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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 05:05

 

 

 

Pour Marianne, la relative victoire des Verts aux Municipales ne signifie pas la victoire de l’écologie :

 

« Jamais EELV n’a remis en cause la société industrielle comme cause du changement climatique par exemple. A une question d’un auditeur qui lui reprochait de ne pas classer le nucléaire comme "écologique", M. Bayou s’est contenté de faire référence au renouvelable, sans vraiment démentir. Or, le nucléaire est marginal dans la consommation finale d’énergie dans le monde (2 %), dangereux et incontrolable. Il lègue des problèmes insolubles aux générations futures (déchets et démantèlement). Il est en déclin dans le mix énergétique mondial, ruineux. Par conséquent peu importe par quoi on le remplacera, il faut l’arrêter tout simplement. EELV nous fait miroiter des solutions techniques compatibles avec la société industrielle comme le renouvelable pour produire de l’électricité. Malheureusement il n’existe pas de moyen sûr, fiable et reproductible pour stocker l’électricité, et l’éolien sans vent, le solaire sans soleil ne fonctionnent pas, au-delà des problèmes écologiques générés par l’extraction des terres rares extrêmement polluante pour les produire. EELV se dit de plus en plus indépendant de la gauche et de la droite et certains l’affirment il est "libéro-compatible". Finalement, ne risquons nous pas d’assister à l’accompagnement d’une mue de la société industrielle qui va repeindre en vert ses pires pollutions, polluer moins pour polluer plus longtemps, grâce à EELV ? »

 

 

 

Sur le site Regards.fr, Clément Sénéchal  dénonce « l’addiction au capital financier des entreprises polluantes. La crise sanitaire a suspendu un certain nombre de dogmes néolibéraux, ce qui les a exhibé et a poussé les gens à s’interroger sur la manière dont l’économie fonctionne : à quoi servent les dividendes ? Qui est-ce qu’on enrichie dans l’économie actuelle ? Quelle utilité sociale ? L’État a bloqué le versement des dividendes pour certaines aides seulement – par circulaire en plus, pas par une loi –, ce qui montre que ça n’est pas impossible. Mais Bruno Le Maire s’est bien gardé de fixer une interdiction ferme. On a des dirigeants néolibéraux gênés aux entournures qui essayent de trouver un voie à moyen terme, mais on arrive sur une action publique défaillante. Vivendi, par exemple, a bénéficié du chômage partiel et a décidé en avril une augmentation de 20% des dividendes. Les entreprises profitent de la solidarité collective, dans un contexte de récession économique et continuent d’accroître l’enrichissement des actionnaires. Il y a quelques choses qui dysfonctionne. En plus de ça, le gouvernement vient d’accorder 20 milliards pour sauver les grandes entreprises sans contrepartie. Au moment où l’État est en position de force, il faut les soumettre à l’accord de Paris. Au lieu de ça, on a le spectacle affligeant de milliards d’euros d’argent public déversés dans les poches des plus grands pollueurs, alors que l’état d’urgence climatique – voté en septembre 2019 – n’est naturellement pas levé ! On est en train de solder une crise conjoncturelle en aggravant une crise structurelle. »

 

 

 

Sur le site anti-K, Frédéric Lordon dénonce : « Les fléaux de la finance néolibérale.

On ne mesure pas toujours en effet le caractère absolument névralgique de la finance dans la configuration institutionnelle d’ensemble du néolibéralisme, et ses propriétés d’intensification de tous les mécanismes de la coercition capitaliste. Elle est presque à elle seule – il y a la concurrence aussi – la source du double fléau néolibéral, celui qui détruit les salariés du privé sous la contrainte de la rentabilité, celui qui détruit les services publics sous la contrainte de l’austérité. Le premier est lié au pouvoir des actionnaires formé dans le marché des droits de propriété, le second au pouvoir des créanciers formé dans les marchés obligataires.

Contrairement à ce qu’on croit spontanément, le pouvoir des actionnaires n’est pas un pouvoir de bailleurs. À l’envers de ce qui est répété par tous les appareils de l’idéologie néolibérale, les actionnaires apportent finalement si peu d’argent aux entreprises que celles-ci ne dépendent que marginalement d’eux pour leur financement. Mais alors par où chemine la coercition actionnariale ? Par les voies souterraines des transactions sur le marché des actions où se joue le contrôle de la propriété. Donc par les voies de la soumission aux décrets de l’opinion financière.

Comme on le verra plus encore avec la disciplinarisation des politiques économiques par les marchés obligataires, les marchés de capitaux, en plus d’être les lieux de l’enrichissement spéculatif, sont de très puissantes instances de normalisation. Armés d’une idée de ce que doivent être les « bons » comportements économiques – une idée, faut-il le dire, formée au voisinage immédiat de leurs intérêts –, ils disposent des moyens de l’imposer aux agents, privés comme publics, c’est-à-dire de sanctionner les écarts. Dans le cas des marchés d’actions, la sanction en cas de dissentiment, passe par la vente des titres de l’entreprise considérée, d’où suit l’effondrement de son cours qui la rend vulnérable à une OPA hostile. À laquelle l’équipe dirigeante en place sait parfaitement qu’elle ne survivrait pas. Or elle veut survivre. Donc elle fera ce que l’opinion actionnariale lui demande – pour maintenir son cours le plus haut possible et décourager les assaillants. L’opinion actionnariale demande-t-elle une rentabilité des capitaux propres de 15 % ? On la lui donnera. Demande-t-elle, en conséquence, qu’on ferme les sites économiquement viables, profitables même, mais qui ne sortent que du 5 % ? On les lui fermera. »

 

 

 

 

 

Revue de presse (330)
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commentaires

A
"Les Verts" sont-ils vraiment écologiques ? Bonne question ! Depuis que M. Castex, à la suite de M. Macron, définit la Guyane en tant qu'île, on peut refaire ou rêver le monde autrement : pourquoi ne pas décréter que la Martinique ou la Guadeloupe, par exemple, sont des péninsules ? Quand on a un M. Macron comme Président de la République avec une femme professeur, tout, et j'insiste sur tout, n'est-il pas démontrable ?
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