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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 06:00

Comme un enfant de cinq ans qui donne des grands coups de pied dans une porte qui ne veut pas s’ouvrir, le banquier ne supporte pas l’obstacle, la contradiction.

 

L’extrême violence de la police à ses ordres – qui a utilisé des armes de guerre contre des manifestants Gilets-jaunes, ne l'oublions jamais – ne fut (n’est, ne sera ?) que la traduction de son désarroi face à une expression collective hostile qu’il n’avait pas envisagée.

 

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder » est la dernière des petites phrases assassines sorties de la bouche d’un individu en perpétuelle recherche d’équilibre, et que certains vont jusqu’à qualifier de psychopathe. Mais il s’agit de psychologues étrangers qui ne risquent rien.

 

Alors, récapitulons ce florilège indigne tout en violence, en mépris pour ceux qui s’opposent, mais aussi pour ses soutiens lorsqu’ils ne sont pas assez empressés.

 

En juin 2017, à Mayotte, une île lointaine peuplée de gens sans aucune sensibilité, peut-on penser, il compare les migrants comoriens à des animaux : « « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent ».

 

Toujours en juin 2017, tombe de sa bouche, à la surprise générale, la tristement célèbre (et meurtrière si on y réfléchit bien) métaphore de la gare « un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien ».

 

En août 2017, il s’en prend – à l’étranger – à la France dans sa globalité en pensant accéder aux « rêves de Français » qu’il croit connaitre, lui le petit-bourgeois du quartier chic d’Henriville à Amiens : « La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Transformer le pays en profondeur pour retrouver le destin qui est le sien, ça, c’est un combat qui fait rêver les Français ».

 

En septembre 2017, il s’en prend aux « fainéants » qui, on le sait depuis le XIXe siècle, sont responsables du chômage car ils ne veulent pas travailler : « Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ».

 

En octobre 1917, il s’en prend à des syndicalistes CGTistes qui accompagnent des salariés licenciés (pour lui, un adhérent de ce syndicat doit être un alien extrêmement malfaisant) : « Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas ».

 

En juin 2018, dans une vidéo, il déplore qu’on mette « un pognon de dingue dans les minima sociaux » et que « les gens pauvres restent pauvres »« On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir. » Ah, si l’on pouvait gouverner par des « trucs », comme au Café du Commerce…

 

Lors de l’affaire Benalla – qui s’éternise sûrement parce que la Justice veut la décortiquer à la perfection – le banquier éborgneur attaque ceux qui doutent devant ses propres godillots LREM : « On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s’y soustraire lorsque le temps est difficile. S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher. Et ce responsable, il répond au peuple français, au peuple souverain ».

 

Deux mois plus tard, dans les jardins de l’Élysée, chez lui donc, il suggère à un chômeur horticulteur de rechercher un emploi dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration. Et il a le front d’ajouter qu’en traversant la rue il va lui trouver du travail.

 

Á la même époque, il critique, à l’étranger, les Français « Gaulois réfractaires au changement ».

 

Je l’ai dit et redit, mais quand je pense à la distinction naturelle avec laquelle sa grand-mère s’exprimait, mes bras ballent. Sacré retour du refoulé chez cet enfant choyé…

 

La violence verbale d’un enfant d'Henriville devenu banquier éborgneur et emmerdeur
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commentaires

A
Ce président est un sujet inépuisable et la preuve en est tout ce qui s'écrit sur lui. Tout qui s'écrit sur lui en négatif et contre lequel les arguments favorables paraissent bien misérables.<br /> Par exemple à propos de sa dernière sortie :<br /> " Ça c'est la stratégie de Trump : flood the place, the zone with shit !!! Ça veut dire on va recouvrir la zone de merde" et ce qu'a fait littéralement le chef de l'Etat. Je dirais que la forme révèle le fond. On est dans la provocation. On est dans le trumpisme." <br /> Philippe Moreau Chevalet.<br /> Il est le contre-exemple de ce qu'on nous a asséné pendant des années et encore aujourd'hui : l'argument de la jeunesse qui serait par essence une qualité. Je ne pense pas cependant que cette expérience malheureuse modifiera cette avis.<br /> Il est également la preuve que la culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié car il a retenu bien peu de choses. Il lui reste une superficialité qui est un vernis sans consistance. Ainsi certains ont fait remarquer à juste titre sa tirade sur les devoirs et les droits. C'est d'une bêtise son nom et qui est souvent reprise dans des discussions : " si on a des droits on a aussi des devoirs " . Cette assertion est dégainée souvent lorsqu'on aborde les sujets du chômage ou à propos des lois sociales et par un retournement des responsabilités on en vient à accuser le chômeur du chômage et le pauvre de la pauvreté puisque l'un et l'autre ne font pas l'effort et donc oublient leur devoir, celui de s'extraire de leur situation. Non que nous n'ayons pas des devoirs. Envers nos enfants par exemple ou dans d'autres cas mais cela relève d'une éthique personnelle et non d'un cadre institutionnel. Il va non seulement jusqu'à citer ce mot mais à le placer avant les droits. C'est aussi une réthorique qui relève d'une idéologie de droite et qui est convoquée dans les périodes historiques les plus sombres. <br /> Enfin et à mon avis c'est l'argument le plus fort : il aurait pu, s'il lui restait une once de capacité d'analyse, se demander pour quelle raison il existe les droits de l'homme et non les devoirs de l'homme. Un concept qui n'est pas franco-français mais international et transculturel. Il aurait compris que ce droit n'est pas infini car il trouve ses limites dans celui de l'autre. À contrario les devoirs lorsqu'ils sont décrétés sont inévitablement liés au bon vouloir d'un autre ou d'un pouvoir.<br /> D'autres ont dit qu'il a les caprices d'un enfant-roi. On imagine ce que cela aurait donné à d'autres époques et sous d'autres régimes. Le mal est grand déjà mais ce pouvoir reste tout de même heureusement borné par des institutions qui ont en même temps des défauts - la preuve ! - qu'il est urgent de les corriger.
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A
Une bêtise son nom !!!<br /> J’aurais tout aussi bien écrire cent noms ou encore sang nom afin d’éviter sans nom
B
Même si ça en devient lassant, merci de ce rappel salutaire, dont je ne suis pas sûr qu'il soit exhaustif ... poil au tif !
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