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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 05:33

 

 

Dans Res Publica, Évariste évoque la politique culturelle de la Commune : « Une politique culturelle dynamique est promue. Dans l’esprit des Communards, les théâtres doivent être considérés comme de grands établissements d’instruction. Ils doivent appartenir à des fédérations d’artistes. Le peintre Gustave Courbet est élu président de la Fédération des artistes de Paris. Dès le 25 mars, par une note insérée à l’Officiel, le comité central signalait au public qu’il avait fait occuper tant le Louvre que les Tuileries « dans le but de mettre à l’abri et de faire respecter des chefs-d’œuvre et les objets précieux qui le contiennent ». Le même numéro de l’officiel annonce que les Tuileries, fermées depuis le 4 septembre par le gouvernement, seront ouvertes au public ainsi que les musées. Mais c’est seulement le 15 avril que le Louvre fut effectivement rouvert aux artistes et aux gens du peuple. Deux jours après, tous les jardins, parcs et autres lieux publics de promenade fermés jusque-là pour cause de dureté militaire furent aussi mis à la disposition de tous.

 

L’Académie des sciences continua de se réunir à partir du 17 avril. Des savants comme Chevreuil et Milnes-Edward purent s’y livrer en toute quiétude à des controverses du plus haut intérêt. Stanislas Meunier y donna lecture de son intéressant mémoire sur le métamorphisme des météorites. Molié plaça le Muséum d’histoire naturelle « sous la sauvegarde des citoyens ». Il fit appel au public pour « prêter aide aux gardiens » et au besoin agir afin de « garantir les intérêts généraux » de l’établissement.

 

 

 

Dans le site CADTM, Éric Toussaint évoque le climat financier qui entoura l’insurrection communarde : 

 

« Nous mangeons de l’inconnu », écrivait Victor Hugo des repas parisiens de l’hiver 1870, « peut-être du rat ! » ; et c’est un peu ce qui s’est passé avec les finances de l’Etat à cette époque : car en 1870-1871, les finances françaises sont au plus mal. Après 7 mois de guerre (et de défaites) face à la Prusse et un second Empire au porte-monnaie plutôt léger qui a doublé sa dette, le déficit public atteint 1,5 milliards de francs de l’époque : autant qu’une année de PIB.

 

En outre, après l’avoir battue militairement, Bismarck tente d’acculer la France financièrement avec l’indemnité de guerre de 5 milliards de francs-or.

 

Pour Eric Toussaint comme pour Marx et Engels à l’époque le rôle de la Banque de France a été décisif : alors que son gouverneur est réfugié à Versailles avec son premier actionnaire Alphonse de Rotschild, elle a continué de largement financer le gouvernement tout en donnant « au compte-goutte » ce que les Communards réclamaient pour leurs 300 000 gardes nationaux : un peu plus de 7 millions de francs contre 315 millions pour les « Versaillais ».

 

 

 

Dans son blog, Michael Roberts va plus loin dans cette analyse : « Mais l’échec de la prise de contrôle de la Banque est le talon d’Achille des progrès de la Commune. Et le conseil de la Banque le savait. Ils étaient terrifiés à l’idée qu’il y aurait une «occupation de la Banque par le Comité central, qui peut y installer un gouvernement de son choix, faire produire des billets sans mesure ni limite et entraîner ainsi la ruine de l’établissement et du pays. »

 

Si la Banque avait été prise en charge, Versailles aurait été privé de fonds pour vaincre la Commune car elle détenait un portefeuille de montants étendus à 899 millions de francs, de 120 millions de francs en titres. déposés en garantie des avances et 900 millions de francs de titres en dépôt. 

 

Quelque 45 ans plus tard, après une autre révolution déclenchée par la guerre et la défaite de la classe dirigeante, Lénine a rappelé cette leçon de la défaite de la Commune de Paris: «Les banques, on le sait, sont les centres de la vie économique moderne, les principaux centres névralgiques de tout le système économique capitaliste. Parler de «régulation de la vie économique» et pourtant éluder la question de la nationalisation des banques, c’est soit trahir l’ignorance la plus profonde, soit tromper les «gens du commun» par des paroles fleuries et des promesses grandiloquentes avec l’intention délibérée de ne pas tenir ces promesses. »

 

Revue de Presse (647)
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