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14 janvier 2022 5 14 /01 /janvier /2022 06:06

En furetant dans une brocante improbable du Tarn-et-Garonne, j’ai découvert quelques numéros de l’hebdomadaire La Baïonnette. Cet hebdomadaire satirique (moins que Le Canard Enchaîné) fut publié de 1915 à 1920. Les numéros que j’ai feuilletés dataient tous de 1917. Le prix était de 15 centimes pour 16 pages. Le magazine changea d'éditeur le 8 juillet 1915.

 

Vendu d'abord 20 centimes, le prix passe ensuite à 25 centimes. La maquette, la férocité de certains dessins, ainsi que le choix des dessinateurs, rappelaient, selon Wikipedia,  L' Assiette au Beurre, comparaison peu pertinente à mes yeux dans la mesure où le magazine fondé par Samuel Schwarz était nettement plus transgressif que la conformiste Baïonnette, nourrie du discours dominant avec tous ses poncifs. L' Assiette au Beurre pouvait publier ce type de charge, ce qui n'était pas le cas de La Baïonnette :

 

 

La Baïonnette

Parmi les collaborateurs de La Baïonnette, on relève Poulbot, le créateur du célèbre titi parisien.

 

La Baïonnette fut fondé par l’illustrateur et homme de théâtre toulousain Henri Maigrot, dit « Henriot », père du très prolifique critique littéraire Émile Henriot.

 

En 1899, Maigrot dirige Le Charivari, organe satirique républicain hostile à la monarchie de Juillet, avec comme collaborateurs Nadar, Daumier, Doré. Proche des milieux musicaux, il écrit des textes pour Jules Massenet ou Paul Delmet. Et puis il est l’auteur du questionnement historique “ Comment vas-tu yau de poêle ? ” paru dans l’Almanach Vermot.

 

Nous sommes en 1917. La guerre bat son plein. L’armée allemande n’est pas vaincu mais elle doute. Dans le pays, on se requinque, d’où cette surprenante publicité pour une cure d’embonpoint :

 

La Baïonnette

La Baïonnette va jouer sur ce doute en soutenant le moral des combattants et des Français en général et en se permettant de critiquer les profiteurs de la guerre, les bourgeois repus qui s’empiffrent dans des restaurants de choix pendant que les polius connaissent l’enfer des tranchées. L'hebdo est à l'écoute de Moscou où l'ordre réactionnaire tsariste vacille.

 

Bref, en 1917, La Baïonnette ne fait pas semblant de croire que nous sommes sortis d'affaire et elle souffle le chaud et le froid.

La Baïonnette
La Baïonnette
La Baïonnette
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