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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 06:09

 

Á propos d’Hélène de Portes, maîtresse officielle du président du Conseil Paul Reynaud et qui avait très nettement outrepassé ses droits en devenant une présidente-bis, De Gaulle aurait dit, alors que cette personnalité venait d’être décapitée dans un accident de voiture : « C’était une dinde, comme toutes les femmes qui font de la politique. » Churchill l’appelait le perroquet car elle répétait à tout le monde ce qu’elle entendait, y compris aux Conseils des ministres auxquels elle participait, coupant la parole à certains, rabrouant d’autres.

 

Tout cela pour dire que, pendant longtemps, en France, comme presque partout ailleurs, les femmes qui ont essayé de sortir la tête hors de l’eau ont fait face à de farouches oppositions, à des sarcasmes, à de la haine. C’est peut-être Françoise Giroud – dont  le fond de commerce n’était pas dans la misandrie – qui a peut-être le mieux résumé le problème de l’inégalité femmes-hommes en déclarant dans une interview de 1983 : « La femme serait vraiment l’égale de l’homme jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » On peut dire que le banquier éborgneur a vérifié ce postulat…

 

Je commence aujourd’hui une nouvelle série sur des femmes qui ont détenu du pouvoir. Je vous épargnerai les classiques bien connues : Margaret Thatcher, Catherine de Médicis, Élisabeth de Russie, Indira Ghandi, Golad Meir, Hillary Clinton, Angela Merkel, pour m’intéresser à des personnalités plus confidentielles mais souvent très fascinantes.

 

Je commencerai par une reine qu’un de mes arrière-grands-pères, petit paysan picard, a côtoyée car il fut quelques jours – en qualité de conscrit – son geôlier à Alger où elle avait été exilée : Ranavalona III.

 

Née le 22 novembre 1861, elle mourut le 23 mai 1917 et fut la dernière reine de Madagascar, succédant à Ranavalona I et Ranavalona II (qui fit de Madagascar un pays officiellement chrétien). Toute sa vie de reine, elle résista aux visées colonialistes de la France dans son pays. Par exemple, en renforçant les relations avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Elle ne put empêcher la prise du palais royal en 1895. C’en fut fini de l’autonomie de ce royaume centenaire.

 

Dans un premier temps, Ranavalona est autorisée à rester dans son palais. Mais, suite à un mouvement insurrectionnel, les Français l'exilent sur l’île de La Réunion en 1897. Après la mort de son mari, Ranavalona est transférée dans une villa à Alger avec une partie de sa famille et de ses domestiques. Une allocation confortable lui est allouée. Quelques escapades à Paris lui sont autorisées. Mais le gouvernement français refusera qu’elle retourne dans son pays.

 

La reine meurt d’une embolie à l’âge de 55 ans en 1917. Ses restes seront rapatriés à Madagascar en 1938.

 

L’île accèdera à l’indépendance en 1960. Elle est aujourd’hui dirigée par un président autocratique et technocratique.

Femmes au pouvoir (1)
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commentaires

C
Ravanalona ? Intéressante (et charmante) personne. Son "palais" vaut la visite, qui comprend 4 pièces et un balcon. <br /> Sur la femme en politique, cette croquignolette déconvenue annoncée ce matin pour la Mairie de Paris nous alertera sur un possible effacement de la suprématie mâle : le dépassement du quota de recrutement féminin lui vaut une amende de 90000 euros. Trop de femmes dans la haute fonction publique, c'est parce que les hommes sont tous allés faire du pognon ?
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