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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 06:00

Il a fallu que je passe des dizaines de fois devant cet immeuble avant de remarquer la plaque ci-dessous, apposée en 2016 dans la rue où je réside.

Jean Lacroix

Cette soudaine vision m’a rajeuni d’une petit quarantaine d’années, quand Le Monde était un journal de références et qu’il publiait des chroniqueurs de haute volée. Je crois me souvenir que c’est à un rythme mensuel que Jean Lacroix offrait un long article au quotidien de la rue des Italiens.

 

Jean Lacroix est né dans la bourgeoisie catholique lyonnaise le 23 décembre 1900 dans le sixième arrondissement de Lyon (le quartier chic et bourgeois) et est décédé le 27 juin 1986 à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or. Il étudie le droit et les lettres dans les facultés catholiques de Lyon, puis la philosophie à Grenoble (avec Jacques Chevalier, qui sera ministre de Pétain) et à la Sorbonne où il est l’élève de Léon Brunschwicg, d’origine juive mais déjudaïsé, grande figure de l’idéalisme peu sensible aux réalités sociales, que Paul Nizan taillera en pièces dans Les Chiens de garde : « On voit mal les raisons que Monsieur Brunschwicg aurait eues de pencher vers des idées dangereuses. »

 

Chevalier consacre son mémoire d’études supérieures en 1920 à la conception chrétienne de l’autorité, puis réussit une licence en droit et l’agrégation de philosophie en 1927. Dès lors, il entreprend une carrière de professeur de philosophie dans la région lyonnaise puis au prestigieux lycée du Parc à Lyon où il occupe la chaire de première supérieure jusqu’en 1968. On note qu’en 1922 il publie un petit ouvrage sur la nécessité d’un ministère de l’éducation nationale, ce qui, apparemment, n’allait pas de soi.

 

En 1932, il accompagne Emmanuel Mounier – qui aura une attitude quelque peu ambigüe pendant la Deuxième Guerre mondiale – dans la fondation de la revue Esprit. De 1945 à 1980, il sera le chroniqueur philosophique du Monde, à l’invitation d’Hubert-Beuve-Méry.

 

Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages (j’ai lu son Que-sais-je ? sur Kant et l’un de ses ouvrages sur Spinoza), et de centaines d’articles.

 

So absence d’hostilité pour ce qu’il appelait « l’homme marxiste », son autorité morale, son prestige, lui permirent de faire évoluer l’église catholique vers la gauche. Légèrement.

Jean Lacroix
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commentaires

A
Les plaques commémoratives sur les façades d'immeubles. <br /> C'est vrai parfois on lève les yeux et on tombe par hasard sur un nom connu et un fait qui se rattache à ce nom. Le souvenir d'un homme dont nous avons croisé les écrits et qui nous a accompagné quelque temps.<br /> À Paris ( on dirait le début de la chanson avec la voix d'Yves Montand. C'est insupportable ! ). Lorsqu'on remonte le rue Mouffetard, qui relève de l'exotisme parisien pour ceux qui n'en sont pas, on croise la place de la Contrescarpe rappelée à l'actualité par les faits d'arme de notre ami Benalla et évoquée avec ses clochards par Brel qui en a fait une de ses chansons, on arrive rue Descartes. <br /> Et c'est comme ça que levant le regard au-dessus de l'entrée du n° 39 de cette rue on découvre qu'ici est mort le 8 janvier 1896, à 51 ans, Paul Verlaine. Alors on pense à lui...et à Rimbaud.<br /> https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/sur-les-traces-de-verlaine-a-paris_36027190.html
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A
"...lui permirent de faire évoluer l’église catholique vers la gauche. Légèrement. " Très, très légèrement, quand même et surtout à Lyon, si on se reporte à la Deuxième Guerre mondiale et comme vous le soulignez à Emmanuel Mounier...<br /> <br /> Le "personnalisme" reste discutable dans la mesure où ce courant d'idées , dans les années 1930, a attiré nombre d'intellectuels qui se sont quelque peu fourvoyés par la suite... pour laisser une place aux négationnistes dont un certain Faurisson ? <br /> <br /> Quel est l'humoriste avait dit début des années 1960 : "plus personne n'était pour Pétain, on se demande comment lui et Vichy ont pu gouverner pendant 5 ans la France ?"
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A
Dans la même veine, un acteur italien disait avec humour en exagérant évidemment qu'en Italie à la fin de la guerre il y avait 80 millions d'habitants puisqu'avant tous les italiens étaient fascistes et après tous étaient résistants
A
... humoriste qui avait dit....