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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 05:08
 
Je ne suis pas allé à Auschwitz mais j'ai constaté la même dérive à la maison d'Anne Frank que j'ai visitée deux fois.
La première, il y a environ 45 ans. Nous n'étions pas très nombreux mais tous recueillis et silencieux. Je me souviens que, complètement autosuggestionné, je m'étais imaginé tomber sur la famille lorsque j'avais pris le petit escalier qui menait à la cachette de la famille.
 
La seconde fois, il y a environ 25 ans. Les autorités avaient commis l'erreur de transformer la maison en musée, avec une quantité importante de photos d'Amsterdam pendant l'occupation et de photos de camps de concentration. Cela n'apportait strictement rien mais cela donnait l'occasion à des gosses texans mal dégrossis de nous casser les oreilles avec des "wao !", "look at that !". Ces jeunes cons, et leurs parents, ne comprenaient pas qu'on puisse leur demander de la fermer.
 
Je viens de taper "Maison d'Anne Frank" sur Google. En tête de gondole :
"Ticket coupe file Maison de Anne Frank - Virée-Malin".
 
Ignoble !
 
Anne Frank aurait 91 ans.
Aller à Auschwitz pour faire un selfie avec son chéri

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commentaires

AF30 08/08/2020 12:19

C'est pour cela qu'on peut se demander légitimement si tous les lieux historiques sont nécessaires à la mémoire collective.
Auschwitz, la ville, est le sommet de l'indécence. Des boutiques proposent des souvenirs ( je suppose made ni China ), des excursions y sont organisées, les resto. doivent, j'imagine, aussi pas mal marcher, enfin, comme d'habitude le commerce va bien donc tout va bien.
J'avais vu un reportage d'un journaliste israélien assez critique sur l'instrumentalisation de la Shoa. On y voyait des voyages organisés pour les lycéens israéliens sur ces lieux.
Evidemment les " dortoirs " n'étaient plus ce qu'ils étaient enp leur temps puisqu'ils sont propres et débarrassés de tout ce que la vie humaine dégradée et la promiscuité peut produire, les fours crématoires n'étaient pas plus signifiants que l'ancien four du boulanger. En quelque sorte le mal dans son horreur avait été aseptisé.
D'ailleurs une lycéenne au sortir d'un de ces lieux culpabilisait de n'être pas plus émue qu'elle pensait devoir l'être. Elle avait les yeux secs. On constate dans cet exemple la double manipulation, celle de l'instrumentalisation politique et celle d'une réalité matérielle qui ne conserve que le décors.
Sur ce malheur, dont on peine à lui trouver un adjectif, les livres sont immensément plus instructifs car si on dit souvent que le malheur est indicible certains auteurs parviennent à s' en approcher. Approcher seulement puisque nous ne mesurerons jamais totalement la souffrance de ces pauvres victimes.
Maintenant étant donné qu'il n'est pas moralement imaginable une seconde de supprimer ces lieux Il ne nous reste plus qu'à constater cette situation.

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