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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 05:00

Il y a quelque temps, une des chaînes du service public a traité d’un problème familial qui m’avait totalement échappé à ce jour. Vous êtes un homme, vous rencontrez une femme qui vous plait. Elle n’est pas, en apparence, insensible à vos charmes. Vous avez une relation. Elle vous quitte, enceinte sans que vous le sachiez. Des années plus tard, elle se manifeste : par voie de justice, vous êtes obligé de reconnaître un enfant que vous ne connaissez pas et de payer une pension avec les arriérés.

 

Autant on peut concevoir qu’une jeune femme qui ne parvient pas à s’en sortir seule avec un enfant recherche le soutien matériel du géniteur, autant, on a pu être sidéré par une décision de justice accordant des sommes exorbitantes à un adulte de 22 ans, ce qui obligea le géniteur (qui n’avait jamais rencontré cet homme majeur) à vendre sa maison pour pouvoir s’acquitter de la dette, et ce qui le plongea dans une profonde et durable dépression.

 

La justice et le législateur ont raison de poser comme principe que tout enfant a le droit de connaître ses origines. Aujourd’hui, avec l’ADN, c’est aisé. Mais c’est peu dire que l’on assiste à un retour du bâton. Autant ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps des filles-mères furent gravement victimes d’une société qui les méprisait et ne leur était que de peu de secours, autant le système punit de manière aberrante et violente des hommes la plupart du temps piégés.

 

Une fois que le géniteur a été contraint de payer, que se passe-t-il ? Rien. On ne construit pas une relation humaine d’importance avec de l’argent (« Money can’t buy me love », chantaient les Beatles), surtout quand il n’est pas dans l’intention du récipiendaire de cet argent d’offrir quoi que ce soit en retour.

 

Après les pères divorcés au sommet de grues, les pères sperme.

T'es mon père bio, aboule le fric !
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commentaires

AF30 04/08/2021 10:59

Je crois être hors sujet mais je vais m'appuyer de façon un peu forcée sur cet article pour signaler une autre relation parentale qui ne manque pas d'intérêt. Il y a bien un milieu où, en majorité, l'enfant n'aura pas à réclamer ce genre d'indemnisation, c'est bien celui du cinéma. En majorité parce qu'il y a bien eu le cas Montant et 1 ou 2 autres exemples.
Il y a là une machine à reproduction sociale qui tourne sans heurt et efficacement. J'y pensais en regardant le film "Tout de suite et maintenant" de Pascal Bonitzer dans lequel le rôle principal est tenu par sa fille Agathe Bonitzer et dont la présence n'a pas apparemment plus de justification que celle de tant d'autres.
Outre qu'une fois de plus sous couvert de montrer la perversité d'un milieu social aisé et celle des entreprises dominantes on assiste finalement et comme toujours à la promotion de leurs valeurs. La preuve étant dans l'exposition de leur cadre de vie clean et lisse. La preuve étant dans leur relation feutrée. Quand ils s'attablent à une table d'un restaurant super chic, il ne se nourrissent pas - ils ne plantent pas immédiatement leur fourchette dans le plat qu'on vient de leur servir - ils dégustent à peine, ils béquettent. De purs esprits. Il est vrai qu'ils sont en dehors de nos contingences vulgaires.
Sur ce sujet du mépris et de la reproduction sociale ce très très bon article ( évidemment je dis très très bon parce que je suis d'accord avec l'auteur) : https://www.frustrationmagazine.fr/cinema-bourgeois/