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11 juillet 2020 6 11 /07 /juillet /2020 05:00

Je reprends ici un argumentaire de Benoit Guigue publié dans Le Grand Soir

 

A l’évidence, il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde : le taux de mortalité infantile y est quatre fois moins élevé et l’espérance de vie y est de 77 ans contre 68. En Inde, il vaut mieux vivre au Kérala : dirigé par les communistes depuis 1957, cet État est le plus développé de toute l’Union, et le seul où les femmes jouissent d’un taux de scolarisation proche de 100 %. Il vaut mieux résider à Cuba, pays socialiste, qu’à Haïti, ce protectorat étasunien : l’espérance de vie y est de 80 ans au lieu de 64, et elle a même dépassé celle des États-Unis. Il est vrai que le système de santé et le système éducatif cubains sont des modèles mondialement reconnus. Vainqueur de deux impérialismes, le Vietnam socialiste, lui aussi, connaît un développement spectaculaire fondé sur une économie mixte et un État fort.

 

Que dire des dix millions d’Amérindiens exterminés par la démocratie américaine, des dix millions de Congolais assassinés par le roi des Belges, des deux millions d’Algériens, d’Indochinois et de Malgaches abattus par la République française entre 1945 et 1962, des deux millions de Coréens, des trois millions de Vietnamiens et des quatre millions d’habitants d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Amérique latine éliminés à distance par la cybernétique militaire, exécutés par les dictatures ou massacrés par les terroristes dont Washington tire les ficelles ?

 

Manifestement, le nombre des victimes importe moins que leur position sur l’échiquier politique. En Indonésie, la répression militaire organisée par la CIA contre les communistes en 1965 a fait 700 000 morts. Mais cet événement ne figure dans aucun livre d’histoire occidental. Et encore de tels chiffres ne mentionnent-ils que les victimes directes des opérations militaires ou paramilitaires. Si l’on tient compte de l’effet mortifère des sanctions économiques imposées par les États-Unis, le bilan humain prend des dimensions incalculables, et les 500 000 enfants assassinés par l’embargo contre l’Irak (1991-2003) illustrent à eux seuls cette anthologie de l’horreur. Ces victimes immolées sur l’autel de la prétendue démocratie et des soi-disant droits de l’homme, il est vrai, sont de mesure nulle en regard de la mission civilisatrice de l’Occident.

 

Un peu d'anti anticommunisme pas si primaire que ça
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commentaires

A
Et dire que certains pensent que nous vivons dans un monde meilleur alors que, depuis que l'être humain s'est redressé, rien n'a changé et ne change : domination, pouvoir, extermination, hypocrisie et... l'apothéose ! bonne conscience pourvu que ce soient les mêmes qui en profitent !
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A
Les crimes du capitalisme ont ceci de particulier qu'ils ne sont pas une conséquence directe mais une conséquence différée. Ils ne sont pas non plus inscrits dans un projet comme celui du nazisme. <br /> Par conséquent il réfute toute responsabilité et beaucoup ne voient pas le lien entre une origine et un effet qui se manifeste en bout d'une longue chaîne de décisions mais dont la philosophie du profit est constante à chaque étape.<br /> Je prendrai pour exemple un livre que j'ai déjà cité : " contre histoire des États Unis " dans lequel on constate que, si le génocide amérindien n'a pas été théorisé et donc écrit comme d'autres idéologie, sa mise en œuvre a été une préoccupation constante des dirigeants US. Leurs directives orales étaient sans ambiguïté et appliquées ensuite scrupuleusement sur le terrain. Une part importante des 10 millions de morts en sont la preuve et la non reconstitution de cette population également. À ce sujet faut-il rappeler à titre de comparaison que des pandémies en Europe ont vu la moitié de la population décéder et qu'elle s'est largement reconstituer par la suite ?
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M
Pour avoir visité et un peu étudié le Tibet, j’ajoute à cet excellent article que la fuite du dalaï lama a permis de doubler le nombre de Tibétains (qui stagnait depuis des siècles), d’abolir les" dettes héréditaires", de généraliser l’instruction (seuls les nobles et les religieux allaient à l’école, soit 5% de la population) et de presque doubler l’espérance de vie. Le tout, je m’empresse de le préciser, dans le respect de la religion et de la culture tibétaine.<br /> Une anecdote : au temps ou les organisateurs du Village du Livre ne m’avaient pas déclaré personnage non grata, j’étais un habitué de la fête de l’Huma. Je me trouvai un jour buvant un coup à une table où un homme jeune, qui se présenta comme membre de la direction du Parti communiste cubain raconta ce qui suit : " Au cours d’une réunion au sommet, un délégué expliqua que le blocus des USA contre l’Irak avait provoqué la mort de 500 000 enfants irakiens. Fidel l’interrompit : "Ce n’est pas le blocus, c’est Saddam Hussein. Nous avons un blocus depuis plus longtemps et aucun enfant cubain n’est mort de faim".<br /> En fait, il fallait comprendre que c’est le blocus, sans l’antidote communiste.
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