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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 05:07

 

 

L’Humanité a publié une tribune de Pauline Londeix et Jérôme Martin, membres fondateurs de l’Observatoire de la Transparence dans les Politiques du Médicament dont j’extrais ceci :

 

Nous savons tous – responsables politiques, médias, citoyens – que l’austérité est en train de détruire l’hôpital et notre système de santé publique. Depuis vingt ans, des dizaines de milliers de lits hospitaliers ont été supprimés, l’activité à l’hôpital augmente, notamment aux urgences, mais le recrutement des personnels ne suit pas. La hausse des suicides, la médiatisation de patients attendant dans les couloirs sur des brancards pendant des heures, les grèves et les manifestations sont autant de preuves des menaces croissantes contre l’hôpital. Pourtant, l’action politique ne change pas.

 

Même si le gouvernement actuel n’est pas le seul responsable, Emmanuel Macron a, depuis 2017, accéléré la destruction de l’hôpital. La première vague du Covid-19 qui aurait dû être une alerte supplémentaire ne semble pas avoir servi de leçon pour le gouvernement actuel. Bien que l’économie de notre pays puisse être paralysée par les conséquences du manque de moyens mis dans les hôpitaux et les urgences, le gouvernement continue de faire le choix des coupes et des mesures austéritaires.  Malgré les alertes des personnels soignants depuis des années, et en particulier lors d’une mobilisation sans précédent l’année dernière, le gouvernement avait déjà, il y a un an, assumé des coupes gigantesques avec cynisme et aplomb à l’occasion du Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2020. Pourtant les soignants avaient prévenu : « En cas d’épidémie, nous ne pourrions pas faire face ». Ils évoquaient alors l’hypothèse d’une forte menace grippale. Ce ne fut pas la grippe.

 

Nous refusons de voir notre système de santé publique mis à mort sous nos yeux. La première étape nous semble être de sortir de la sidération et de poser les mots : nous savons tous que, si nous ne réagissons pas maintenant pour sauver l’hôpital et la santé publique, il sera trop tard dans quelques mois. C’est pourquoi, il doit être mis immédiatement un terme aux politiques d’austérité visant l’hôpital public. Si notre hôpital public s’écroule, c’est notre pays entier qui s’écroulera, et nous ne pouvons accepter de voir ce bien commun si précieux et si essentiel pour notre société mis à mort par des années de dogmatisme austéritaire au service des profits de quelques uns et des mois de crise sanitaire d’incurie, d’incompétence et de cynisme.

 

 

 

Anti-K publie un entretien avec l’économiste Alain Mauduit sur l’État contaminé par le marché : « Les prédateurs sont tous les fonds d’investissements, groupes du CAC40, les financiers, le monde de la finance.»

 

« Les hommes et les femmes politiques sont des co-prédateurs. Le coeur du capitalisme s’est modifié avec les privatisations. Il y a des complicités au sein de l’Etat. Des hauts-fonctionnaires, y compris de gauche, qui s-ont surfé sur les vagues de privatisations et ont organisé eux-mêmes les privatisations. »

 

« On est dans un système poreux. La singularité de cette opération de prédation, ça a été la prise du pouvoir par les hauts fonctionnaires. »

 

« On est dans un capitalisme qui ne connait plus de limite. Ils ont mis la main sur des biens autrefois qui échappaient à la sphère marchande. Ils ont aussi la main sur une partie de l’Etat, il y a une sorte de privatisation de l’intérieur de l’Etat. »

 

« Le fonctionnement de l’Etat est révélateur du mouvement général de privatisation et de marchandisation : ce sont les règles privées qui commandent. »

 

« L’Etat est en train d’être dissout de l’intérieur. »

 

« Il y a une privatisation lente, progressive, rampante, y compris de l’Etat. »

« La gauche a deux bilans à faire : sa conversion au néolibéralisme. Lionel Jospin ne veut pas admettre qu’il a le plus privatisé et les chiffres sont là. Et il y a eu une corruption d’une partie des hauts fonctionnaires de gauche qui ont fait le lit de ce capitalisme. Et il y a quelque chose de plus insidieux et de plus important encore c’est que la gauche a vécu sur cette idée, avant qu’elle ne change de doctrine, qu’il y avait d’un côté l’Etat et de l’autre le marché. Et que l’Etat était plus vertueux que le marché. Et ma conviction c’est que non. C’est une fausse alternative. C’est au coeur du débat sur les communs. Est-ce qu’il faut s’en remettre à l’Etat ? Non, je pense qu’il faut s’en remettre aux citoyens. »

Revue de Presse (322)
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commentaires

A
" le gouvernement avait déjà, il y a un an, assumé des coupes gigantesques ..." Depuis quelques années L' assomption est présentée, aujourd'hui, comme un marque de courage. Par exemple l'ex-premier ministre Philippe, aux premiers temps de son ministère, revient de Nouvelle Calédonien à bord d'un jet affrété spécialement pour son retour alors qu'il aurait pu attendre peu et prendre un avion de ligne. Le coût supplémentaire, il dit " je l'assume ". J'y vois, pour ma part, une façon policée pour dire : " je fais selon mon caprice et Je vous emmerde ". Ainsi ces coupes gigantesques, elles nous emmerdent et complémentairement ils nous emmerdent.<br /> Second sujet : " ... Le coeur du capitalisme s’est modifié avec les privatisations. Il y a des complicités au sein de l’Etat. .." Le mot complicité suggère qu'ils ne tiennent pas le couteau. Il me semble pourtant que ce sont eux les criminels car ils éditent les lois qui permettent les situations que nous connaissons. Après ce n'est plus que des problèmes de logistique.
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