Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 06:00

Pour les admirateurs des Beatles, la sortie du film Get Back est un événement particulièrement marquant. Voir ces personnalités, ces créateurs extraordinaires, concevoir deux ou trois dizaines de chansons qui ont l’air de sortir de nulle part si ce n’est de notes jetées sur des bouts de papier, avant d’en jouer une sélection sur le toit du bâtiment d’Apple avec l’intensité de quatre personnages déjà entrés dans la légende qui savent qu’ils ne se produiront plus jamais ensemble a quelque chose de bouleversant, d’empoignant.

 

Devant nous, ils créent “ I’ve Got a Feling ”, “ Get back ”, “ Let it Be ”, “ The Long and Winding Road ”, “ Golden Slumbers ”, “ Jealous Guy ”, “ Something ” “ Oh Darling ”, des œuvres qu’on chantera encore dans cent ans.

 

J’avais vu la première version de ce document d’environ deux heures il y a 50 ans. Outre que cette reprise plus élaborée (le film est un peu long – plus de sept heures dont on aurait pu aisément retrancher un cinquième, vu les redites) nous renseigne davantage sur le processus de création de chacun des quatre Beatles (un des passages touchants montre George aider Ringo à se dépatouiller d’“ Octopus’s Garden ” que le batteur est en train de crée au piano, un instrument dont, selon ses dires, il connaît trois accords), il ne cache rien des tensions d’un groupe qui ne s’est pas encore disloqué mais où chacun mène sa barque et a ses propres projets de vie et musicaux.

 

Il est clair que Paul domine le groupe d’autant plus aisément que John et Ringo se laissent complètement dominer et que George attend une heure qui ne viendra que quand le groupe n’existera plus. Paul est en fait la figure déterminante depuis Sgt Pepper. Mais John et Paul, en tant que compositeurs, s’entendent depuis plusieurs années pour donner le moins de place possible à George qui a accumulé sous le coude des dizaines de chansons dont on s’apercevra, dans les années qui vont suivre, qu’elles sont – pour beaucoup – de petits chefs-d’œuvre.

 

Mais, pour l’instant, il ronge son frein. Il y a ce passage qui, déjà, nous avait fait sursauter il y a cinquante ans où le compositeur de “ Something ” (la plus belle chanson d’amour jamais écrite selon Frank Sinatra) dit à son très vieux camarade (Paul et George se fréquentaient avant de connaitre John) : « Je joue ce que tu veux, si tu veux que je joue ceci, je le joue, si tu veux que je joue cela, je le joue aussi ; je peux même ne rien jouer du tout ». Notre cœur saigne pour le créateur de “ My Sweet Lord ” et “ Isn’t It a Pity ? (écoutez la version de Nina Simone juste pour le plaisir) ”. Mais les réalisateurs de la première comme celle de la seconde version nous ont privé de ce que Paul a ajouté à George :

 

– Excuse-moi George mais je traine depuis plusieurs semaines une chtouille (“an itching disease ”). Je suis un peu énervé et préoccupé.

 

Imaginez la réaction des trois autres. « Lave-toi », dit George, « oui, lave-toi », enchérit John. « Mais je me lave tous les jours », dit Paul, « et ça ne part pas ».

 

Ouf ! On a retrouvé ici nos quatre gosses (lorsque Paul regarde un documentaire consacré aux Beatles, il les appelle « those kids ») ébouriffés et complices.

 

Alors, je pose une question de béotien : est-ce que, s’il avait acheté le bon médicament à 3 shilling 50, Paul aurait pu sauver le groupe ? Après tout, la fistule anale de Louis XIV gouverna le pays pendant des années…

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

A
Suis-je le jouet d'hallucinations ? Mme Pompili conseillerait de "rouvrir" les mines et le gouvernement "n'écarte pas cette idée" ! Peut-être, après tout, que le Président et les ministres seront les premiers à descendre pour extraire le minerai. Vous connaissez bien ce problème de la mine, Bernard Gensane, et la "noblesse" de ceux qui y travaillaient et qui furent durement touchés par les fermetures.N'y a-t-il pas de quoi pleurer d'incompréhension ?
Répondre
A
"Si la fistule anale de Louis XIV gouverna le pays pendant des années", elle ne l'empêcha pas non plus de se hisser (sur des talons invraisemblables) pour se grandir (comme BHL) ! Mais est-ce qu'elle le poussa à composer et surtout à chanter et à avoir ce talent unique pour nous émouvoir et nous faire souvenir des moments, heureux ou moins heureux mais inoubliables pour chacun, de nos modestes vies :

Suddenly
I'm not half the man I used to be
There's a shadow hanging over me
Oh, yesterday came suddenly

(pour les nuls en anglais dont je suis) : Soudainement / Je ne suis pas la moitié de l'homme que j'étais / Il y a une ombre suspendue au-dessus de moi / Oh hier est venu soudainement...

Oui c'était yesterday et il est si extraordinaire de pouvoir le fredonner pour mieux se rappeler !
Répondre