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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 06:26

Repris du blog de Liliane Held-Khawam

 

Il est indispensable de comprendre la technologie blockchain pour comprendre comment à l’heure actuelle, là tout de suite, nos Etats sont en train de muter, de se digitaliser, de faire disparaître le tiers de confiance et d’imposer la technologie qui le permet.

 

A l’heure actuelle, l’ancien monde avec un Etat doté d’une souveraineté, relative soit, semble exister. La réalité est qu’ils sont en train de s’atomiser autour de plateformes digitales. Certains sont plus avancés que d’autres, mais tous sont en chemin pour une gouvernance mondiale digitalisée.

 

Nous avons abondamment parlé de cette technologie blockchain qui est apparue au lendemain de la crise des subprimes avec l’arrivée surprise du Bitcoin. Pour rappel, e principe est que dès qu’un membre de la plateforme envoie un Bitcoin, le système va garder l’enregistrement de ce paiement en mémoire. Les transactions sont ensuite groupés en blocs, d’où le nom de blockchain ou chaîne de blocs.

 

 

 

Numérisation mondiale et atomisation des États

C’est grâce à cette technologie que par exemple les banquiers centraux imposeront les cryptomonnaies. Mais cela ne devrait pas s’arrêter à la monnaie, et devrait aller au-delà dans le but de digitaliser tout ce qui peut l’être, mais aussi de le décentraliser. Le grand break du COVID devrait arriver à liquider le fonctionnement du monde tel que nous l’avons connu et le remplacer par un squelette technologie à la mode blockchain.

 

 

L’évènement majeur devrait être que le monde après-Covid sera toujours plus digitalisé et grâce à la blockchain n’aura plus besoin du tiers de confiance (Etat, banque, notaire, juge, etc.). Pour y arriver, la blockchain devrait aller plus loin que l’hébergement d’une cryptomonnaie du genre Bitcoin. Elle devra traiter de contrats intelligents (smart contracts) comme vous l’indique dans la vidéo ci-dessous M blockchain de IBM.

 

 

On peut commencer à envisager l’atomisation des Etats grâce à cette technologie. Un véritable “ great reset ” (grand redémarrage), qu’il s’agirait d’appréhender le plus vite possible. Les conséquences vont être existentielles. Une commission française aurait estimé en 2018 à dix voire vingt ans pour que la technologie arrive à maturité. De notre côté nous avons le sentiment que tout serait en place d’ici 2030, si aucun impondérable ne devait venir faire dérailler le système.

Pour la première fois, un acte de naissance a été enregistré sur la blockchain.

 

 

C’est cette fois au Brésil que cela se passe avec pour la fois dans l’histoire, l’enregistrement d’un acte de naissance sur la blockchain. La déclaration de ce nouveau-né de Rio de Janeiro s’est faite à l’aide la Blockchain Platform d’IBM. Álvaro de Medeiros Mendonça est venu au monde en juillet dernier mais l’information n’a été révélée que très récemment. Si cette nouvelle est autant scrutée par les observateurs, c’est qu’elle appelle de nombreuses autres applications, comme le souligne Dan Gisolfi, responsable de la technologie chez Trusted Identity IBM :

 

Le certificat de naissance est un document d’identité fondamental qui permet d’établir une confiance pour les autres documents d’identité tels que le permis de conduire. Cette démonstration signifie la mise en place d’une piste de vérification immuable qui conduit à une attestation du gouvernement sur l’identité et la réputation d’une personne. Tout comme dans le domaine des cartes physiques, la publication d’un enregistrement numérique des naissances est un tremplin pour amorcer un marché de titres de compétences numériques plus vaste.

 

Le cadre d’IBM insiste donc sur cette dimension administrative que pourrait revêtir la blockchain. On peut aisément imaginer l’énorme marché que cela représente. Il précise également que cela permet un gain de temps non négligeable pour les administrations et les particuliers quant au traitement des enregistrements. Un certificat de naissance peut être obtenu en seulement 15 minutes. Le hic est que cette technologie repose totalement sur la confiance. »

 

 

En Suisse, l’administration publique avance à la vitesse V, et ce depuis de nombreuses années. Seul le public n’en est pas vraiment conscient. D’ailleurs, on ne lui a pas demandé son avis.

 

 

La blockchain en France

 

 

Numérisation mondiale et atomisation des États

 

De l’état civil au cadastre en passant par les marchés publics et les diplômes, un rapport parlementaire publié mi-décembre invite la France à se saisir du potentiel de simplification de la blockchain. Un domaine dans lequel il ne serait pas trop tard pour que la France affirme son leadership.

 

Si la blockchain est surtout connue du grand public pour sa sulfureuse crypto-monnaie, le Bitcoin, la technologie recèle un potentiel d’usage que la France aurait tort de négliger. Avec à la clef un secteur prometteur et de substantielles économies, notamment dans le secteur public. C’est en substance le message qu’ont voulu délivrer Laure de La Raudière, députée de l’Eure-et-Loir, et Jean-Michel Mis, député de la Loire, dans un rapport remis mi-décembre.

 

L’ubérisation des tiers de confiance

 

Selon la définition établie par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, la blockchain désigne

« des technologies de stockage et de transmission d’informations, permettant la constitution de registres répliqués et distribués, sans organe central de contrôle, sécurisées grâce à la cryptographie, et structurées par des blocs liés les uns aux autres, à intervalles de temps réguliers ».

 

Elle est souvent comparée à une sorte de gigantesque livre de compte décentralisé où l’ensemble des écritures seraient rendues inaltérables et infalsifiables, comme gravée dans le marbre. Une technologie dont le potentiel disruptif serait immense car la blockchain remet potentiellement en cause les tiers de confiance intervenants dans des transactions ou des contrats, telles que les banques, les notaires, les assureurs ou encore… les administrations publiques.

 

La Suisse et l’Estonie en avance

 

En Suisse, le canton de Genève utilise ainsi la blockchain depuis 2017 pour assurer la certification automatique des données contenues dans le registre du commerce. Un service qui devrait être prochainement étendu à d’autres documents officiels comme les actes de naissance et de décès.

 

La technologie utilisée (protocole Ethereum) permettrait d’assurer ce service pour un coût annuel dérisoire, estimé à 17 euros. Le canton imagine également créer un registre foncier permettant, à terme, aux parties contractantes de se passer des services d’un notaire.

 

La Suisse n’est pas la seule à souhaiter « ubériser » son administration par la blockchain.

 

L’Estonie est ainsi le premier pays au monde à s’être doté d’une infrastructure blockchain nationale, baptisée KSI, utilisée pour garantir l’intégrité des données personnelles stockées dans ses 170 bases de données administratives. Au Ghana, pays où près de 90 % des terres rurales ne sont pas enregistrées sur des bases de données officielles, une ONG a mis en place un cadastre utilisant ce procédé. En France, les usages administratifs restent surtout à l’état de réflexion malgré de nombreuses start-up positionnées sur ce secteur prometteur. Le Sgar Bretagne réfléchit ainsi à son utilisation pour garantir la traçabilité des aides publiques. Lorient agglomération recourt pour sa part à un registre virtuel pour certifier l’envoi des convocations aux assemblées.

 

Se doter d’une stratégie nationale

 

Le vote électronique, les réseaux électriques intelligents (smart grid), les marchés publics… la liste des services potentiellement impactés par cette technologie est loin d’être close. Aussi, considérant l’apport possible de la technologie pour les services publics et les administrations « en termes de coût, d’efficacité des ressources allouées et de simplification des démarches de l’usager », la mission invite l’État à se saisir « pleinement » du sujet en confiant à la Dinsic la mission d’établir une stratégie nationale. Une stratégie qui pourrait notamment éclairer sur le potentiel de la blockchain pour délivrer plus rapidement des titres administratifs (carte grise, dossier médical partagé, carte Vitale, K Bis, numéro Sirene, etc.), pour archiver en confiance des diplômes universitaires ou encore pour favoriser la participation citoyenne (organisation de consultations locales dématérialisées et sécurisées).

 

 

Pour vous divertir, je vous propose ces deux anagrammes d'un ami fessebouquien :

 

 

 

Numérisation mondiale et atomisation des États
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commentaires

R
Enfin un article qui aborde l'après COVID d'une manière réaliste.<br /> <br /> J'ai lu le livre de Schwab (Covid 19 : La grande réinitialiation). En le lisant de manière superficielle on pourait croire lire un livre de l'abbé Pierre ou de Mélenchon,<br /> mais différents mots reviennent régulièrement : Blockchains, résilience, biotechnologies, tiers de confiance... et votre article nous éclaire sur les objectifs du confinement et de la distanciation sociale.<br /> <br /> En réalité il n'y a pas de complot mondial mais simplement un projet capitaliste qui exploite le Covid pour nous réduire en esclave de la technologie et accroitre le pouvoir de l'oligarchie. Le pire c'est que, à la sortie du Covid, tout va se réaliser dans une euphorie et une béatitude générale. George Orwell était un petit joueur !<br /> <br /> Un conseil : si vous voulez lire ce livre subliminal il faut d'abord lire "la quatrième révolution industrielle" du même auteur.
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A
Cet article donne une image positive de cette pratique. Tout le monde y gagnerait parce que le citoyen serait enfin ( ! ) débarrassé de toute cette administration qui donne tant de cauchemars à Agnès Verdier Moligné. <br /> Concernant le bitcoin un passage de Capital ( pas celui de Marx ) le décrit ainsi :<br /> "Ce qui frappe lorsqu’on entend parler du bitcoin, c’est la folle progression de son cours en 2017 : +1.318% ! Forcément, ça donne envie de bazarder son livret A et de PRENDRE L'AUTOROUTE DE LA SPÉCULATION dans l’espoir de devenir Crésus en une poignée de semaines. Mais, au-delà de son aspect spéculatif, à quoi sert réellement cette nouvelle monnaie ? C’est souvent là que les choses se corsent… Le bitcoin est une monnaie virtuelle dont l’unique fonction est de réaliser des paiements en ligne, sans intermédiaire. Ni plus, ni moins. Son incroyable croissance a tendance à faire oublier cet aspect fondamental.<br /> Le bitcoin n’a aucune existence physique et NE DÉPEND D'AUCUNE BANQUE CENTRALE. On ne peut pas l’éteindre : son système est basé sur un réseau, la “blockchain”, alimenté par une dizaine de milliers d’ordinateurs à travers la planète. Il faut la voir comme un livre de compte géant et RÉPUTÉ INVIOLABLE, dans lequel est répertorié l’historique de toutes les transactions. On connaît peu de choses du créateur du bitcoin, le très mystérieux Satoshi Nakamoto. Son existence se résume à quelques traces sur Internet. Il n’existe pas de photos de lui et il est fort probable que son nom soit un pseudonyme. "<br /> Les majuscules sont de moi car effectivement, sous les apparences d'indépendance individuelle, il s'agit pour les défenseurs de ce système de s'exonérer des règles communes, de celles des états. Mais le pire se trouve dans ses transactions pécuniaires d'individu a individu car tout échange ( travail ou produit ) ne sera pas de facto imposable et donc les recettes de l'Etat seront d'autant réduites avec les conséquences délétères qu'on devine sur les biens communs.<br /> Ces bitcoins sont finalement une version sophistiquée du travail au noir. <br /> On imagine également les possibilités que ça ouvre pour l'argent des délinquances. <br /> À remarquer enfin qu'il s'agit, il me semble, d'un des éléments d'un mouvement général qui vise inscrire dans le marbre la mondialisation. Cette période avec ces crises monétaires, sanitaires est la preuve de la validité de la théorie de la " stratégie du choc " et donne définitivement raison à Naomie Klein.
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