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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 06:03

Contrairement au Larousse, le Robert a toujours été très à l'écoute des changements dans la langue. Et il a toujours été beaucoup plus réactif. Mais dans le cas de l'écriture inclusive, il fait preuve de la pire des démagogies. On n'espère qu'il ne s'arrêtera pas à “ iel ”, qu'il ne laissera pas au bord du chemin les démonstratifs, les possessifs, le cas de “ on ” (on est bien), il (“ il pleut ”). Il lui faudra aussi déconseiller l'horrible féminin de “ la queue ” dans le sens de la verge et le non mois horrible “ con ” dans le sens du sexe féminin. Quitte à être ridicule, autant l'être avec cohérence.

 

Le pronom « iel » – toute personne absente des réseaux sociaux n’en aura probablement jamais entendu parler  –  fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert. Une nouvelle victoire pour cette « écriture inclusive » qui ronge à petit feu la langue française.

 

Une nouvelle définition est apparue dans le dictionnaire : « iel ». Définition : « Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre ». C’est désormais acté : les divagations « inclusives » font leur entrée dans le dictionnaire. En l’occurrence, il s’agit du site du Robert, l’un des principaux dictionnaires en usage et véritable référence en matière de vocabulaire et d’évolution de la langue. Voilà donc que l’écriture inclusive est confortée dans son usage et que sa forme la plus délirante est inscrite noire sur blanc.

 

Cette nouvelle façon d’écrire ne cesse de progresser, à petits pas. Théoriquement marginale – d’après ses défenseurs –, elle est couramment utilisée par les administrations de certaines universités (Toulouse, Lille…), de certaines municipalité (PS et EELV essentiellement), par des partis politiques (EELV, LFI), des syndicats (CGT), mais aussi des médias (Libération ou Mediapart l’autorisent, notamment dans leurs tribunes). Le gouvernement l’a quant à lui banni en partie de sa communication depuis qu’Édouard Philippe a tranché la question en février 2019.

 

Pour autant, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances (sic), dirigé en son temps par Marlène Schiappa, en avait abondement vanté les mérites. On trouve encore sur son site l’utilisation du point médian (par exemple : « tou·te·s ») sur d’anciens articles non corrigés, ainsi que la promotion d’outils controversés, comme par exemple la promotion du site écriture-inclusive.fr ou du Manuel d’écriture inclusive. Un ouvrage qui est promu par la direction de l’université de Toulouse III.

 

63 % des sondés désapprouvent l’écriture inclusive

 

Difficile de le nier : l’introduction du pronom « iel » dans le dictionnaire s’inscrit dans une démarche militante visant à faire évoluer lentement ce langage dont pourtant les Français ne veulent pas. Ils étaient 63% à en désapprouver le principe, dans un sondage IFOP/Express du 2 mars 2021. Une part importante (42%) n’en avait même pas entendu parler, preuve en est qu’il ne s’agit là que d’un gadget élitiste, militant et hors-sol. Au-delà de la féminisation des noms, sont désormais plébiscités l’accord de genre, la règle de proximité, l’utilisation systématique du masculin et du féminin. Mais surtout, d’autres règles (tout aussi irritantes) sont mises en avant comme l’utilisation du point médian, véritable vecteur de discriminations pour les mal voyants et dyslexiques – un paradoxe désolant qui prouve que ceux qui l’utilisent n’ont cure de la prétendue inclusion. Et enfin, la création de pronoms dits « inclusifs », censés refléter la vaste diversité des genres auxquels on peut désormais s’identifier.

 

Au fond, le Robert ne fait que participer à cette dynamique d’américanisation et d’asservissement des usages qui a désormais les faveurs de la gauche « woke » (Jadot – Mélenchon – Hidalgo – Poutou – Kazib) qui ne remportera sans doute pas la guerre politique. Mais elle pourra se consoler avec ce genre de victoires dérisoires qu’elle fera ensuite subir à l’ensemble des Français.

 

 

Source

Le Robert devient inclusif
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commentaires

B
J'en reste au bon vieux Robert de 1970 que mon beau-père avait offert à Maly. Déjà un demi-siècle !
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A
Vous avez bien fait de mettre la source car c'est toujours intéressant de lire les commentaires mème si certains sont parfois personnellement contrariants.<br /> De plus certains sont marrants. <br /> Exemple :<br /> jean bado<br /> il y a un jour<br /> Et d'abord, pourquoi "Le petit Robert", et pas " La petite Roberte". Je pose la question...<br /> CLAUDE CADORET<br /> il y a 21 heures<br /> Moi, j'ai deux gros Robert et j'en suis fier !<br /> <br /> Car devant un tel sujet on se demande : " Faut-il pleurer, faut-il en rire ?"
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M
@AF30<br /> Un inclusif aurait écrit : " Faut-iel pleurer, faut-iel en rire ?", formule que je désapprouve néanmoins car le féminin est derrière le masculin.