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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 06:20

 

Philippe Poutou et ses amis du NPA qualifient cette guerre d’ « impérialiste » et demandent la « solidarité » avec les populations ukrainiennes.

 

Dans la nuit du 23 au 24 février 2022, Poutine a annoncé le lancement d’une « opération militaire » en Ukraine. Celle-ci est partie des forces armées terrestres ou maritimes stationnées dans les trois zones frontalières de l’Ukraine.L’objectif de cette guerre, puisqu’il faut bien la nommer ainsi, serait selon Poutine la « démilitarisation » et la « dénazification » de l’Ukraine – non sans en avoir dépecé et annexé des territoires dont on ne sait pas, à ce jour, jusqu’où ils s’étendront. En réalité, cette aventure militaire est celle d’une puissance impériale qui cherche à répondre à deux objectifs : contre l’autodétermination de l’ensemble des populations ukrainiennes et contre la volonté d’extension de l’OTAN dirigée par les États-Unis.

 

Depuis plusieurs jours, la situation s’était tendue et radicalisée, les provocations répondant aux surenchères, jusqu’à la guerre que nous connaissons désormais. Il y a tout d’abord eu l’envoi d’une pseudo « force de paix » au sein des territoires préalablement reconnus comme indépendants des républiques fantoches de Louhansk et Donetz (sur un tiers du Donbass), ce qui a de fait mis fin à toute politique d’actualisation des accords de Minsk et, au-delà, à toute possibilité pour les populations d’Ukraine de décider de leur propre sort.

 

Les bombardements de plusieurs villes de l’Ukraine – dont Kiev la capitale, Odessa, Kharkiv ou encore dans l'ouest du pays, non loin de la frontière avec la Pologne – marquent un saut qualitatif dans une dynamique guerrière dont personne ne peut dire jusqu’où elle peut aller. Les gardes-frontières ukrainiens ont, de plus, annoncé que les forces terrestres russes sont bien entrées dans le pays. Et comme toujours, ce sont les peuples qui payent le prix des guerres. Ainsi, outre la quarantaine de morts dans l’armée ukrainienne annoncée par Kiev, la mort d’une dizaine de civils est le signe annonciateur de la catastrophe à venir.

 

La politique des grandes puissances occidentales montre combien l’extension de l’OTAN et les sanctions contre la Russie sont inefficaces et dangereuses. Il ne peut y avoir de solution militaire au conflit ukrainien, au risque d’un recours au nucléaire et d’un embrasement de la région sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. La guerre sans merci pour l’énergie menace tous les peuples.

 

Nous condamnons l’agression militaire que la Russie de Poutine vient de lancer contre l’Ukraine, qui ne peut avoir aucune justification. Nous dénonçons aussi les politiques de maintien et d’extension de l’OTAN depuis 1991 (après donc la dissolution du Pacte de Varsovie) qui manifeste, tout comme la logique de grande puissance russe, les ambitions impériales des EU et de leurs alliés, au mépris des droits des peuples. Nous soutenons les forces sociales et politiques qui, en Ukraine, se battent à la fois contre le mépris poutinien du droit à l’autodétermination, contre la privatisation de leur pays par des oligarques et contre leur régime antidémocratique.

 

Nous appelons à construire une mobilisation internationaliste solidaire des populations ukrainiennes contre toutes les politiques qui les agressent, pour la démilitarisation des relations internationales.

 

Pour le retrait de toutes les forces russes d’Ukraine ;

 

Pour l’arrêt immédiat de l’extension de l’OTAN et, au-delà, pour son démantèlement ;

 

Pour l’annulation de la dette qui pèse sur l’Ukraine ;

 

Pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

 

Montreuil, le jeudi 24 février 2022

Guerre en Ukraine : la position de Philippe Poutou et du NPA
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commentaires

A
Dans ce genre de situation des souvenirs historiques remontent à la surface. Nous savons bien que les situations ne sont jamais identiques mais qu'elles peuvent être cependant comparées. Alors de manière diffuse et irrépressible je ne peux m'empêcher de superposer à la situation actuelle en Europe à celle qui a précédé l'horreur de 14/18. Tous nos gouvernants sont là à s'agiter de manière désordonnée et on craint un fait imprévu ou une erreur d'évaluation pour qu'une mécanique meurtrière ne se déclenche.<br /> Toujours en référence à 14/18 on constate les mêmes journaleux va-t-en-guerre. Sauf qu'aujourd'hui ils ont le monopole de l'information et ils sont plus nombreux. Par exemple dans un reportage depuis Bruxelles un correspondant lâchait dans son commentaire en parlant de Macron " le président de la République " et parlant de Poutine " le maître du Kremlin ". On voit donc qu'on fait entrer dans la présentation un biais qui ne porte pas à la réflexion froide nécessaire à ce genre de situation. Non qu'il s'agisse de défendre un choix condamnable, celui de Poutine, mais de tenter de mettre de la raison dans l'évaluation du moment. Ainsi on a ressorti vite fait du placard BHL ou B.Guetta. Le premier n'arrive plus à dormir, dixit lui-même ( les bombardements sur la Syrie n'ont pas eu apparemment sur lui le même effet ) quand au second nous avons eu droit à son ton posé fruit de son immense science. <br /> C'est insupportable et ça l'est d'autant plus que tous ces gens rendent à travers leurs propos une solution amiable plus compliquée car les gouvernants sont menés par degré dans une situation où un compromis serait un abandon de dignité personnel et une défaite. L'opinion ainsi manipulée est amenée à exercer une pression diffuse mais réelle sur des dirigeants démagogiques. <br /> Par ailleurs et comme toujours l'actualité se focalise sur l'instant comme si celui-ci n'était pas la conséquence d'une situation antérieure. Ainsi l'événement réduit au moment présent on est sommé de faire un choix binaire : si on est pas pour celui-ci on est forcément pour l'autre. Alors qu'aucun des 2 ne nous satisfait.<br /> On ne se pose pas la question de savoir ce qui justifie la présence des américains via l'OTAN en Europe et, partant, que font leurs missiles chez nous en Europe. Allons-nous installer les nôtres sur leur territoire et nos soldats se baladent-ils dans des véhicules militaires aux armes de nos pays sur leurs routes ou dans leurs villes ? <br /> Nous n'avons pas entendu les mêmes discours lors des bombardements du 23 mars au 10 juin 1999 par l'OTAN sur la Serbie et pourtant les situations sont comparables. Nous n'avons pas entendu les mêmes discours quand on détruit à coup de bombes la Syrie, etc....<br /> Pourtant sans être un grand stratège on se dit qu'un retour à une situation paisible est peut être possible à condition que chacune des parties ait le courage du compromis : l'engagement de l'OTAN de ne pas intégrer l'Ukraine, de démilitariser les frontières dont on se demande pour quelles raisons elles le sont et côté russe la sortie des territoires occupés et la tenue dans ces territoires d'élections libres et sous contrôle de l'ONU.<br /> Mais cela contrevient au discours dominant et surtout remet en cause la stratégie globale des USA car quoiqu'on en dise le problème c'est eux. Quand arrivera-t-on à trouver extravagant la présence militaire sur toute la planète des USA ? Quand arrivera-t-on à donner en totalité à l'ONU le rôle qui lui revient ?
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B
C'est tout à fait équilibré ... mais, ne rêvons pas, la Rusie ne repartira pas de l'Ukraine.
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M
Cette déclaration du NPA est tout à fait déséquilibrée. Le motif de la guerre est l'impossibilité pour la Russie, après des années de patientes négociations, d'interdire à BIDEN, depuis des BASES MILITAIRES installées dans un pays voisin (qui compte des NAZIS dans son gouvernement) de pointer des MISSILES qui peuvent atteindre Moscou en 5 minutes. Aucun des mots que j'ai mis en majuscules ne figure dans le communiqué du NPA. Sans les EU, l'OTAN et les nazis, rien ne serait arrivé et la France ne ferait pas la folie d'envoyer des soldats en Roumanie. <br /> Si mon voisin entreprend de construire un blockhaus avec lance-flamme sous mes fenêtres, je ne vais pas attendre que ma maison brûle pour sortir, pour lui fesser les joues, pour rentrer chez lui en piétinant ses nains de jardin, casser sa télé et toutes ses bouteilles de bière. Faut pas trop m'em...der, non plus.