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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 08:17

 

Suite à l'horrible assassinat de Philippe Monguillot, j'ai tenu à reprendre ici deux interventions de collègues Facebookiens : 

 

Je tiens à m'incliner devant la mémoire de Philippe Monguillot, assassiné à Bayonne parcequ'il faisait son travail. Sauvagement lynché, cet homme, cet époux, ce père n'est pas simplement la victime d'un tragique fait divers. Il y a selon moi, quelque chose de désespérément symbolique dans la mort de cet homme. "Les gens de peu" selon la formule de l'anthropologue Pierre Sansot, qu'ils soient gendarmes ou chauffeurs de bus meurent sur le front d'une guerre sociale qui ne dit pas son nom mais ils en côtoient la violence chaque jour. Au carrefour de la délinquance, du recul de l'esprit public et de l'État, de la disparition du civisme, de la civilité et du sentiment d'appartenance, le destin de Phillippe Monguillot a été broyé par une forme de faillite. Avec ce sentiment terrible d'une espèce d'abandon où le simple fait de demander que soit respectée la règle commune peut mettre votre vie en danger. J'adresse à son épouse, ses enfants ainsi qu'à toute sa famille, mes plus sincères condoléances.

 

Claude Nicollet

 

 
Rubrique : working class hero.
La deuxième mort de Philippe Montguillot.
Philippe Montguillot était traminot. Enfin, c’était comme ça qu’on disait quand il y avait une gauche dans ce pays et un vrai Parti communiste.
Il faisait bien son boulot et c’était sa fierté. Il a voulu faire respecter les règles parce que c’était son devoir.
Pour ça il a été massacré par ce lumpen à la violence duquel un pouvoir corrompu abandonne les quartiers et leurs habitants. En qualifiant un meurtre « d’incivilité ».
Salauds !
Ce lumpen dont la presse de l’oligarchie encense ceux qui l’incarnent.
La « gauche » d’aujourd’hui n’a pas bougé, pas un mot juste, pas une action digne, pas un hommage.
On est tellement triste, tellement amer.
Mais on va continuer, ne serait-ce qu’en sa mémoire.
 
Régis de Castelnaud

 

Pour Philippe Monguillot
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commentaires

A
" Au carrefour de la délinquance, du recul de l'esprit public et de l'État, de la disparition du civisme, de la civilité et du sentiment d'appartenance,"
Ce meurtre considéré pour lui-même, pour ce qu'il est, suffit à le rendre insupportable et tout contextualisation pourrait paraître déplacée.
Il n'empêche il ne se produit pas dans un espace hors du temps et chacun peut citer 100 exemples de l'apparent anodin à l' événement plus grave qui y conduisent.
On ne sait plus s'il est le produit de l'accroissement de la population ou de la culture individualiste où ce qui n'est pas soi compose, pour certains, uniquement le décors de leur vie.
Ainsi j'ai pu constater dans un immeuble collectif que l' eau de lavage d'un balcon était rejetée à l'extérieur sans que la personne responsable n'ait imaginé qu'il s'agissait d'eau usée et que cet extérieur était un espace public.
Ainsi un patron de restaurant d'une quarantaine d'années et au physique imposant, qui traverse la place pour se rendre sur son lieu de travail. Il est accompagné de son chien et comme celui-ci vient de se soulager et qu'il continue son chemin sans ramasser l'excrément, un homme âgé lui en a fait la remarque. Mal lui en a pris car le restaurateur en question l'a insulté et l'a menacé d'une correction en ajoutant que son âge ne l'en préservait pas.
Il est à craindre que le chemin à rebours de ces dérives ne soient définitivement impossible.
Quant à " la gauche qui n'a pas bougé " qu'en sait-on ? Peut-être des individus de ce côté là de la politique se sont-ils manifesté individuellement auprès de la famille ? Du moins je l'espère. Mais cette gauche dont on trouve toujours qu'elle en fait trop ou pas assez, elle propose d'autres modèles qui s'ils ne supprimeront pas les violences peuvent réduire leur nombre.
Faut-il comme d'autres venir sur les plateaux télé, y verser des grosses larmes et continuer à promouvoir la conflictualité économique et sociale ?
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