Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 06:03

 

 

Le mot déclin est un déverbal de décliner, verbe apparu dans La Chanson de Roland en 1080.  Aujourd’hui, on ne compte plus les déclinantes et les antidéclinistes.

 

Décliner vient du latin et signifie incliner (clinare = pencher), ainsi que détourner. Par extension changer la forme, d’où les déclinaisons.

 

Au sens propre, mais surtout au sens figuré, le mot déclin fait peur. Le grand La Bruyère avait peut-être déjà envisagé les lèvres siliconées : ” Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices. Qu’elles croient servir à les rendre belles.” Et vlan ! Gide craignait les effets du déclin des peuples sur les individus : ”On ne peut demander à un peuple très prolifique d’avoir les mêmes égards pour la vie humaine et le même respect de l’individu qu’une race sur le déclin.”

 

Aujourd’hui, les valeurs sont dans un déclin que l’on peut associer à de la dégénérescence, de la décadence. Les médias regorgent de déclinologues qui dissertent sur le déclinisme des déclinistes. Les politiques n’aiment pas ces déclinologues. Ils leur opposent l’assurance de leur discours bardé de certitudes, ce qui renforce la diffusion du ressenti du déclin.

Les mots chéris des médias et des politiques (7)
Partager cet article
Repost0

commentaires

A
Depuis la fameuse phrase de Valéry " « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » Il nous est impossible de ne pas regarder la notre sous cet angle. <br /> Il faut ajouter que depuis que les scientifiques nous ont appris que même l'univers a eu un début et qu'il a une fin prévisible et même si la chose est programmée pour quelques milliards d'années on en vient à constater que tout est mortel et sans doute l'idée même de l'homme.<br /> Cependant à moins d'un événement brutal dont nous avons les moyens aujourd'hui ce serait une erreur de penser que cette trajectoire est visible à l'échelle humaine. <br /> On pense immanquablement au livre de Diamond " effondrements " et plus particulièrement à l'exemple de l'Ile de Pâques qui reste l'exemple le plus connu et le plus emblématique de ces disparitions. On ne peut s'empêcher d'y voir en réduction l' histoire prévisible de notre Île planétaire. Une conjonction entre une limite naturelle et un entêtement humain. <br /> Je ne pense pas cependant que même renseignés de ces exemples historiques il est dans les capacités humaines d'en tirer des leçons. <br /> Maintenant si ce qui précède peut avoir la forme du fatalisme, Il n'en est rien car cela ne contredit pas la nécessité de modifier le cours des vies et ici on rejoint le Sisyphe de Camus et de cette " lutte elle-même vers les sommets (qui ) suffit à remplir un cœur d'homme."<br /> Je pense également à ces détectives privés des films noirs US des années 50 qui tout en étant parfois cyniques relativement à la société et par conséquent sans illusion sur les conséquences sociales de la découverte du criminel ne sont pas moins obstinés dans cette recherche.<br /> Ne faisaient- ils pas tout autant ces paysans des Cévennes qui élevaient leurs murs de pierres sèches pour construire leurs terrasses cultivables ? Au bout du bout on sait ce qu'il adviendra mais maintenant et ici Il s'agit devant mon mètre de talus de poser les pierres qui vont le retenir.
Répondre
G
Magnifique. Vous devriez tenir mon blog...