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17 mars 2022 4 17 /03 /mars /2022 06:01

 

Par Évariste

Lier l’utopie socialiste au développement de la démocratie reste un objectif non atteint pour de nombreux militants qui s’interrogent sur l’échec des révolutions du XXe siècle et le passage à des régimes autoritaires et dictatoriaux des pays, généralement peu développés, où elles ont eu lieu.


Ainsi la relecture minutieuse des écrits de Marx, Engels, Jaurès, Rosa Luxembourg, Antonio Gramsci, Georges Orwell (et tant d’autres dont, plus près de nous, Bruno Trentin et Alain Supiot) est-elle un outil pour refonder une utopie créatrice basée sur une théorie robuste et ouverte sur l’avenir.

Ces relectures nous ont entraînés à penser le projet de République sociale et donc de sa pierre angulaire – que Condorcet appelait la sphère de constitution des libertés -, à savoir aujourd’hui l’école, la sécurité sociale et les services publics. Cette sphère de constitution des libertés devait être protégée des influences conservatrices et réactionnaires par un principe d’organisation sociale et politique : la laïcité.

C’est dans cet esprit que Roland Gori, Frédéric Pierru et Bernard Teper ont produit le texte « Pourquoi il faut (re)créer d’urgence les services publics pour (ré)inventer la démocratie » et fait appel à contributions.

Rosa Luxembourg rappelait dans un de ses textes célèbres de 1915 intitulé « Socialisme ou barbarie » une phrase d’Engels : « La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage au socialisme ou rechute dans la barbarie. » Nous sommes une fois de plus dans ce dilemme. Et le titre du dossier était tout trouvé…

L’actualité sociale de l’initiative du 29 janvier de la Convergence des psychologues en lutte nous a contraints de sortir en priorité trois articles écrits par des psychologues dès le début janvier ((Voir « Le métier de psychologue : un rempart de la démocratie en temps de néolibéralisme » par Marie Bakchine ;  « Mépris du gouvernement envers les psychologues. Les signataires Collectif Pop racontent » ; « Pourquoi la casse du métier de psychologue clinicien est un enjeu démocratique » par Roland Gori.)). Mais nous publions dans cette rubrique « Services publics ou barbarie », à partir de ce n° 997 du 24 janvier 2022 et dans les numéros suivants, tous les textes sur les autres métiers des services publics (justice, police, culture, administration de l’Etat, sécurité sociale, santé, école, recherche, université, etc.) reçus suite à l’appel à contributions. (1)

Alors que la pandémie de la Covid 19 continue encore et toujours, mettant à rude épreuve les services pour le peuple, en particulier à  l’hôpital, la campagne électorale présidentielle dans l’espace médiatique ignore superbement  le débat contradictoire sur le sujet du « commun ».

Hélas, nous  approchons progressivement  du niveau zéro en matière de confrontation politique dans notre pays. Dans ce climat délétère, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour reformuler l’avenir de ces services publics. ReSPUBLICA apporte donc sa modeste contribution en tirant un constat, et en indiquant peut-être des pistes pour sortir de la nasse.

Il va de soi que les lecteurs de Respublica  peuvent participer à cette « aventure » et contribuer à cette perspective de refondation des services publics en y participant, soit en nous écrivant (evariste@gaucherepublicaine.org) soit en organisant des réunions publiques sur les sujets liés à l’appel à contributions cité ci-dessus.

Source

Notes de bas de page

Notes de bas de page
1 On retrouvera parmi les contributeurs plusieurs signataires de l’Appel des appels – Remettre l’humain au cœur de la société, collectif de professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture qui s’est fait connaître en 2008. 
 
Services publics ou barbarie
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commentaires

A
Il y'a pas mal d'années en lisant Spartacus d'Arthur Koestler j'avais compris que toute contestation d'un système ne peut se départir totalement de ce système lui-même. Sans doute ce n'était pas, enfin je suppose, le but de l'auteur mais en tout cas j'y ai vu cette difficulté, celle de traverser le mur de son époque. On constate ainsi que les rapports au sein des révolutionnaires qui d'ailleurs ne se considéraient pas comme tels, ne faisaient que reproduire les travers de la logique qu'ils contestaient. On peut même supposer que si Spartacus étaient sorti victorieux de ce combat, lui et les siens auraient reproduit globalement une société peu différente de celle de Rome.<br /> On peut observer ce mécanisme tout le long de l'Histoire. <br /> Par exemple on peut déduire que la contestation protestante des coutumes et des usages sociaux de la religion catholique ne pouvait s'exprimer à son époque que par une proposition religieuse. Différente et semblable mais religieuse.<br /> Ce phénomène, celui de l'empreinte de l'époque, est plus manifeste encore quand il s'agit de l'influence culturelle. Ainsi on aura constaté que partant des mêmes prémisses idéologiques, les révolutions du XIXème siècle ont produit des conséquences différentes selon les pays.<br /> J'ai la faiblesse de croire que de la Russie tsariste en passant par l'URSS jusqu'à celle de Poutine, l'histoire longue est parfois plus forte que le présent, que nous aurions pu prévoir que la Chine d'aujourd'hui était déjà en puissance dans la Chine d'avant Mao et dans celle de Mao .<br /> Et même si " Quand on connaît à l'avance la suite des événements, quand on sait déjà quelles seront les conséquences d'un fait, on peut difficilement s'empêcher, rétrospectivement, de regarder l'enchaînement des causes et des effets qui mènent jusqu'à lui sous le jour de la nécessité. " ( Martin Mongin dans Francis Mangin p.292 ).<br /> Notre époque a cependant un avantage, celui des expériences précédentes et aussi celui de son intérêt pour l'Histoire. Bien qu' ici aussi la connaissance de l'Histoire n'amène pas forcément aux mêmes conclusions ( réf. les délires Zemmouriens ).<br /> Il y a aussi à dire sur la phrase suivante : " Hélas, nous  approchons progressivement  du niveau zéro en matière de confrontation politique dans notre pays."<br /> Cette affirmation n'est pas juste et elle est injuste. Elle n'est pas juste parce que par exemple N. Artaud ou P. Poitou , pour ne prendre qu'eux, sont une preuve du contraire et elle est complémentairement injuste vis à vis des mêmes compte tenu de leur persévérance.<br /> Cette globalisation, cet aveuglement délibéré ou inconscient de la diversité, d'une gauche qui le serait prétendument, à une gauche réelle nuit à la seconde. Pire, elle conforte le discours dominant en niant une réalité qui est faite de grands principes divergents et de subtilités.
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A
Rectificatif : Martin Mongin/ Francis Rissin
J
Ce que tu publies-là fait fort bien écho à mon billet publié quelques heures plus tôt sous le titre "Le commun n'est pas ordinaire".
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