste.

 

Dans le secteur privé beaucoup n'ont pas compris que les statuts du secteur public, des entreprises publiques sont des digues qui les protègent contre les dégradations de leur propre statut. Pour cette raison les gouvernements successifs n'ont eu de cesse de réduire le nombre de fonctionnaires en les remplacement par des contractuels et en privatisant les services publics.


Il y a dans le public des garanties salariales qui rendent possible une plus grande résistance aux politiques régressives et un moyen de faire avancer de possibles progrès. 


Cette logique a été appliquée, dans un premier temps, aux entreprises à forts effectifs afin de les réduire en segmentant les productions et en les externalisant. Par exemple les usines des constructeurs automobiles ne sont plus que des usines d'assemblage. 


La digue service public est mal en point mais elle tient encore.


Il faut beaucoup insister sur le changement délétère de société qu'implique ce projet macron des retraites. Il s'agit de la désagrégation de ce qui fait société c'est à dire de l'esprit de solidarité. Ainsi les cadres ne cotiseront plus au delà de 3 fois le SMIC et si ce choix n'est pas sans conséquence sur les finances du régime général puisque la cotisation patronale tombe également soit un cadeau de 2,5 à 4 milliards ( dixit Mélenchon ) le plus grave est la destruction du principe qui veut que chacun participe au bien commun selon ses moyens.


Il est vrai que le communautarisme est la police d'assurance de la classe dominante.


https://youtu.be/1K-lC1_1VVM

 

 

Retraites, communautarisme et classe dominante

Profitons-en pour aller faire une petit tour en Suède, un pays qui fait tout et n'importe quoi depuis quelques décennies.

 

D
IEU ME PARDONNE C'EST SON MÉTIER…

En Suède, le big bang de la réforme des retraites à points a un goût amer, vingt ans après

La revue Challenge que l’on ne peut pas considérer comme étant à la pointe du combat contre le Capital est obligé de constater les dégâts sur le niveau de vie des Suédois, les femmes en particulier, un système financièrement plus équilibré au profit de qui?  

La Suède est passée d’un système par répartition, où les retraites étaient indexées sur les quinze meilleures années d’activité, à un régime universel où chaque couronne cotisée ouvre les mêmes droits. 

Exactement la même approche que le gouvernement français, qui veut fusionner ses 42 régimes. Une entreprise titanesque vue de Stockholm, dont la mise en œuvre a pris presque dix ans alors que le pays ne comptait qu’un seul régime et qui a pris prétexte du choc de 1990. 

En fait c’est l’évolution de la social-démocratie quand il n’y a plus eu l’URSS pour justifier les sacrifices auxquels consentait le capital face à la tentation du communisme (note de Danielle Bleitrach).

REPORTAGE – Entérinée en 1994, la réforme des retraites suédoise qui inspire Emmanuel Macron voulait simplifier le système suédois et réaliser des économies. Résultat: beaucoup de perdants mais un système financièrement plus équilibré.

Manifestation contre l’inégalité hommes-femmes, à Stockholm, en 2016. A la retraite, les Suédoises gagnent en moyenne 600 euros de moins par mois que leurs homologues masculins. Et nombre d’entre elles auraient eu des revenus supérieurs avec ...

Manifestation contre l’inégalité hommes-femmes, à Stockholm, en 2016. A la retraite, les Suédoises gagnent en moyenne 600 euros de moins par mois que leurs homologues masculins. Et nombre d’entre elles auraient eu des revenus supérieurs avec l’ancien système.

A 84 ans, Bertil est un fan de pétanque, qu’il pratique de façon très pro, avec des amis retraités, dans un parc à deux pas du City Hall, l’imposant hôtel de ville tout en briques de Stockholm. Mais lorsque vous lui parlez de sa retraite, il voit rouge. « C’est un système bon à mettre à la poubelle », tacle cet ancien cadre dans l’industrie du parfum. D’après ses calculs, le nouveau système lui a fait perdre environ 700 euros par mois. « Heureusement, j’avais souscrit une épargne privée. Je ne m’attendais pas à ça… », lâche-t-il, en serrant son panama crème entre ses doigts épais. « Avec ma femme, nous avons revu notre train de vie. Fini, les vacances à l’autre bout du monde. Et nous avons dû revendre nos deux voitures. » A quelques mètres de là, Marita, une amie de Bertil, elle aussi retraitée, confirme le diagnostic. 

Pour toucher une retraite décente, elle a dû travailler jusqu’à 69 ans.

Mais vu les prix de la capitale suédoise, avec ses 1.950 euros nets, les fins de mois peuvent être difficiles.

Comme eux, nombre de Suédois n’ont toujours pas digéré leur grande réforme des retraites, ce système à points mis en place il y a vingt ans et dont s’inspire Emmanuel Macron. Et ce, même si personne ne conteste aujourd’hui l’impérieuse nécessité de refondre les règles de l’époque. La Suède est passée d’un système par répartition, où les retraites étaient indexées sur les quinze meilleures années d’activité, à un régime universel où chaque couronne cotisée ouvre les mêmes droits. Exactement la même approche que le gouvernement français, qui veut fusionner ses 42 régimes. Une entreprise titanesque vue de Stockholm, dont la mise en œuvre a pris presque dix ans alors que le pays ne comptait qu’un seul régime.

 

Réévaluations annuelles

A

Autre différence majeure avec la France: ce pays nordique a lancé son big bang à la fin des années 1990, au moment où il sortait à peine d’une violente crise financière. « La réforme s’est accompagnée d’économies budgétaires et les pensions ont donc été globalement revues à la baisse », pointe Alain Lefebvre, ancien conseiller social d’ambassadeurs français en Scandinavie. 

Pour assurer la stabilité financière du système, un mécanisme complexe d’indexation a été créé: les pensions sont réévaluées, chaque année, en fonction de l’espérance de vie et de l’évolution du salaire réel moyen par tête. En cas de réserves financières insuffisantes ou de baisse du nombre d’actifs, un équilibrage automatique se déclenche, pouvant réduire le niveau des pensions, comme en 2010, 2011 et 2014 

Chan, un lecteur du Grand Soir, explique ceci : Au fur et à mesure que le temps passe, on apprend (en fouillant un peu) des choses sur le futur proche (en cas de réforme) du sort des cotisations qui seront prélevées dans le cadre de la retraite "par capitalisation". En premier lieu, on devrait dire et répéter (gueuler même !), notamment, au cours des débats minables qui ont lieu ces dernières semaines, que le système prôné par la pseudo réforme est la mise en place pure et simple d’un : Fonds de pension, à l’américaine évidemment (vous l’aurez sans doute remarqué, à moins que nous ne vivions dans le même monde, la très grande majorité de nos problèmes viennent de là-bas depuis des décennies). Certains se souviendront peut-être qu’en 2007, suite à la faillite de grandes banques américaines, dont Lehman Brothers, qui avaient créé (artificiellement) une bulle immobilière aux USA, des retraités américains, qui avaient cotisé toute leur vie à des fonds de pension se sont retrouvés, du jour au lendemain, sans rien (plus un sou dans les caisses). Certains vivent aujourd’hui dans des mobilhomes dans la "pampa" amerlokienne. Songez qu’ici on peut même pas installer son mobilhome dans la pampa ! C’est la loi (du plus fort).


D’après ce qu’on en sait, la retraite par capitalisation à la française sera gérée par BLACKROCK (retenez bien ce nom), le plus gros fond de pension au Monde (27 000 milliards de dollars dit-on). Et ce fonds est évidemment américain (voir plus haut). Une fois la loi votée et le système mis en place (sans délai), BlackRock sera donc mandaté pour recouvrir, gérer, c'est-à-dire placer (à risque) en bourse ou investir dans des multinationales (qui par ailleurs nous ruinent), l’argent des cotisations. Il gérera sans doute également le contentieux, les impayés, les actions en justice et tutti quanti (quelques aménagements juridiques viendront en leur temps pour qu’ils puissent rapidement obtenir tous les moyens de coercition existants + quelques-uns que la loi se chargera de créer spécialement à leur demande). Pourquoi ne le dit-on pas aux français ? Pourquoi n’est-il quasiment pas prononcé dans les débats (CGT incluse), ce mot de fonds de pension ?


Parce que ça donnerait au bon peuple des franchoudingues qui n’aurait pas tout compris mais qui se souviendrait de la "crise" de 2007/2008 une brutale et bien angoissante vision des choses ?


C’est pourtant ce qui se passera, les transactions avec BlackRock sont déjà dans les cartons et ses dirigeants ont été accueillis (une journée entière) en grandes pompes à l’Elysée il y a peu. BLACKROCK, retenez le nom, c’est (peut-être) pour bientôt.


Bon ne soyons pas naïfs, en France ils adopteront, au moins au début un patronyme bien de chez nous. Ils savent faire ! Et quand Macron ne sera plus président, il se verra, à n’en pas douter, proposer un poste très élevé chez BlackRock, la plus grande entreprise de racket financier existante à ce jour, avec comme manne financière les cotisations sociales des travailleurs du monde entier. 

 

 

 

Encore une petite couche grâce à Philippe Arnaud qui me fait passer les lapsus du banquier éborgneur et de sa bande :

 

Après le lapsus de Macron avouant sa préférence "pour la retraite par capitalisation", voici le lapsus de Djebbari sur la CFDT. Il dit : "La CFDT est favorable à la création d'un régime plus inégalitaire...". Lien : https://twitter.com/SamGontier/…/1204852479655137280/photo/1

Jean-Baptiste Djebbari est Secrétaire d’État aux Transports.


Je vous rappelle aussi le lapsus, en juin dernier, de Muriel Pénicaud, sur la réforme de l'assurance-chômage : "C'est une réforme contre le chômage et pour la précarité".

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commentaires

jean-jacques clement 19/12/2019 09:43

un petit complément sur blackrock:https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/blackrock-l-institution-financiere-185781