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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 05:29

 

 

EPIDÉMIOLOGIE DU SARS-COV-2 DANS UNE POPULATION VACCINÉE ET IMPLICATIONS POUR LE CONTRÔLE D’UN REBOND AUTOMNAL

 

Dernière mise à jour le 6 septembre 2021

 

En juin 2021, nous avions étudié comment la vaccination partielle de la population française pourrait changer l’épidémiologie du SARS-CoV-2 et avions exploré les implications pour le contrôle d’un possible rebond épidémique durant l’automne 2021. Nous présentons une mise à jour de ce travail prenant notamment en compte les changements suivants :

  1. La couverture vaccinale a atteint des niveaux supérieurs aux hypothèses faites en juin ;
  2. Les dynamiques observées cet été ont confirmé la très haute transmissibilité du variant Delta ;
  3. De nouvelles données suggèrent que, même si les vaccins restent très efficaces contre les formes sévères, la protection vaccinale contre l’infection diminue pour le variant Delta.
  4. Le variant Delta donne lieu à des formes plus sévères.
     

Dans notre nouveau scénario de référence, nous faisons l’hypothèse que le nombre de reproduction de base R0 est égal à 5 (contre R0=4 dans l’analyse de juin), que le risque d’hospitalisation augmente de 50% pour les personnes infectées par le variant Delta et que la vaccination diminue le risque d’infection de 60% pour le variant Delta (contre 80% dans l’analyse de juin). Par ailleurs, nous faisons l’hypothèse d’une couverture vaccinale de 70% chez les 12-17 ans, 80% chez les 18-59 ans et 90% chez les plus de 60 ans (contre 30%-70%-90% dans l’analyse de juin). Nous continuons à faire l’hypothèse que la vaccination réduit le risque d’hospitalisation de 95% et le risque de transmission si une personne vaccinée est infectée de 50%.
 

Les principaux résultats de l’étude sont que :

  • Les adultes non-vaccinés contribuent de façon importante à la pression sur l’hôpital. Dans notre scénario de référence, les personnes non-vaccinées de plus de 60 ans représentent 3% de la population mais 43% des hospitalisations. Il est essentiel que la couverture vaccinale chez les plus fragiles soit aussi haute que possible.
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  • Les personnes non-vaccinées contribuent de façon disproportionnée à la transmission. Des mesures de contrôle ciblant cette population pourraient maximiser le contrôle de l’épidémie tout en minimisant l’impact sociétal par rapport à des mesures non ciblées.
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  • Avec le variant Delta, les personnes vaccinées sont moins bien protégées contre l’infection, même si la protection reste très élevée contre les formes graves. Par ailleurs, plus la population est vaccinée, plus la proportion de vaccinés parmi les cas augmente. Dans notre scénario de référence, on s’attend à ce qu’à peu près la moitié des infections aient lieu chez des personnes vaccinées (alors que ce groupe représente plus de 70% de la population). Il est donc important que les personnes vaccinées continuent à respecter les gestes barrières et porter un masque pour se protéger de l’infection et éviter de contaminer leurs proches.
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  • Nous nous attendons à ce qu’un tiers des infections ait lieu chez les enfants et adolescents (contre près de la moitié dans nos estimations de juin). Ceci tient à la part relative plus importante des infections chez les adultes du fait de la baisse de l’efficacité vaccinale contre l’infection avec le variant delta, et à la proportion plus élevée d’adolescents qui se sont vaccinés comparativement aux hypothèses de la simulation de juin.
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  • Etant donné les caractéristiques du variant Delta, l’arrêt de toutes mesures de contrôle pourrait conduire à un stress important sur le système de santé. Il est donc important que les efforts actuels pour limiter la transmission soient maintenus. Grâce à la vaccination, l’intensité des mesures nécessaires pour que les hospitalisations restent à des niveaux gérables devrait être moindre que ce qu’il fallait avant la campagne de vaccination. Alors que les confinements en 2020 ont réduit les taux de transmission de 70-80%, des réductions de 20-30% pourraient maintenant suffire pour fortement réduire l’impact sur le système de santé. Ces réductions pourraient potentiellement être obtenues en appliquant les gestes barrières, le port du masque, un certain degré de distanciation physique, le Tester-Tracer-Isoler et le pass sanitaire. Par ailleurs, l’augmentation de la couverture vaccinale peut également réduire l’impact sanitaire du SARS-CoV-2. Il faut rester vigilant face à toute dégradation de la situation.

 

Pour en savoir plus :

  • Analyse de Septembre: Paolo Bosetti, Cécile Tran Kiem, Alessio Andronico, Vittoria Colizza, Yazdan Yazdanpanah, Arnaud Fontanet, Daniel Benamouzig, Simon Cauchemez Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations: a modeling study applied to FranceHAL Pasteur (Septembre 2021) https://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/pasteur-03272638v2 ou en cliquant ici
  •  
  • Analyse de Juin: Paolo Bosetti, Cécile Tran Kiem, Alessio Andronico, Vittoria Colizza, Yazdan Yazdanpanah, Arnaud Fontanet, Daniel Benamouzig, Simon Cauchemez Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations: a modeling study applied to FranceHAL Pasteur (Juin 2021) https://hal-pasteur.archives-ouvertes.fr/pasteur-03272638v1 ou en cliquant ici
COVID : une analyse importante de l'Institut Pasteur
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commentaires

C
Sous l'égide d'un très sérieux et très scientifique Institut, ce papier impressionne. Mais voilà qu'il y est question de "scénarios", autrement dit d'hypothèses, et non de faits établis scientifiquement. Il s'agit tout-à-fait du recyclage évoqué par Guy (16/09/2021 07:20).

Ils pédalent dans la semoule chez Pasteur, sont emberlificotés dans leurs partenariats / concurrence (si Sanofi avait travaillé la chose et réussi à vendre des millions de vaccins, aurait-il été traité autrement qu'un vulgaire Naval Group ?), et participent à la tension ambiante là où on leur dit de faire.

Bien d'accord avec Maxime Vivas (16/09/2021 15:30), j'espère au moins que cette "étude" n'est pas passée dans the Lancet !
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A
J'ose à peine émettre un avis sur un document établi par l'Institut Pasteur tant est immense la différence entre le savoir des rédacteurs et le mien.
Cependant il y a cette phrase : " Ces réductions pourraient potentiellement être obtenues en appliquant les gestes barrières, le port du masque, un certain degré de distanciation physique, le Tester-Tracer-Isoler et le pass sanitaire. "
il apparaît que si la vaccination reste une nécessité, la prévention l'est de même. Cependant et hormis le pass sanitaire qui reste un sujet aux implications qu'on connaît, on peut regretter que dans ce domaine de la prévention on ne cite pas la généralisation des purificateurs d'air ou dit autrement un plan national pour leurs installations dans tous les lieux publics jusqu'aux transports en commun.
On peut regretter également que ce rapport n'appuie pas fortement sur les moyens à mettre en œuvre pour le traitement de la maladie et sur la mise en place d'une procédure de suivie en cas de détection de la maladie.
Enfin, mais peut-être n'est-ce pas le sujet de cette déclaration, l'Institut aurait pu rappeler au passage la nécessité vitale pour notre pays d'avoir une recherche nationale à la hauteur de ses moyens et des nécessités.
Il se trouve que, par coïncidence. j'ai lu ces derniers mois des livres dans lesquels il est question de pandémies. Coïncidence car le choix de ces livres ne portait pas sur ce sujet. Ainsi Pandemia de Franck Tuilliez parce que j'avais déjà lu cet auteur et parce que c'est un roman policier. Le Grand livre de Connie Willis parce que c'est un roman d'anticipation. Le Fléau de Stéphan King parce que j'avais lu un commentaire engageant. Enfin Homo Domesticus de James C. Scott parce que c'est un essai sur l'Histoire des premiers États. Au passage ce dernier est particulièrement intéressant sur la remise en cause d'un grand nombre d'a priori.
Dans ce dernier ouvrage ( 2017 donc rédigé avant la Covid ) l'auteur compare la situation précédente la création des villes et celle des villes elles-mêmes; il écrit : " ces regroupements forcés présentent en effet plusieurs désavantages, et en particulier la propagation des maladies chez les humains, certaines issues des animaux, d'autres ou les mêmes se communiquant bien plus facilement entre humains rassemblés en nombre que vivant en petits groupes nomades et dispersés. "
J'en ai déduit à travers tous ces ouvrages que nous avions ( j'avais ) oublié que l' humanité a été souvent confrontée aux pandémies, qu'elles font parti si on peut dire de sa nature sociale, que ce danger a toujours été permanent et que compte tenu de la proximité généralisée de la population mondiale ces pandémies seront plus fréquentes.
Par conséquent cette Covid 19 n'est qu'un coup de semonce et les états doivent prendre les dispositions pour les prévenir ( zoonoses entre autres ) et pour se donner les moyens de soins à la hauteur des nécessités prévisibles.
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G
A mon humble avis , n'étant même plus capable de produire un vaccin digne de ce nom ( Cuba l'a fait ! ) , cet institut ferait mieux de se recycler dans l'élaboration de scénarios pour films d'anticipation !
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M
J'ai l'idée que l'Institut Pasteur parle sur commande de l'Etat (chantage aux crédits?). C'est extraordinaire d'entendre son patron dire (il y a qq semaines) : "On arrive bientôt avec notre vaccin, mais faites-vous tous vacciner avant. On se le mettra derrière l'oreille". Il y a aussi tous les silences notés par AF30. Enfin nulle part on ne milite pour faire tomber d'un coup les réticences de millions de Français (dont moi) en autorisant les vaccins les plus utilisés au monde, les russes et chinois.